‹ La syphilis héréditaire et le rachitisChapitre 44 sur 66 · IC · texte numérisé non relu

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tolérée par les enfants; elle est très efficace et n'offre aucun danger, car on peut toujours la doser très exactement (1).

h'hydrargip'um cum creta est très usité en Angleterre et il est recommandé par M. West. Cet auteur en prescrit 5 centigrammes deux fois par jour à six semaines; 8 centigrammes de six semaines à trois mois; 10 centigrammes de trois mois à six mois. Il y ajoute 10 à 15 centigrammes de craie, s'il y a de la diarrhée.

Le traitement local ne devra pas être négligé. Veillez surtout aux soins de propreté ; recommandez les bains émollients (de courte durée) et les lavages fréquents. Faites recouvrir les surfaces suintantes de poudres absorbantes. Dans certains cas, il sera utile d'appliquer à leur niveau du glycérolé d'amidon, des pommades à l'oxyde de zinc, au calomel, à l'iodoforme.

Tels sont les préceptes thérapeutiques qui doivent régler votre intervention dans la syphilis héréditaire en pleine activité. La durée du traitement varie suivant les cas; il devra toujours être prolongé un ou deux mois après la disparition des accidents, et il sera repris à la moindre alerte.

Lorsque les enfants ont dépassé l'âge des manifestations cutanées et des lésions viscérales, lorsque la diathèse semble épuisée ou qu'elle ne se traduit plus que par les altérations osseuses, vous aurez recours à l'iodure de potassium et à l'iode. L'iodure sera donné en solution à la dose de 10, 20, 60 centigrammes par jour, par fractions avant les repas. Pour l'administration interne de l'iode, je vous recommande la mixture suivante :

Teinture d'iode 1 gr.

Sirop de gentiane 100 gr.

Une à deux cuillerées à café dans les 24 heures.

Lorsque l'enfant est nourri soit par sa mère, soit par une nourrice syphilitique, soit encore par une chèvre ou une ânesse, peut-il bénéficier d"ua traitement que l'on ferait subir à la nourrice ou à l'animal que l'enfant tette ? Il n'est pas douteux que l'iode passe dans le lait. M. Welander a examiné comparativement le lait de la nourrice et l'urine du nourrisson et il y a trouvé de l'iode en quantité proportionnelle. Quant au mercure, si quelques chimistes en contestent la présence dans le lait d'une femme ou d'un animal soumis à un traitement mcrcuriel, d'autres (Personne, Binz,

(1) Avec un compte-gaulles, ou simplement une petite cuiller.

TRAITEMENT DE LA SYPHILIS HÉRÉDITAIRE

Schauenstein, Lewald) l'ont constatée; Klinck Ta démontrée à l'aide de l'électrolyse. Sans doute il ne faut pas se priver de ce moyen indirect de faire pénétrer le mercure dans l'organisme de l'enfant; mais c'est un traitement insuffisant et souvent infidèle; vous ne devrez l'employer que s'il est impossible d'administrer directement le mercure, et vous l'abandonnerez, dès que l'enfant vous paraîtra en état de supporter le véritable traitement hydrargyrique.

Il me reste à vous parler de l'allaitement des nouveau-nés atteints d'e syphilis héréditaire.

Priver l'enfant de son aliment naturel, le lait de femme, c'est l'exposer à l'athrepsie ; le confier à une nourrice, c'est exposer cette nourrice à la contagion. Quels conseils donner?

11 va sans dire que vous autoriserez la mère à nourrir; mais vous devrez vous opposer de toutes vos forces à l'allaitement par une nourrice mercenaire, cette nourrice fût-elle avertie des dangers qu'elle court. N'acceptez même pas l'allaitement surveillé et l'allaitement avec des bouts de sein, qui n'est qu'un leurre.

Mais que faire lorsque le désir des parents est formel ou lorsque la nourrice est déjà installée dans la maison ? Comment concilier notre devoir et le secret professionnel? Si la nourrice est déjà infectée, le mieux est de la garder (1). Si elle est encore saine, vous voilà aux prises avec des difficultés que vous ne surmonterez qu'à force d'habileté et de sagaoité. N'oubliez pas que votre responsabilité est en jeu et qu'une complaisance coupable pourrait avoir pour vous de graves conséquences.

Cette importante question a été envisagée sous toutes ses faces par mon collègue A. Fournier, dans une série de leçons [Nourrices et nourrissons syphilitiques, 1878) dont je ne puis trop vous recommander la lecture. Cet opuscule est comme un code pratique oii vous trouverez une ligne de conduite clairement et sagement indiquée.

Pour ne point exposer l'enfant aux risques de l'allaitement artificiel, on a proposé l'allaitement par une nourrice syphilitique. Pour ma part, je n'hésiterai point à confier à une telle nourrice un nouveau-né manifestement syphilitique, et je regrette que l'on n'attire pas les nourrices infectées dans nos établissements hospitaliers et dans nos nos crèches, comme on le faisait à la maison de 'Vaugirard, à la fin duxvni" siècle.

Enfin, on a recommandé l'allaitement par une chèvre nourrice; M. le docteur Boudard, de Gannat, l'a minutieusement étudié dans tous ses détails.

(1) « Avouer, payer, et, si possible, conserver la nourrice. » dit 51. A. Fournier, Nourrices et nourrissons suphilitiques, 1878, p. 46.

TRAITEMENT DE LA SYPHILIS HÉRÉDITAIRE

J'ai de mon côté expérimenté à l'hospice des Enfants-Assistés l'allaitement direct au pis de l'ânesse ; les résultats que j'ai obtenus sont très satisfaisants {!), et lorsque les circonstances le permettront, je vous engage à y avoir recours.

(1) Voyez dans la seconde partie de ce volume une communication de Parrot à l'Académie de médecine {La Nourricerie de l'hospice des Enfants-Assistés), où il donne une relation intéressante de ses essais.

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