‹ La surprise de l'amourChapitre 15 sur 79 · LA MARQUISE, LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE CHEVALIER

Le Chevalier.

Je vous demande pardon. Madame, d'une visite, sans doute, importune, surtout dans la situation où je sais que vous êtes.

La Marquise.

Ah! votre visite ne m'est point importune, je la

reçois avec plaisir; puis-je vous rendre quelque service? De quoi s'agit-il? Vous me paroissez bien triste.

Le Chevalier.

Vous voyez, Madame, un homme au désespoir, et qui va se confiner dans le fond de sa province, pour y finir une vie qui lui est à charge.

Que me dites-vous là! Vous m'inquiétez; que vous est-il donc arrivé?

Le Chevalier.

Le plus grand de tous les malheurs, le plus sensible, le plus irréparable : j'ai perdu Angélique, et je la perds pour jamais.

La Marquise.

Comment donc! Est-ce qu'elle est morte?

Le Chevalier.

C'est la même chose pour moi. Vous savez où elle s'étoit retirée depuis huit mois pour se soustraire au mariage où son père vouloit la contraindre ; nous espérions tous deux que sa retraite fléchiroit le père, il a continué de la persécuter; et lasse, apparemment, de ses persécutions, accoutumée à notre absence, désespérant, sans doute, de me voir jamais à elle, elle a cédé, renoncé au monde, et s'est liée par des nœuds qu'elle ne peut plus rompre : il y a deux mois que la chose est faite. Je la vis la veille, je lui parlai, je me déses-

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