‹ La syphilis du cerveauChapitre 111 sur 151 · CAS A ÉVOLUTION DISCONTINUE · texte numérisé non relu

CAS A ÉVOLUTION DISCONTINUE

pour laisser place à des stades d’accalmie, stades durant lesquels les accidents antérieurs s’amendent ou disparaissent. On pourrait croire alors que la maladie a dit son dernier mot et qu'elle va se restreindre définitivement à l'ordre de troubles qu'elle a déjà produits. Un laps de temps variable s'écoule ainsi; puis, tout à coup, se fait un retour offensif de la diathèse. Les manifestations évanouies se renouvellent, ou bien d’autres entrent en scène, plus sérieuses encore que les premières.

Un exemple de cette marche saccadée, à poussées successives, nous est fourni par la céphalée. Il n’est pas rare (sans que nous puissions en dire les motifs) que la céphalée de la syphilis cérébrale, après avoir duré un certain temps, se modère, s’amende sponte sud, disparaisse même complétement, pourse reproduire à échéances variables avec une intensité égale, si ce n’est supérieure. Ces rémissions, ces disparitions des maux de tôète, même plusieurs fois répétées, constituent un fait maintes fois observé dans le cours de la maladie et absolument indéniable.

Mais il y a plus. D'autres symptômes plus importants que la céphalée peuvent disparaître pour un temps, toujours en l'absence de la médication spécifique, puis reparaître à terme varié ou céder la place à des manifestations d’un autre genre. Telle est l'épilepsie. Sur quelques malades, on a vu des crises épileptiques se produire pendant un, deux ou trois mois, s’apaiser complétement, puis se renouveler avec une intensité égale ou supérieure après une intermission plus ou moins prolongée. Ou bien encore on a vu la maladie procéder de la façon suivante : tout d’abord, symptômes épileptiques, inaugurant le début de l'affection; — plus tard.

564 CAS À ÉVOLUTION DISCONTINUE suspension des crises, accalmie temporaire, voire état momentané de guérison apparente ; — et, finalement, invasion d’autres accidents plus graves, notamment de troubles intellectuels ou moteurs.

On aurait même à citer des cas où la syphilis céré- brale, après avoir déterminé une hémiplégie, s’est bornée là pour un temps sponte sud, puis, reprenant sa marche, s’est traduite ultérieurement par des accidents nouveaux. J'ai dans mes notes, par exemple, l'histoire d’un malade qui, frappé d’une hémiplégie syphilitique, se rétablit sans traitement d’une facon à peu près complète, resta dans cet état pendant dix-neuf mois, et fut repris alors d'une seconde hémiplégie, laquelle persista en dépit d'une médication énergique et passa à l’état d'infirmité définitive.

Donc il n’est pas impossible, vous le voyez, Messieurs, que la syphilis cérébrale affecte une évolution saccadée, interrompue par des stades de rémission spontanée (1). Sans doute ilest assez rare qu'elle s'éloigne ainsi de son type ordinaire ; mais 1l n’est pas moins essentiel pour la pratique de savoir qu'elle procède parfois de la sorte, afin de ne pas se laisser donner be change par de trompeuses apparences de guérison.

(4 C’est là un fait que Lallemand avait déjà parfaitementremarqué et signalé, mais en l’exagérant (car il regardait ce mode d'évolution intermittente comme la marche la plus habituelle des encéphalopathies spécifiques).

« Quand on étudie avec soin, dit-il, les symptômes cérébraux observés chez les malades en question, on n'y voit plus une seule maladie suivant son cours sans la moindre interruption, augmentant d'une manière progressive et régulière; mais on y trouvé une succession interrompue-.et variable de méningites et d'encéphalites, aiguës ou chroniques; des congestions plus ou moins intenses, qui se répètent à des époques plus ou moins éloignées, et sont séparées par des amd-

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