‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 230 sur 277 · Violle, Cours de Physique, t. 1, p · texte numérisé non relu

Violle, Cours de Physique, t. 1, p

3. Voir Wurtz, la Théorie atomique, pp. 232 sqq.; sir Thomson, Conf. scient., la Grandeur des alomes; Tait, op. cit.

actes. Encore une fois, tout cela peut nous surprendre : cela n’a rien que de fini, de déterminé ou de déterminable ‘. Mais, nous l’avons vu, l’espace et le temps sont, en un sens, la réalité mème; l'infini de l’espace et du temps se confond done, à ce point de vue, avec l'infini de l’être : qu’est-ce enfin que l'Étre infini? — L’Être infini, c'est l’hypothèse légitime de l'unité de l'être, transformée en un concept catégorique, et adultérée, en quelque sorte, par la conception absurde de l’indéfini réalisé. Le moi pose invinciblement, d’après lui, une réalité totale, un Tout-Un; mais, d'autre part, comme les modes que revêt la réalité dans le phénomène comportent des degrés, l'esprit, en les amplifiant par un mouvement indéfini, cherche à atteindre, par cette voie de l'imagination phénoménale, une unité fuyante. « … 11 n’est pas vrai, répond Descartes aux objections de Gassendi?, que nous concevions l'infini par la négation du fini, vu qu’au contraire toute limitation contient en soi la négation de l'infini. » Descartes n’a pas tort, au fond, puisqu'il veut dire : l'indéfini n'est pas l'unité, mais le phénomène implique l'être. Et Gassendi a raison à son point de vue : l'infini n'est que l'effort négatif pour trouver l’unité réelle dans la pluralité phénoménale. Descartes insistait : « Il n’est pas vrai aussi que « l’idée qui nous représente toutes les perfeclions que nous attribuons à Dieu n’a pas plus de réalité objective qu’en ont les choses finies ». Car vous confessez vous-même que toutes ces perfections sont amplifiées par notre esprit, afin qu'elles puissent être attribuées à Dieu; pensez-vous donc que les choses ainsi amplifiées ne soient point ‘plus grandes que celles qui ne le sont point; et d’où nous peut venir celte faculté d'amplifier toutesdles perfections créées, c'est-à-dire de concevoir quelque chose de plus grand et de plus parfait qu'elles ne sont, sinon de cela seul que nous avons en nous l’idée d'une chose plus grande, à savoir de Dieu

1. Voir Cauchy, Sept leçons de physique générale (1868). 2. Réponses…., LE, 4.

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(LA

même"? » Et Descartes avait raison de mettre en évidence

cette faculté d'amplifier les perfections créées, cette aspiration

Spéculative, qui repose sur l'essence du moi, et à laquelle

répond dans l'être l'unification fondée sur l'unité. — En somme, la question de l’Être infini et celle de l'être, en général, sont une seule et même question : c'est ce qu'il y avait de confus dans le problème de la substance qui amenait les obscurités du problème de l'infini.

En séparant, en opposant l'immuable et le changeant, il fallait donner au changement une cause et une fin extérieures, et les chercher précisément dans l’immuable. « J'entends par Dieu, disait Descartes, une substance infinie, éternelle, immuable, indépendante, toute connaissante, toute puissante, et par laquelle moi-même et les autres choses (s’il est vrai qu'il y en ait qui existent) ont été produites ?. » Sans entrer ici dans le détail des preuves de l'existence de Dieu, on peut

dire qu’elles ne font autre chose, toutes, que remonter de

l'effet à la cause efficiente ou finale *. Or, sans doute, tout phénomène a une cause : mais il n’y a de cause précisément que dans l’ordre du phénomène. — Ou bien, déclare-t-on, il faut de cause en cause remonter à l'infini; ou bien il faut, pour mettre l'esprit en repos, s'arrêter à une cause qui est l’Être infini. — Rien ne peut empêcher votre imagination de se jouer indéfiniment parmi les phénomènes; mais votre raison se leurre, si elle croit échapper à l’indéfini par une cause infinie :

1. Cf. Rép. aux V* Obj., IH, 10 : « … J'ai dit que je ne concevais pas seulement que j'étais en cela beaucoup inférieur à Dieu, et que j’aspirais cependant à de plus grandes choses que je n’avais, mais aussi que ces plus grandes choses auxquelles ÿ'aspirais se rencontraient en Dieu actuellement et d'une manière infinie, auxquelles néanmoins je trouvais en moi quelque chose de semblable, puisque j’osais en quelque sorte y aspirer ».

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