Lettre 3, A. M. (éd. orig., exx du t. N
pensée qui se pense — et la loi du monde, qui est la Raison‘. s ; = He 3 ze
En somme, sous les conceptions spiritualistes et théistes, l'idéalisme tendait à reparaître encore, définitif cette fois, ‘identiliant la raison avec l'Étre absolu : mais Descartes avait un sentiment vif de l'individu, de sa réalité qui se révèle en la conscience, de sa réalité et de ses limites tout à la fois. De Jà une lutte, en quelque sorte, dans son œuvre, de la psychologie et de la mathématique. Pour défendre l'individu contre les exigences de l’idéalisme absolu issu de la mathématique,
il évite de se prononcer sur les rapports du fini et de l'infini; et, quoique la notion de l'infini lui paraisse la plus positive de toutes, — car c’est l'étre très ample?, — il refuse de s’embarrasser dans les difficultés qu’elle fait naître. Mais il sent bien, en renonçant à formuler les conséquences extrêmes de son système mathématique, que l’Élre de la raison doit tout absorber, et çà et là il le laisse voir. Pour sauver l'élément psychologique refoulé par la raison abstraite, il le met donc à l'origine de tout, et il fonde enfin la raison mème sur la volonté, la. nécessité absolue sur l’absolue liberté. — Au fond, la liberté humaine, ce n'est pas autre chose que le retentissement de la liberté divine : Dieu s’est librement enchaîné, et l’homme, créature de Dieu, est libre en acceptant les chaînes que Dieu s'est données. Plus au fond encore, la liberté humaine, c’est la liberté divine; et l’homme, partie de Dieu, se donne à lui-même la loi qu'il accepte. Mais ni Descartes ne le dit, ni on n’a le droit de le faire ainsi parler catégoriquement®.
4. « Cest en Dieu une même chose de vouloir, d'entendre et de créer, sans que l’un précède l’autre, ne quidem ratione. » Lettre 29, A. M. (éd. orig., ex du t. I).