PHYSIOLOGIE DU TENDON COUPÉ. — RÉGÉNÉRATION
Si l'écart qui sépare les deux abouts tendineux est faible, la réparation spontanée et la cicatrisation sont possibles.
BIER prétend que la synoviale secrète un suc contraire à la cicatrisation tendineuse et VOLKMANN a cherché à démontrer ce fait à l’aide de tenotomies expérimentales de tendons possédant une gaine; les résultats auxquels il aboutit n’établissent pas le fait d’une manière irréfutable et définitive.
Quoiqu'il en soit, voyons comment se comporte un tendon dont la blessure, aseptique, n’a que médiocrement écarté les deux tronçons :
Le tendon se cicatrise grâce à la simultanéité de
LS
trois phénomènes : organisation du caillot sanguin intertendineux, de la prolifération des cellules conjjonctives du tendon et du tissu conjonetif voisin (grâce au tissu lâche péritendineux); la régénération se fait, en outre, aux dépens des cellules fixes du tendon, par l’apparition de nouvelles fibres tendineuses. Ce dernier processus semble insuffisant pour permettre la réparation du tendon : quand on détruit, expérimentalement, le tissu lâche péritendineux (périténonium), il semble bien que la réparation est devenue impossible.
Par ailleurs, si le nerf moteur du muscle est coupé, l’évolution des cellules conjonctives vers le type tendineux ne se fait pas et la réfection est imparfaite.
Ce n’est guère qu’au bout de six semaines à deux mois que le tendon est définitivement reconstitué, mais il faut attendre plus longtemps pour avoir le membre dans son état primitif.
Lorsque les fragments sont trop espacés, il ne faut plus compter sur la cicatrisation spontanée, l’extrémité de chaque about tendineux se renfle, adhère ou non aux parties voisines et le trajet tendineux, vide maintenant, se comble de tissu conjonctif.
La complication à craindre, lors de section tendineuse, est l'infection; or, nous savons combien les agents traumatisants sont susceptibles d’être pollués. Du fait de sa nutrition très réduite, le tendon se défend mal, la moindre infection détruit les liens vasculaires, entraîne une mortification rapide avec une lente élimination.
a PRONOSTIC
Le pronostic devra se baser sur différentes considérations :
a) Sur l’ancienneté de la lésion et corollairement sur son état plus ou moins septique;
b) Sur les tendons atteints et leur nombre : les plaies aux extenseurs sont de guérison plus rapide que celles des fléchisseurs en raison de la contention difficile.
C’est surtout l'infection qui est à craindre, une fois que la suppuration s’est établie et que le tendon se détruit, il devient très difficile, voire impossible, de faire une réparation correcte ayant des chances d'aboutir au succès.
Chez l’homme, le progrès des sutures tendineuses a été de pair avec celui de l’asepsie. Si nous voulons donc réussir une tennoraphie, il faudra s’astreindre aux mêmes règles que le chirurgien de l’homme.
LES RUPTURES TENDINEUSES
Les ruptures tendineuses sont beaucoup plus rares que les sections, elles se produisent sous l’influence d’une contraction musculaire exagérée; elles peuvent être favorisées par l’état de santé du sujet (CADIOT et ALMY).
Elles sont toutefois plus fréquentes que les ruptures musculaires, elles ne se rencontrent qu’au niveau de gros tendons.
Chez nos petits animaux, la rupture tendineuse la plus fréquente est celle du tendon d’Achille.