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COMMUNICATION SUR LA DIPHTHÉRIE ET SES ANALOGIES

FAITE A LA SOCIÉTÉ MÉDICALE ALLEMANDE DANS SA SÉANCE DU U JANVIER 1801.

M. Auzias-Turenne se félicite d'avoir entendu la communication si nette de M. Sée. Elle ne laisse subsister aucun doute dans l'esprit relativement à la diphthérie considérée comme unité pathologique, et à l'existence d'une paralysie diphthérique.

M. Sée a terminé son intéressante communication par l'Observation d'un cas de diphthérie, primitivement peu grave en apparence, mais dont les accidents secondaires paralytiques, atteignant les voies respiratoires, ont mis en grand danger la vie d'un jeune malade.

La fonction respiratoire compromise a repris son mouvement régulier consécutivement à l'emploi de l'électricité, et en même temps qu'une éruption de variole venait rendre compte d'un état fébrile antécédent et accompagné d'une aggravation considérable dans la position du sujet.

M. Auzias-Turenne appelle l'attention sur le rôle qu'a rempli en cette circonstance la variole dont la période d'incubation a coïncidé avec l'aggravation de l'état du malade, tandis que la période d'éruption a coïncidé avec un amendement manifeste. L'analogie porterait à penser que ce rôle n'a pas laissé d'être important.

Quand une maladie grave s'empare d'un sujet atteint de gale, de favus, de dartres, etc., celte maladie semble absorber entièrement la scène. La gale, le favus, les dartres, etc., disparaissent ou s'amendent, et ne reprennent le terrain qu'après la disparition de la grave maladie intercurrente.

Cet antagonisme est bien plus apparent quand ce sont deux maladies générales qui sont en présence, et que surtout l'une d'elles est produite par un virus. Inocule-t-on la syphilis à un sujet qui présente un symptôme de la scrofule? L'aggravation du symptôme en question est évidente pendant la période d'incubation du virus, tandis qu'il s'amende considérablement quand l'éruption se fait, ou s'est faite. Il s'établit une sorte de balancement entre les symptômes des deux maladies qui semblent lutter l'une contre l'autre, et très-souvent au grand bénéfice du malade.

J'ai inoculé la syphilis à une dame qui avait un cancer inopérable du sein, — pour le dire en passant, je lui ai donné la syphilis par l'inoculation d'une matière qui est considérée aujourd'hui, par plusieurs personnes, comme non infectante; — j'ai d'abord vu que le cancer précipitait sa marche terrible. Une éruption syphilitique papuleuse s'est faite, et tant que cette éruption a dominé la scène, le cancer a, pour ainsi dire, battu en retraite.

On voit souvent des personnes dartreuses ou arthritiques être atteintes de manifestations cancéreuses. Chez ces personnes quelquefois le cancer se guérit. M. Bazin pense que le cancer est alors moins grave parce qu'il est, d'après lui, symptomatique de la dartre ou de l'arthrilis, tandis que, d'après moi, la moindre gravité du cancer tient à la présence d'une autre diathèse qui lui dispute le terrain.

Quand deux virus sont en présence, un phénomène analogue, et souvent plus accentué, s'observe. Un sujet atteint de syphilis est-il pris de variole? les symptômes syphilitiques, d'abord exaspérés, font bientôt place à l'éruption variolique; ils reviennent ensuite. Même chose s'observe à peu près si, au lieu de la variole, il s'agit de la rougeole. Autre exemple: Que le vaccin soit inséré à

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