‹ La Suture Osseuse: Dans Le Traitement Des Fractures De L'OlécrâneChapitre 14 sur 24 · I. — Fractures récentes simples · texte numérisé non relu

I. — Fractures récentes simples

[ pe s’agit point ici de discuter si les résuliats de la suture osseuse dans les fractures de l’olécrâne sont bons ou défectueux. Le fait est admis : la suture donne des résultats, et fonctionnels et anatomiques, excellents.

Mais elle entraîne avec elle, par le fait seul qu’elle est une intervention opératoire, un certain nombre de risques. Certes, si nous en croyons Bellin, ces dangers seraient considérables : il ne s’agirait de rien moins que d’ankylose, d'amputation et de mort. L'ankylose n'existe point avec une immobilisation courte ; l’amputation etla mort, causées par l'infection, sont imputables à l'opérateur et non à la méthode.

Quoi qu’il en soit, admettons des risques et mettons en face de la suture, la méthode de Tripier, le massage d’emblée, en faveur de laquelle la thèse de Bellin est un chaud plaidoyer et dont les résultats sont également très bons au point de vue fonctionnel en même temps que rapides.

La balance est à faire entre :

1° Les avantages d’une consolidation osseuse parfaite, la

satisfaction d’avoir un olécrâne qui soit bien un olécrâne comme devant, et non point une rotule à distance plus ou moins variable du cubitus rompu ;

9 Les risques d’une intervention.

[! n'existe ici aucun critérium absolu. Tout dépend du clinicien, du milieu dans lequel il opère, de l’asepsie qu’il est susceptible de réaliser.

[ y a lieu de redire ici ce que Phelps écrivait en 1898 au sujet de la suture de la rotule (1) :

« Les principes généraux dela chirurgie doivent s'appliquer à ce cas particulier. Certains accidents imputables à toute opération chirurgicale, ne peuvent être considérés comme des contre-indications à ce traitement en particulier, à moins qu'il ne soit convenu qu’une opération chirurgicale ne se justifie que lorsque la vie est en danger et que l'opérateur ne pourra pas faire courir de plus grands risques au malade.

» La seule contre-indication que l’on puisse mettre en avant, c'est l'impossibilité de réaliser des conditions aseptiques dont on puisse être absolument sûr. »

En telle sorte que l’on peut dire: le chirurgien propre ou susceptible de l'être suturera, le praticien modeste massera.

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