‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 44 sur 277 · ED · texte numérisé non relu

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lui découvrir par une impression directe de la clarté divine sur notre entendement, qui en cela n’est point considéré comme agent, mais seulement comme recevant les rayons de la divinité ». La matière, dira Malebranche, ne nous est connue que dans l'étendue intelligible, elle-même connue en Dieu. « L’étendue intelligible est éternelle, immense, nécessaire; c’est l’immensité de l’Étre divin, en tant qu'infiniment parüicipable par la nature corporelle, en tant que représentatif d'une matière immense; c’est, en un mot, l'idée intelligible d'une infinité de mondes possibles; c'est ce que ton esprit contemple lorsque tu penses à l'infini... !. » Les diverses « applications » de l'étendue intelligible à notre esprit constituent pour nous l’univers. C’est en Dieu que nous voyons les principes des choses : quant aux choses elles-mêmes, changeantes et corruptibles, — et encore Malebranche n'’a-t-il insisté sur cette distinction qu'après la Recherche de la Vérité, — nous les connaissons par un sentiment qui est « dans nous, mais venant de Dieu ? ».

Descartes inclinait, semble-t-il, à unir la pensée et l'étendue par un lien substantiel *; et pourtant la distinction de ces deux substances l’obligeait à expliquer tant bien que mal

4 Ix° Méditation chrétienne, 1x. Je citerai peu Malebranche. Si intéressante que soil, dans le détail, sa philosophie, elle ne doit compter ici que pour un anneau logique. M. Pillon (Année Philosophique, l'Évolution de l'idéalisme au XVIII siècle : 1893, Malebranche et ses critiques, 1894, Spinozisme et Malebranchisme), contre la plupart des historiens de Malebranche — l’abbé Blampignon et M. Ollé-Laprune surlout, — fait éclater ce qui le distingue et de Descartes et de Spinoza, et ce qui le rapproche même de Kant (étendue intelligible ; certaines conceptions morales). Mais Kant n’est point Kant grâce à Malebranche; et ce qui a surtout frappé les contemporains de celui-ci, ce sont les tendances par où il continuait Descartes : j'y insiste donc ici, comme J'insisterai plus loin sur les côtés par où il a frappé quelques philosophes anglais. Malebranche (1638-1715) est chronologiquement postérieur à Spinoza (1632-1677), mais dans l’évolution du cartésianisme il

lui est antérieur; et l’on peut dire sans paradoxe qu’il lui est philosophique ment antérieur, en partie parce qu’il lui est chronologiquement postérieur et qu’il est averti par lui.

2. Voir la Réponse à Régis (xmi), les Conversations chrétiennes.

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