‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 13 sur 277 · Discours, l°° partie, p. 17, éd. Rabier · texte numérisé non relu

Discours, l°° partie, p. 17, éd. Rabier

Fragments inédits, on voit naître la philosophie de Descartes, dans le doute et parmi de longs tâtonnements', du besoin ei ressenti « de marcher avec assurance dans

la vie? »; et cette existence que, par une mûre résolution, il consacra tout entière « à culliver $a raison » est étrangement — mais, pour ainsi dire, intellectuellement — roma-

nesque au début, dans ces courses à travers le monde et ces brusques retraites, dans cette inquiétude sur « le chemin à suivre, qui persiste jusqu'au plus profond des rêves *, dans cet accès * d’ « enthousiasme » auquel devaient succéder des « contentements extrèmes », « les plus doux et les plus innocents » qu'on puisse goüler en celte vie’. Descartes exprime à la fois son temps et le nôtre : il a subi et retracé une crise qui est celle-là même où nous nous débattons encore. Il en est sorti. Quiconque en veut sortir à son tour doit faire quelques pas au moins dans la voie qu'il a marquée.

La pensée moderne elle-même est née, à la fin du xvr et au début du xvu° siècle, du doute qui la travaille encore et qui, au lieu de la stériliser, la féconde. C'est un fait reconnu que la Réforme, avec ses conflits de doctrines et l'éveil de la critique religieuse, que la Renaissance, avec ses restaurations de systèmes et l'assaut contre la scolastique, avaient jeté dans la pensée le trouble et le désarroi. L'autorité était devenue suspecte, et la libre détermination difficile. Le doute s’offrait aux esprits incertains et las, mol oreiller, mais provisoire, où ils reprenaient des forces loin de s’y engourdir. Le doute d'une pensée affranchie, mais embarrassée de son

1. «... Il est à peine une seule opinion émise par l’un dont le contraire ne soit soutenu par l’autre... » Règle III, éd. Aimé Martin, p. 419, col. 2. — Je citerai un certain nombre d'œuvres d’après cette édition. Je n’avais à ma disposition, lorsque je rédigeais ces pages, ni l’éd. Cousin, ni l’éd. Garnier :

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