ADÉNOPATHIE. — TROUBLES GASTRO-INTESTINAUX
dans l’atmosphère celluleuse qui les entoure. Je ne les ai jamais vus s’abcéder.
L’adénopathie est toujours consécutive aux lésions cutanées. M. Devay pourtant a dit l’avoir observée dans l’aisselle, chez un enfant qui avait la peau absolument intacte. J’admets volontiers, dans quelques cas, l’absence d’une éruption cutanée actuelle ; mais sachant combien sont fréquents les cas de guérison de ces syphilides, avec ou sans cicatrices, je suis convaincu que, chez l’enfant dont parle M. Devay, l’adénopathie axillaire, si elle n’était pas symptomatique de la vaccine, avait été provoquée par une altération syphilitique de la peau, qui avait disparu au moment de l’observation.
Est-il possible d’expliquer la rareté de cette adénopathie syphilitique? Oui, sans doute. Les ganglions lymphatiques des enfants très jeunes sont moins développés, moins sensibles qu’ils ne le seront plus tard. Ceux des bronches et de la trachée, si constamment malades dans les affections pulmonaires chez les sujets d’un âge un peu plus avancé, sont, dans ces mêmes états morbides, très difficiles à apercevoir chez les nouveau-nés.
Comme je vous le dirai à propos de l’anatomie pathologique, il existe presque toujours dans la syphilis héréditaire une hypertrophie plus ou moins prononcée de la rate ; aussi doit-on la rechercher avec soin pendant la vie, car elle est un des meilleurs signes de la maladie.
Après vous avoir entretenus des accidents apparents, je dirais volontiers anatomiques, provoqués par la syphilis héréditaire, je dois vous parler des troubles fonctionnels qui l’accompagnent.
Lorsque chez un enfant syphilitique surviennent des désordres gastrointestinaux, on doit se demander s’ils relèvent uniquement de l’athrepsie, ou si la syphilis prend une part à leur genèse par les lésions qu’elle a produites dans le foie, la rate, et même, bien que très rarement, dans l'estomac et l’intestin Rien n’est plus malaisé que de résoudre ce problème, et ce ne sera que dans un très petit nombre de cas que l'on pourra cliniquement se prononcer d’une manière catégorique.
Dans les maisons hospitalières qui servent d’asile aux enfants du premier âge, où l’athrepsie est endémique et meurtrière, c’est elle qu’il faut presque toujours accuser de la mort des sujets syphilitiques. 11 n’en est pas de même dans la pratique de la ville; c'est celle-ci qui fournit les renseignements les plus précieux sur les troubles de la digestion que produit la syphilis.
ÉTUDE CLINIQUE
Ils débutent toujours d’une manière insidieuse, et dans les premiers temps, quelque prévenu que l’on soit, il est impossible de les rapporter à leur véritable cause, car ils ne diffèrent pas de ceux que l’on observe si communément en dehors de ses atteintes. Il y a d’abord des régurgitations, des vomissements et de la diarrhée. On donne des médicaments, on change la nourrice, et s’il s’agit d’enfants sevrés, on modifie l’alimentation, cela plus d’une fois, mais toujours sans succès. Le ventre se ballonne, le malade dépérit rapidement, il a du dégoût pour les aliments, et cependant il paraît affamé; sa soif est intense, il boit avidement, mais presque toujours il vomit ce qu’il vient de prendre. Il est agité, inquiet et pousse des cris intenses, déchirants. En dépit des soins les plus assidus, de l’hygiène la meilleure, de l’alimentation la mieux appropriée à son âge, sa digestion s’altère de plus en plus. Sa maigreur devient squelettique, il semble n’avoir que l’enveloppe cutanée et les os; enfin il meurt, souvent avec un œdème cachectique des extrémités.
D’ailleurs tout se passe sans fièvre.
La longue durée de ce mal est un de ses caractères. Elle peut être de plusieurs mois.
Trousseau etM. Gubler mettent dans le foie la source de ces accidents, et pensent qu’ils peuvent déterminer la mort en quelques jours. Dans les cas de cette sorte, ce n’est, pas la syphilis qui tue, mais une atteinte d’athrepsie aiguë. La marche des accidents syphilitiques est beaucoup plus lente; dans une de mes observations ils ont duré 20 mois.
11 s’agit là d’une variété de l’athrcpsie, mais une athreprise dans laquelle les troubles digestifs primordiaux sont provoqués' par une lésion organique du foie, d’origine spécifique.
11 y a une anémie syphilitique; M. West eu parle avec insistance. Contrairement à la cachexie dont je vous parlais tout à l’heure, elle n’existe pas chez les nouveau-nés, on ne la voit apparaître que chez les enfants qui ont dépassé 4 ou 5 mois. Elle est parfois très intense et détermine une telle décoloration de la peau, qu’on ne l’observe à un égal degré dans aucune autre maladie de la première enfance.
M. le docteur Cuffer a fait dans mon service, auquel il était attaché en qualité d’interne, d’intéressantes recherches sur le sang des jeunes enfants. 11 a vu que, dans l’anémie syphilitique, le sang est très pâle et très fluide ; état qui correspond à une diminution considérable du chiffre des globules et à leur décoloration. C’est ainsi qu’ils peuvent tomber à 2,1 35,000. L’aglobulie diminue et finit par disparaître lorsque les malades