ACTE II, SCÈNE VI
tête, et toutes ces folies-là n'amusent point les autres. Parlons d'autre chose : de quoi s'agit-il? Le Comte.
Dites-moi, mon cher, auriez-vous renoncé au mariage?
Le Chevalier.
Oh! parbleu, c'en est trop: faut-il que j'y renonce pour vous mettre en repos? Non, Monsieur; je vous demande grâce pour ma postérité, s'il vous plaît. Je n'irai point sur vos brisées, mais, qu'on me trouve un parti convenable, et demain je me marie; et, qui plus est, c'est que cette marquise, qui ne vous sort pas de l'esprit, tenez, je m'engage à la prier de la fête.
Ma foi. Chevalier, vous me ravissez ; je sens bien que j'ai affaire au plus franc de tous les hommes; vos dispositions me charment. Mon cher ami, continuons. Vous connoissez ma sœur; que pensezvous d'elle?
Le Chevalier.
Ce que j'en pense?... Votre question me fait ressouvenir qu'il y a longtemps que je ne l'ai vue, et qu'il faut que vous me présentiez à elle. Le Comte.
Vous m'avez dit cent fois qu'elle étoit digne d'être aimée du plus honnête homme. On l'estime ; vous connoissez son bien, vous lui plairez, j'en
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suis sûr; et, si vous ne voulez qu'un parti convenable, en voilà un.
Le Chevalier.
En voilà un... vous avez raison... oui... votre idée est admirable : elle est amie de la marquise, n'est-ce pas?
Le Comte.
Je crois que oui.
Le Chevalier.
Allons, cela est bon, et je veux que ce soit moi qui lui annonce la chose. Je crois que c'est elle qui entre. Retirez-vous pour quelques momens dans ce cabinet; vous allez voir ce qu'un rival de mon espèce est capable de faire, et vous paroîtrez quand je vous appellerai. Partez, point de remerciemens, un jaloux n'en mérite point.