De l’Allemagne, N° partie, chap
étaient des doctrines. Elles ont cru, comme le spinozisme, que la solution du problème moral n’était pas dans les formules immédiates de la conscience commune, et que la dernière raison de notre destinée n’était pas dans les motifs empiriques et purement humains de notre conduite; elles ont affirmé que la notion de moralité devait se résoudre en une notion plus large, plus compréhensive, qui ne fût pas resserrée et étouffée dans les limites de notre action‘... » Le mot même de « philosophie » n’implique-t-il point, par son sens étymologique, cette portée morale de la spéculation ??
Il ne saurait y avoir de morale « indépendante », si l’on entend par ce mot, non pas une morale qui ne repose sur aucune autorité extérieure à l'esprit humain, mais une morale qui ne repose sur aucun principe. C'était là notre point de départ : toutes les Œuvres de morale indépendante
— unions pour la culture ou pour l’action morale, compa-.
gnonnages de vie nouvelle ? — sont très précieuses par ce qu'elles affirment, mais inefficaces à cause de ce qu’elles nient ou ignorent : elles peuvent produire, mais non prolonger des effets salutaires. Qu'on lutte contre le « nihilisme moral », rien de mieux; que par des actes généreux et de nobles paroles on puisse éveiller pour le bien des forces dormantes, soit : mais ces forces ne tarderont pas à languir si, à tout prix, on ne justifie ce bien où elles tendent‘. — Et cependant, dans cette conception de la morale indépendante il y a une part de vérité : c’est que la théorie morale interprète et fait com-
4. Voir Delbos, op. cit., Introd., p. X; Blondel; op. cit: « La connaissance de la vérité absolue, étant l'unité de la science et de la vie, est émis: nemment la science de la vie » (p. 25); Raub, Essai sur le fondement mét. de la morale.
2. « Nous ne séparerons pas l’art de la vie de la science des choses... Nous chercherons la loi de notre activité dans le but de notre existence, si du ou on existence a sa raison dans un but. » Secrétan, Phil. de la liberté, 1; p.419} ‘
3. Il y en a, à l'heure présente, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, comme en France et aux États-Unis. !
4. « Notre but consiste, si l’on peut dire, à montrer qu’il n’y a pas de but au sens propre du mot. Comprendre cela, c’est réaliser en soi la liberté ou l'esprit » (?) Bull. de l’Union pour l’action morale, n° 3, p. 99.