SCÈNE XV LE CHEVALIER, LA MARQJLJISE
Le Chevalier prend de longs détours.
Je viens prendre congé de vous, et vous dire adieu, Madame.
La Marquise.
Vous, Monsieur le chevalier? et où allez-vous donc?
Le Chevalier.
Où j'allois quand vous m'avez arrêté.
La Marquise.
Mon dessein n'étoit pas de vous arrêter pour si peu de temps.
Le Chevalier.
Ni le mien de vous quitter sitôt, assurément.
La Marql'ise.
Pourquoi donc me quittez-vous?
Le Chevalier.
Pourquoi je vous quitte? Eh! Marquise, que vous importe de me perdre, dès que vous épousez le comte?
La Marquise.
Tenez, Chevalier, vous verrez qu'il y a encore du malentendu dans cette querelle-là : ne préci-
pitez rien, je ne veux point que vous partiez, j'aime mieux avoir tort.
Le Chevalier.
Non, Marquise, c'en est fait; il ne m'est plus possible de rester, mon cœur ne seroit plus content du vôtre.
La Marquise, avec douleur.
Je crois que vous vous trompez.
Le Chevalier.
Si vous saviez combien je vous dis vrai 1 combien nos sentimens sont différens!...
La Marquise.
Pourquoi différens? Il faudroit donner un peu plus d'étendue à ce c|ue vous dites là. Chevalier; je ne vous entends pas bien.
Le Chevalier.
Ce n'est qu'un seul mot qui m'arrête.
La Marquise, avec un peu d'embarras.
Je ne puis deviner, si vous ne me le dites.
Le Chevalier.
Tantôt je m'étois expliqué dans un billet que je vous avois écrit.
La Marquise.
A propos de billet, vous me faites ressouvenir que l'on m'en a apporté un quand vous êtes venu. Le Chevalier, intrigué.
Et de qui est-il, Madame?