‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 143 sur 277 · Du Bois-Reymond, op. cit., p · texte numérisé non relu

Du Bois-Reymond, op. cit., p

4. « Le chiffre alors était seul permis, honoré, protégé, payé. Comme le chiffre ne raisonne pas, c’est un merveilleux instrument passif de tyrannie qui ne demande jamais à quoi on l’emploie…..; le chef militaire de cette époque ne voulait pas d'autre missionnaire, d’autre séide, et ce séide le servait bien. Depuis ce temps, j’abhorre le chiffre, cette négation de toute pensée, et il m'est resté contre cette puissance des mathématiques exclusive et jalouse la même horreur qui reste au forçat contre les fers durs et glacés rivés sur ses membres... Les mathématiques étaient les chaînes de la pensée humaine. Je respire; elles sont brisées! » Lamartine, Discours sur les destinées de la poésie (cité par Janet, la Phil. franç. contemp., p. 5). — Réorganisation de l’Institut; Institut du Caire; Laplace, comte de l’Empire, etc. — Par contre, « la philologie, qui est la base de toute bonne littérature et sur laquelle repose la certitude de l’histoire, ne trouve presque plus personne pour la cultiver », écrivait Dacier dans un rapport à Napoléon (Reinach, Manuel de philologie, p. 13).

220 DE LA MÉTHODE POUR CONDUIRE SA RAISON. ,. réaction religieuse, idéaliste, romantique, nuisit à la popularité de la science, mais contribua à sa perfection : battue en brèche, semble-t-il, par l’idée, le sentiment, la foi, elle n’en prend que mieux conscience, à l'écart, de ses méthodes, et elle n’en assure que plus solidement ses résultats *. — La science du xix° siècle, de plus en plus rigoureusement expérimentale et analytique, — bien que l'hypothèse y joue un rôle, nécessaire, d’ailleurs, et souvent considérable, bien que, parmi les naturalistes, il y ait même une École des idées ?, — se définit, se constitue, s'isole, méfante, de tout ce qui n'est pas elle. Un Descartes embrassait la science dans sa philosophie et par sa philosophie promouvait la science; un Kant tirait de sa philosophie les principes des mœurs et ceux de la nature; un d'Holbach absorbait dans la science de la nature la philosophie tout entière. Mais voici qu'ignorée presque par les philosophes, la science veut ignorer la philosophie : science positive et qui se refuse à spéculer. Tandis que l'astronomie continue ses conquêtes qui ont inauguré l'ère moderne *, la physique, qui dispose d’instruments nouveaux, d'une précision admirable, se développe par l'étude de la lumière, de la chaleur, de l'électricité, du magnétisme *, et la chimie surtout s'étend par l'analyse organique, s’approfondit par la théorie atomique ‘. La loi de la conservation de l'énergie apparaît bientôt ® : on a justement remarqué que si l'étude des forces physiques a fait des progrès au xvin‘ et au xix° siècle, au xvu° elle en a surtout fait

1. Sous la Restauration et la monarchie de Juillet, elle est plus florissante, à considérer le nombre des savants, que plus tard, à l’époque, réaliste, du second Empire : mais alors ce n’est pas la qualité de la science qui baissa; c’est l’organisation qui fut défectueuse. Voir, dans {a Théorie atomique (Bibl. : Scient. Intern.), la notice de Friedel sur Wurtz.

Page 1