Analytique
2. Crit. de la R. pure, 326 : « Théorème. — La simple conscience de ma propre exislence, mais empiriquement déterminée, prouve l'existence d'objets hors de moi däns l’espace. » Voir la dernière note, très intéressante, de la préface de la 2° édit. : « … Je suis aussi conscient qu’il y a une chose extérieure à moi, qui se rapporte à mon sentiment, que je suis conscient de mon existence déterminée dans le temps ». On a reproché à Kant — Schopenhauer, par exemple — d’avoir séparé le moi et le non-moi au point d’avoir vu dans le non-moi la preuve d’une réalité substantielle. Tout ce qu’on a le droit de dire, — et en cela seulement Schopenhauer n’a pas tort, — c’est que dans la 2 édit. de la Critique, Kant à accentué l'opposition (Note ajoutée à la fin de la préf.), Dans la 1° édit. (passage supprimé sur les paralogismes), il montre mieux l'unité dans la pensée des phénomènes du moi et du non-moi : « .… Il reste à savoir si. toutes les soi-disant perceptions externes ne sont pas un simple jeu de notre sens intime... Des objets extérieurs (les corps) sont de purs phénomènes, par conséquent rien autre chose qu'un mode de mes représentations, dont les objets ne sont quelque chose que par ces représentations, mais rien séparées d'elles... » Moi et nonmoi sont également des représentations. L'objet transcendant est inconnu; l’objet empirique est double, externe et interne, selon qu'il se déroule dans l’espace et le Lemps qui sont des formes subjectives : et ainsi l'objet transcendant pourrait être unique. — Les réflexions sur les quatre paralogismes — surtout sur l’idéalité (4°) — et la réflexion sur l’ensemble de la psychologie pure, en conséquence de ces paralogismes. ont une grande importance.— « La philosophie de Kant, dit Hégel, est —.il serait plus juste de dire : tend à être — l’idéalisme subjectif, par là que le moi, le sujet connaissant, fournit la forme ainsi que la matière de la connaissance, celle-là comme moi pensant, et celle-ci comme moi sentant. » Logique, par. xLT, Zusatz 3, trad. Véra.
3 Vernunft. Dialectique transcendantale. .
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concepts rationnels, qui tendent à l’unité systématique de la connaissance, sont régulateurs, etnonproprement constitutifs".
Entre le rationalisme et l'empirisme, puisque son hypothèse se vérifie par une analyse détaillée, Kant adopte donc bien une situation intermédiaire et neuve, qui garde les avantages et qui évite les inconvénients de l’un et de l’autre.
-L'un et l’autre, en effet, disaient plus qu’ils ne pouvaient
savoir; mais « de telle sorte cependant que celui-ci encourageait et aidait le savoir quoiqu'au préjudice de la pratique, et que celui-là, en donnant à la pratique des principes excellents, permettait par cela même à la raison, en matière de savoir spéculatif pur, de s’attacher à des explications idéales des phénomènes de la nature, et de négliger à ce sujet l’investigation physique * ». Et les résultats de sa crilique entraînaient à leur tour des conséquences si originales qu’il avait le droit de dire en toute vérité : « La métaphysique que je présente est une science tout à fait nouvelle, dont personne avant moi n’a embrassé le plan, dont l’idée même était inconnue, et qui n’a aucun profit à tirer des recherches antérieures, si l'on excepte l'indication que pouvait donner le doute de Hume * ».
Entre le dogmatisme et le scepticisme, maintenant, Kant inaugure une philosophie qu'il ne faut appeler idéalisme qu’en définissant et en restreignant aussitôt ce terme. On ne peut dire que.la connaissance est bornée aux phénomènes; mais, au contraire, elle est préformée dans l'esprit’, — et ainsi est vainou le scepticisme. Mais on ne peut dire non plus que la connaissance atteigne la substance, car même le principe d'identité, dans la Critique, à rompu toute attache avec une réalité : l'esprit n’est qu’un cadre abstrait, — el ainsi est