‹ La syphilis héréditaire et le rachitisChapitre 28 sur 84 · HUITIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

HUITIÈME LEÇON

Pseudo-paralysie syphilitique des nouveau-nés. — Affections du squelette. — Rachitis. — Complications de la syphilis héréditaire.

K ri 1872, j’ai signalé chez les enfants syphilitiques une pseudo-paralysie résultant d’une grave altération des os longs. Cette impotence du mouvement s'était déjà présentée à quelques observateurs, mais ils ne lui avaient pas accordé une grande attention, et surtout ils en avaient méconnu l’origine.

Dès 1834, Yalleix en publiait un cas sous ce titre : Observations et réflexions sur un décollement de plusieurs épiphyses des os lonys avec abcès sous le périoste et productions osseuses remarqtiables. Les mouvements du membre supérieur étaient imparfaits, mais Valleix n’a pas établi de lien entre le trouble fonctionnel et la lésion osseuse.

En 1869, M. Guéniot insérait dans la Gazette des hôpitaux un cas d 'ostéite suppurée des extrémités diaphysaires des os avec décollement des cartilages épiphysaires chez un enfant nouveau-né . 11 constatait la paralysie ou l’inertie des quatre membres, la rapportant à la douleur provoquée par les mouvements et à la brisure des leviers osseux; mais il ne songea pas à la syphilis et ne vit pas qu’elle était la cause première des accidents.

Dans cette même année 1869, j’observai un cas analogue à ceux de Valleix et de M. Guéniot, puis un second en 1870, un troisième en 1871, et en 1872 j’ai démontré qu’il fallait rapporter ces accidents à la syphilis héréditaire.

Ce mal est particulier aux nouveau-nés.

Son caractère essentiel est une inertie, une impotence des membres, partielle ou généralisée, incomplète ou absolue, comparable à celles que produisent les fractures, les luxations, le rhumatisme.

Pour étudier complètement l’état des enfants et se rendre un compte exact du degré de leur impotence, il faut les tenir suspendus par les aisselles et examiner leurs membres. Quand l'affection est très prononcée, le malade semble disloqué, ses membres pendent comme des battants de cloche et ne peuvent être relevés. Lorsqu’on pince la peau, les muscles se contractent très énergiquement, mais les membres ne sont que faiblement

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