‹ La syphilisation étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennesChapitre 26 sur 90 · I.e chancre vulvo-vaginal est complètement cicatrisé · texte numérisé non relu

I.e chancre vulvo-vaginal est complètement cicatrisé

5 juillet. — Depuis ce jour jusqu'au 21 , on lit en six fois vingt-une piqûres: il eu résulta huit pustules abortives, qui se desséchèrent dans l'espace de 8 à 12 jours.

20. — Deux nouvelles piqûres , suivies de deux pustules qui s'ulcérèrent et durèrent douze jours ; elles acquirent 2 à 3 mill. de largeur.

30. — Depuis ce jour jusqu'au 25 août , on fit en sept fois trentequatre piqûres, et l'on ne put obtenir que trois pustules abortives, qui guérirent en cinq jours

13 septembre. — La fille M. sort du Syphilieôme. Sa santé est excellente; elle n'a eu que deux accès de fièvre, que l'on coupa avec la quinine. Elle prit un grand nombre de bains sulfureux, soit pendant le traitement de la gale . soit pendant les mois d'août et de septembre. Elle porte sur le milieu de l'abdomen deux larges cicatrices de chancres artificiels ; elle en a un grand nombre d'autres , mais toutes trèspetites.

I.e 15 décembre 1851 , le 21 avril et le 9 août 1852, elle fut renvoyée à l'hôpital avec un billet portant chaque fois pour diagnostic, écoulement, mais ce n'était jamais qu'une légère affection leucorrhéique ; elle sortit toutes les fois de l'hôpital au bout de trois jours. Sa santé était toujours excellente.

Elle rentre encore deux fois à l'Hôpital, depuis cette époque: le 17 septembre, pour une fissure longitudinale à l'orifice vaginal ; le pus que I on y prit, inoculé en deux points sur une autre femme, ne donna auoun résultat. Le 22 , elle sortit guérie de l'Hôpital sans qu'on eut fait la moindre médication pour obtenir la cicatrisation de cette déchirure.

Le 29 octobre, elle s'y présenta de nouveau pour un abcès situé à la tirande lèvre droite , et qui s'était ouvert par deux trajets fistuleux. Le 11 novembre, elle sortit guérie. Sa santé a toujours été, et se maintient encore excellente.

Réflexions.

1° Cette observation est digne de remarque , à cause de l'irrégularité avec laquelle le sujet ressentait l'action du virus ; peut-être doit-on l'attribuer à ce qu'il fut presque toujours pris sur des chancres artificiels pansés avec de l'onguent réfrigérant.

2" Le nombre des chancres que l'on produisit artificiellement ne fut pas considérable ; mais les premiers furent vastes et de longue durée ; aurontils suffi pour syphiliser complètement cette femme?

Chancre induré urétru-vaginal. — Syphilisation incomplète. — Guérison.

MARGUERITE R., veuve V., âgée de 31 ans, tempérament sanguin-lymphatique , bonne constitution , menstruation régulière , entrée au Syphilicôme le 10 avril 1851 .

Elle a un chancre induré, de forme irrégulière , long de 2 cent., large de 1 environ , situé à l'orifice de l'urètre, et s'étendant jusque sur sa paroi vaginale qui est procidente. L'infection date de près d'un mois, et jusqu'à présent la malade n'a fait aucun traitement local , ni général ; elle a en outre la gale.

Elle a contracté en 1850 un autre chancre, pour lequel on lui fit un traitement local.

12 avril. — On commence le traitement de la gale par les préparations sulfureuses ; on lui fait en même temps trois inoculations avec du pus de son chancre urétro-vaginal, et une le 14 avec celui d'une autre femme: on obtient quatre pustules caractéristiques.

29. — La gale est guérie. Le chancre urétro-vaginal se couvre de granulations, et a pris une bel aspect; il a cessé de s'étendre depuis que l'on a entrepris les inoculations, et il marche maintenant vers la guérison. Les chancres artificiels sont en voie de progrès; ils ont 6 ou 8 roill. de large, sont enflammés et douloureux.

Trois inoculations avec du pus de ses chancres artificiels, autant le 1er mai, et deux le 12 avec du pus pris sur d'autres femmes; il en résulte sept chancres.

2G mai. — Le chancre vulvaire était guéri le 22 ; il ne reste plus que quelques fongosités le long de l'urètre.

Les chancres inoculés le 12 et le 14 avril s'étendirent de près de 2 cent, et deux d'entr'eux ne sont pas encore guéris aujourd'hui. Les trois qu'a produit l'inoculation du 29 ont environ 14 mill. ; ils sont granuleux et en voie de cicatrisation. Un des deux qui se sont développés à la suite de l'inoculation du 1er mai a acquis la même étendue, l'autre est resté petit, et depuis plusieurs jours il est guéri. Enfin, il y en a deux qui sont en voie de progrès et virulents.

Trois inoculations , répétées le 29 avec du pus d'autres femmes : deux, pustules de la première inoculation, et aucune de l'autre.

'M) juillet. — Le 24 juin , tous les chancres artificiels étaient guéris. Les cicatrices de ceux qu'ont produit les inoculations du 12 et du 26 mai ont de 5 à 7 mill. de largeur.

L'indocilité de la malade nous obligea de suspendre l'expérience pendant deux mois.

Cependant, comme on se disposait à commencer une cure mercurielle pour prévenir la manifestation de quelque symptôme secondaire , dont on craignait que le petit nombre de chancres artificiels qu'on lui a inoculés ne la préservât pas , la malade se décida à laisser continuer l'expérience. On lui fait six piqûres avec du pus virulent, et l'on obtient six pustules,

10 août. — Les chancres artificiels ont 3 millimètres, et ne sont pas très-<lou|oureux,

1!|0 OBSEBVATION IX.

Douze piqûres, cinq loi] , sept le 15 ; il en résulte treize pustules qui s'ulcèrent , mais qui guérissent dans l'espace de 12 à 18 jours, sans s'étendre plus de 5 à 4 millimètres.

17 septembre. — Cette femme nous créa toujours de nouvelles difficultés pour ne pas laisser continuer les inoculations ; aussi quoiqu'elle soit loin d'être complètement syphilisée , on juge inutile de la retenir plus longtemps dans l'hôpital.

Jusqu'à présent, il ne s'est manifesté aucun symptôme d'infection générale, et sa santé ne laisse rien à désirer. 11 y a maintenant 5 mois et S jours que l'on a commencé l'expérience ; on fut obligé de la suspendre pendant les mois de juin et de juillet, et il y a un mois qu'on n'a pas pu la recommencer.

Les cicatrices sont assez apparentes, surtout les plus anciennes.

Réflexions.

Dans cette observation , quoique assez incomplète , on peut cependant remarquer :

1° La marche régulière des chancres artificiels.

2° La guérison rapide du chancre urétro-vaginal , sans aucune autre espèce de traitement.

3° La grande extension des premiers chancres, à cause de leur petit nombre.

Larges cliancres vulvo-vaginaux. — Syphilisation. — Guérison.

JOSEPHINE T., âgée de 20 ans, tempérament bilioso-sanguin , bonne constitution, menstruation régulière, entrée au Syphilicôme le 23 mai 1851.

Elle est affectée d'un chancre large de 15 à 20 mill. situé sur le côté gauche de l'urètre, et d'un autre à la paroi postérieure du vagin, près de l'orifice d'une fistule recto-vaginale , qu'elle a depuis plus d'une année, comme il conste des registres de l'hôpital.

C'est la cinquième fois qu'elle est infectée. En 1847, elle contracta des chancres ; en outre, elle eut des excroissances vulvaires et de vastes ulcères secondaires sur les amygdales. On excisa les excroissances, et elle fit alors une cure mercurielle de 37 frictions, de 5 grammes chacune, d'onguent napolitain, elle prit de plus 6 décigr. de protoiodure de mercure et 11 gram. d'iodure de potassium.

En 1849 et en 1850, elle vint trois fois dans le Syphilicôme pour des chancres, qui guérirent par un traitement local. Il y a maintenant plus d'un mois qu'elle est malade.

26 mai. - On fait la première piqûre sur l'abdomen, et le 29 on voit apparaître une pustule.

29, — Trois piqûres, répétées le 3 et le 7 juin, toutes suivies de pustules, excepté celles du 7,

11 juin. — Trois piqûres sur l'abdomen : une seule pustule. Les chancres vulvaires prennent un bel aspect. Celui qui naquit à la suite de la première inoculation a maintenant de 12 a 15 mill.; il est assez douloureux. Les autres le sont moins, et sont beaucoup plus petits.

15. — Deux piqûres, trois le 19 et autant le 22 : on n'obtient qu'une seule pustule de l'inoculation du 19.

26. — Depuis ce jour jusqu'au 13 juillet, on a fait en cinq fois quatorze piqûres sur différents points de l'abdomen, et l'on n'obtint jamais que de petites pustules qui ne dépassèrent pas 2 ou 3 mill. en largeur, et qui , pour la plupart, se desséchèrent sans s'ouvrir.

Le chancre vulvo-vaginal , qui est toujours allé en se cicatrisant, est maintenant (13 juillet) presque guéri ; l'orifice de la fistule est encore ulcéré.

10 juillet. — L'irritation produite par les piqûres du 15 a déterminé à la région épigastrique un phlegmon sous-cutané, qui donna lieu a un mouvement fébrile pendant deux jours. On l'ouvre le 28 , et il en sort une quantité considérable de pus mêlé à du sang. Il guérit cependant en peu de temps.

25. — Toutes les inoculations que l'on fait depuis ce jour jusqu'au 28 août, au nombre de quarante-huit, ne donnent lieu qu'à des pustules abortives , qui guérissent en peu de jours. Il en faut excepter un petit chancre produit par l'inoculation du 28 juillet, qui dura 1-1 jours.

22 septembre. — Depuis le 28 août, on n'a plus fait d'inoculations. On a cautérisé quelquefois avec le nitrate d'argent et le nitrate acide de mercure le trajet fistuleux recto-vaginal. L'orifice vaginal de cette fistule est toujours un peu fongueux. Le 22, on permet à la fille T. de sortir de l'hôpital ; la fistule n'est pas guérie, mais l'état de la santé du sujet est très-bon. L'expérience a duré quatre mois, et n'a jamais été interrompue par des maladies intercurrentes. Elle a pris sept bains sulfureux. On voit sur son abdomen une cicatrice large d'environ 2 cent. ; toutes les autres sont trèspetites et , par suite de la couleur brune de le peau de celte fille, elles sont peu apparentes. (I).

Réflexions.

1° On observa la diminution progressive des chancres artificiels, jusqu'à ce que le pus virulent ne produisit plus que des pustules de peu de durée

2' Ce cas est un des deux dans lesquels on a observé, à la suite des chancres artificiels, un phlegmon et un abcès sous-cutané , qui eut un cours rapide et régulier. La cause en fut l' irritation de la peau communiquée au tissu cellulaire.

3" L'état général de cette femme s'est amélioré d'une manière remarquable sous l'influence de la syphilisation.

(I) Cotte fille continua pendant deux mois ta vie Je prostituée, puis elle entra le \'6 décembre 1831 «Uns le Rifugio Barolo, où j'ai su par le docteur Botta médecin de eet Etablissement, qu'elle mourut le 31 mars 1832 d'une pneumonie lente (probablement tuberculeuse). Le docteur Frôla, membre de la Commission Académique pour l'étude de 1j sfpbilisation la visita eu compagnie du docteur ordinaire, peu de jours avant sa mort, et tous deux m'assurèrent qu'ils n'avaient observé chei cette femme aucun symptôme syphilitique.

Chancres vulvaires. — Syphilisalion. — Guértson,

MARIE R., âgée de 21 ans , tempérament bilieux, constitution robuste, bien réglée , entrée au Syphilicôme le 12 avril 1851 .

Elle est affectée d'un chancre de 12 mill. de large , situé à la fosse naviculaire, et d'un autre d'un centimètre à l'orifice vaginal. Tous deux sont en voie de progrès, et datent de peu de jours.

Elle a déjà été traitée quatre fois dans le Syphilicôme. En 1847, elle eut des chancres indurés, des tubercules muqueux et des excroissances à la vulve; on lui fit prendre 15 grammes de protoiodure de mercure. En 1848, elle prit 80 pilulesde Sédillot pour des tubercules muqueux à la vulve. En 1850, elle fut affectée de deux chancres, situés l'un à l'orifice vaginal et l'autre à la partie interne et supérieure de la cuisse droite. Ils devinrent gangreneux à la suite d'une gastro-entérite; on lui fit alors trois saignées et un traitement local. En 1851 , dans le mois de mars, elle prit 8 grammes de protoiodure de mercure pour un nouveau chancre vaginal , accompagné d'une bleunorrhagie urétrale.

17 avril. — On commence l'expérience en lui faisant, avec du pus de ses chancres vulvaires , deux inoculations sur la région hypochondriaque droite. Le 20, on voit deux pustules.

2 mai. — Les chancres artificiels ont 8 mill., et sont en voie de progrès. Deux inoculations sur larégion hypochondriaque gauche, avec du pus de ses chancres artificiels, suivies de deux pustules.

15. — Les chancres vulvaires sont en voie de cicatrisation ; celui de l'orifice vaginal est presque cicatrisé. Les deux premiers chancres artificiels sont dans la période de transformation. Trois piqûres ù gauche , suivies de trois pustules.

26. — Les chancres vulvaires et ceux de la première inoculation sont cicatrisés ; ceux de la seconde se couvrent de granulations ; ceux de la troisième sont encore virulents , mais ils ne se sont pas étendus. Il y a encore un peu de dureté à la fosse naviculaire.

Quatre piqûres, trois le 20 et autant le 5 juin : on obtient huit pustules.

1 juin. — Il ne reste plus que les chancres et les pustules des trois dernières inoculations.

Deux piqûres faites aujourd'hui restent infructueuses.

16. — Deux autres , pratiquées ce jour-ci, sont suivies de deux petites pustules. Trois le 21 , deux le 2i donnent toujours lieu à des pustules qui se convertissent en de petits chancres cicatrisés au bout de 12 à 18 jours.

19 juillet. — l'ne gastro-entérite, suivie de fièvre intermittente, nous oblige d'interrompre l'expérience pendant un mois. La diète, de légers purgatifs, des boissons mucilagineuses et acidulés, triomphèrent de la gastro-entérite, et la quinine de la fièvre intermittente.

fendant ce temps, l'induration de la fosse naviculaire disparut et tous les chancres artificiels guérirent. On fait deux nouvelles inoculations, suivies de deux chancres qui étaient guéris le 50. c'est-à-dire onze jours après.

On en fait huit le 27, et quatre le 4 août: toutes donnent naissance àautant de petites pustules qui ne durent pas plus de 10 à 12 jours. 11 août. — Cinq piqûres sans résultat.

22. — Onze aujourd'hui et six le 30 donnent naissance à quatorze pustules , qui guérirent dans l'espace de sept ou huit jours

1er septembre. — Quatorze inoculations avec du pus virulent, et cinq le 20 du même mois, sans aucun résultat.

23. — L'indocilité de la malade ne permet pas de continuer l'expérience. bu reste , eu égard à l'inutilité des deux dernières tentatives, aux pustules fugaces que produisirent plusieurs des inoculations précédentes, à l'excellente santé dont jouit le sujet et à l'absence de tout symptôme vénéiien,on croit pouvoir lui permettre de sortir de l'hôpital.

On lui fit prendre trois bains sulfureux pendant le mois de septembre. Les cicatrices des chancres artificiels sont peu visibles, soit à cause de leur situation sur les régions supérieures de l'abdomen et inférieures du thorax , soit à cause de la couleur brune de la peau, de cette femme, soit à cause de leur peu d'étendue. Trois seulement ont un centimètre de large , les autres sont toutes petites.

Le 14 février 1852, elle rentre au Syphilicôme; on voit une fissure longitudinale à la partie moyenne de la fosse naviculaire , dans le sens du diamètre antéro-postérieur et sur le siège de l'ancien chancre, mais elle n'offre aucun caractère syphilitique. Le 15 et le 16 , on y applique du sous-carbonate de plomb pulvérisé, et le 17 elle était déjà cicatrisée. Le 18 février elle sort de l'hôpital. Sa santé n'a jamais été troublée. On ne tenta pas l'inoculation, parce qu'on ne put pas recueillir du pus sur la déchirure dont on vient de parler.

Elle rentre de nouveau à l'hôpital le 14 mai , le 5 juillet , le 13 août, le 1 5 septembre et le 1 6 octobre, toujours pour une déchirure longitudinale située au même endroit qu'au mois de février.

En juillet, on ne put pas recueillir assez de matière sécrétée, pour en tenter l'inoculation , et la plaie fut cicatrisée dans l'espace de huit jours sans aucun traitement.

La déchirure étant plus considérable au mois de mai (6 mill. de long, sur 2 de large), on inocula en trois points, sur une femme non syphilisée, le pus sécrété par cette ulcération, mais on n'oblint aucun résultat. Il fallut cette fois 2i jours pour obtenir la cicatrisation de la déchirure , que l'on pansa quelquefois dans les derniers jours, avec un pinceau trempé dans la teinture alcoolique d'iode.

Au mois d'août , elle avait une forme oblongue, et elle était large de 2 à 3 mill. Le 14, on fit sur une autre femme trois inoculations avec du pus qu'elle sécrétait, mais toujours inutilement. On n'y fit aucune médication: elle était cicatrisée le 27, et le 29 la fille R. sortait de l'hôpital.

En septembre, la déchirure avait 4 ou 5 mill. de long, sur 2 de large. Elle guérit en six jours, et le sujet sortit de l'hôpital le 19. Le lendemain de son entrée , on avait inoculé sur une autre femme en trois endroits le pus de cette plaie , mais ce fut encore inutilement.

En octobre la déchirure était petite, et superficielle. Le 17 on fit sur une

autre femme trois piqûres avec le peu de muco-pus, que l'on put y recueillir, mais sans résultat. Le 27, elle était cicatrisée sans qu'on y eût fait aucun pansement, à l'exception d'une cautérisation le 25 , c'est-àdire lorsqu'elle était déjà presque cicatrisée.

Elle a toujours jouit d'une santé excellente, et jamais on n'a observé de symptômes d'infection constitutionnelle.

Pour expliquer le motif de ces déchirures fréquentes au même endroit, c'est-à-dire à la partie moyenne et la plus élevée de la fosse naviculaire, il faut remarquer que la conformation du bassin de cette femme est un peu irrégulière ; la symphise du pubis est très-basse et dirigée beaucoup plus obliquement qu'à l'ordinaire d'avant en arrière, en sorte que la vulve est située tout-à fait postérieurement et qu'il n'y a presque pas de périnée. Cette structure anatomique particulière explique comment l'introduction d'un corps étranger dans le vagin, occasionne une pression sur la paroi postérieure de l'orifice vaginal, l'élargit considérablement, et y produit facilement des déchirures.

Elle rentre le 15 décembre, pour une déchirure longue de 7 millim., et large de 5, située sur le côté droit de l'orifice vaginal, contre une caroncule myrtiforme , près de l'urètre; elle présente une forme oblongue et irrègulière ; en même temps la malade accusait de vives douleurs utérines.

Le 10, on fit sans succès, sur une autre femme, trois inoculations avec le pus de cette déchirure. Les jours suivants, on la cautérisa deux fois avec une solution caustique de chlorure de zinc.

31. — La métrite pour laquelle on avait déjà avantageusement prescrit ces derniers jours un purgatif d'huile de ricin et des clystères émollients, étant devenue de nouveau aiguë, nécessita deux applications de sangsues à l'anus.

La déchirure vulvaire est presque complètement cicatrisée.

Cette femme sortira dans peu de jours de l'Hôpital.

Réflexions.

t. La marche des chancres artificiels a été régulière.

2. Les piqûres , quoique faites en petit nombre chaque fois, et à des intervalles assez longs , donnèrent cependant de petits chancres peu enflammés et de peu de durée. En outre , il suffit d'un petit nombre d'ulcères artificiels pour obtenir la syphilisation , phénomène que j'ai déjà observé sur d'autres femmes d'un tempérament bilieux et d'une bonne constitution. La syphilisation sera-t-elle durable chez cette femme? Il faut l'espérer; en effet, elle vit dans une maison publique où elle est exposée chaque jour à de nouvelles infections, cependant, jusqu'à présent, aucune des déchirures pour lesquelles elle est rentrée à l'hôpital n'est devenue syphilitique.

ISS

Chancres chroniques très- étendus . — Inclure de potassium. — Syphilisation.

Guérison.

THÉRÈSE G., âgée de 24 ans, tempérament sanguin- lymphatique , constitution médiocre , presque aménorrhoïque depuis environ quinze mois; avant cette époque elle était assez bien réglée ; entrée au Syphilicôme le 42 janvier 1851.

C'est sa première infection ; elle date de huit mois environ. Tout l'orifice vaginal , la fosse naviculaire et la face interne des nymphes ne forment, pour ainsi dire, qu'un seul chancre vaste, calleux, sordide et douloureux; le canal de l'urètre est aux deux tiers rongé. Il existe aussi un autre vaste chancre, également chronique, à l'orifice de l'anus, et qui l'occupe presque entièrement. Les petites lèvres sont dures, comme squirrheuses, de l'épaisseur de 8 à 15 rnill., bernoculeuses et d'un blanc sale. Un changement semblable commence à se manifester aux grandes lèvres, cependant il y est moins manifeste. Elle n'a fait jusqu'ici aucun traitement mercuriel.

Peu de jours après l'entrée de celte malade à l'hôpital , on commença à lui administrer l'iodure de potassium à doses réfractées. On pensa que les mercuriaux étaient contre-indiqués à cause de l'état de délabrement dans lequel se trouvait sa santé. On continua ce traitement jusque vers la moitié de mars: alors, grâce à l'effet produit par ce remède, le repos et la saine nourriture de l'hôpital, on observa une amélioration sensible dans l'état général. On jugea que le moment serait favorable pour entreprendre la syphilisation ; la malade y consentit. On abandonna immédiatement l'usage des autres antisyphilitiques et, pendant quelque temps, on se contenta de faire prendre à la malade quelques boissons rafraîchissantes et quelques bains simples. La dose d'iodure de potassium qu'elle a prise ne dépassa pas 27 grain. Les vastes chancres ano-vulvaires ont été cautérisés plusieurs fois avec le nitrate d'argent et le nitrate acide de mercure, mais on n'observe cependant pas unejamélioration remarquable. Toutefois, ils n'ont pas fait de progrès.

5 avril. — On fait trois inoculations avec du pus de chancres artificiels d'une autre femme: on obtient trois pustules abortives qui étaient déjà guéries le 7.

7. — Trois nouvelles piqûres, répétées le 14: six petits chancres.

21. — Deux inoculations de pus de chancres artificiels récents d'une autre femme ; aucun résultat.

28. —Tous les ulcères artificiels que l'on a obtenus jusqu'à présent, sont déjà granuleux et dans la période de transformation ; ils ont de G à 8 millim. de large.

Le chancre vulvaire prend un bel aspect , on observe déjà quelques points de tissu de cicatrisation sur les bords. On a suspendu toute espèce de pansement depuis que l'on a commencé les inoculations.

Deux piqûres aujourd'hui, deux le i" mai, sans aucun effet.

12 mai. —Tous les chancres artificiels sont guéris. Ceux de la vuhe et de l'anus continuent à s'améliorer.

Trois piqûres, qui donnent lieu à de petites pustules.

15. — Quatre piqûres sans résultat : quatre autres le 19 et trois le 22, également infructueuses.

30. — Les trois chancres de l'inoculation du 12 se couvrent de granulations : ils ont 5 millimètres.

Deux piqûres suivies de deux petites pustules.

7> juin. — Le chancre de l'anus est cicatrisé ; la guérison de celui de la vulve marche plus lentement ; il est cependant au tiers cicatrisé. Deux piqûres sans succès.

T. — Trois piqûres : trois petits chancres.

12. — 11 n'y a plus que quatre petits chancres d'ouverts : ils sont superficiels, peu douloureux et n'ont que 2 à 5 millim. de large.

Le chancre vulvaire se cicatrise peu-à-peu. On le cautérise légèrement avec le nitrate acide de mercure, pour le réveiller un peu de soir atonie: on répète la cautérisation tous les trois ou quatre jours.

Depuis ce jour jusqu'au 50 août, on fait en seize fois 59 inoculations avec du pus de chancres en voie de progrès, ordinairement artificiels, et deux fois de chancres vulvaires indurés , récents et d'une virulence éprouvée. On n'obtient qu'une seule fois deux pustules abortiv.es, qui guérirent parfaitement en six jours. — On ne put jamais avoir d'autres résultats positifs.

21 août. — Le chancre vulvaire est parfaitement guéri. Un tissu de nouvelle formation, blanchâtre, peu élastique, semblable à du parchemin tapisse la vulve et l'orifice vaginal. Les petites lèvres dont le chancre a rongé la moitié inférieure, offrent deux masses informes, dures, bernoculeuses, semblables à des tumeurs pédiculées et s'élevant au milieu des grandes lèvres. La malade s'est toujours réfusée à la récision de ces appendices aussi inutiles que difformes.

23 septembre. —On l'obligea à demeurer jusqu'à ce jour dans l'Hôpital, afin que la cicatrice fut plus résistante et moins sujette aux déchirures. Elle est restée huit mois et onze jours dans le Syphilicôme. Le traitement syphilisant dura près de cinq mois ; les chancres artificiels ont été peu nombreux, superficiels, petits et de peu de durée. La menstruation qui manquait, ou qui était irrégulière depuis deux ans, commença à reparaître assez abondamment ces deux derniers mois. Elle a eu pendant 16 mois de vastes chancres, et l'on n'a pas observé le moindre symptôme d'infection générale. Pendant les trois derniers mois, elle a pris une vingtaine de bains sulfureux.

RéfieKîons.

l°.On ne peut expliquer l'insensibilité de cette femme aux nombreuses inoculations de pus qui produisit de vastes chancres chez d'autres sujets, qu'en admettant que les larges ulcères qu'elle portait depuis longtemps à l'anus et à la vulve avaient déterminé un degré de syphilisalion assez avancé, par l'absorption du pus qu'ils sécrétaient. Tous les chancres que l'on put obtenir furent petits, peu enflammés, de peu de durée, et suffirent pour la syphiliser complètement.

2° L'administration de l'iodure de potassium, avant de commencer les expériences, ne parait pas avoir détruit le degré de sypliilisation produite par les anciens chancres ano-vulvaires : car il a suffi d'un petit nombre d'inoculations pour procurer l'immunité.

3" Un fait qui est digne de remarque dans cette observation, c'est qu'après une infection aussi grave et aussi invétérée, il ne se soit encore manifesté aucun symptôme d' infection constitutionnelle. Ce fait s' observe chez presque tous les individus qui portent des chancres vastes et chroniques.

4" L'amélioration qu'avait produit l'emploi de l'iodure de potassium sur l'état général de l'économie, continua et ne fit qu'augmenter pendant la sypliilisation; en effet, la menstruation qui manquait depuis deux ans, reparut en abondance pendant les deux derniers mois du séjour de cette femme dans l'Hôpital.

Chancre vulvo-urétro-vaginal Irès-vasle. — Autre chancre à Vanus. — Tous deux anciens et calleux. — Sypliilisation complète. — Guérison.

PAULINE P. femme B., âgée de 29 ans, tempérament sanguin-bilieux, bonne constitution, menstruation régulière, entrée au Syphilicôme le 5 février 1831.

Elle porte un vaste chancre qui occupe la fosse naviculaire , tout le côté droit, la partie antérieure de l'orifice vaginal, et qui a détruit la moitié de l'urètre ; elle en a un autre très-étendu à l'anus, et qui s'avance dans le rectum d'environ un centimètre : en outre il y a fistule recto- \ulvaire. Aucun symptôme d'infection générale. Elle dit que sa maladie date de plus d'une année, et qu'elle n'a fait jusqu'ici aucun traitement local, ni général. C'est la première fois qu'elle est infectée.

A son entrée dans l'Hôpital elle se refusa à être traitée par la sypliilisation : aussi on commença un traitement par le protoiodure de mercure , et on cautérisa de temps en temps les chancres qu'elle portait à l'anus et à la vulve, avec le nitrate acide de mercure.

Un mois et demi de ce traitement n'ayant produit aucune amélioratione, la malade demanda elle-même à être soumise à la sypliilisation.

Les chancres de l'anus et de la vulve se trouvaient a peu près dans le même état que lors de son entrée a l'Hôpital: inertes, peu douloureux, d'un rouge violacé, calleux, et ils ne manifestaient aucune tendance ti se cicatriser.

Vers la fin de mars, on abandonna l'usage du protoiodure de mercure, dont elle avait pris 2 grammes, on cessa tout traitement local, et après avoir accordé quelques jours de repos à la malade , et lui avoir administré quelques purgatifs, on commença l'expérience.

7 avril.— Comme on croit que le pus de ses chancres, vu leur longue

i48 observation xir.

durée, ne sera plus inoculable, on lui fait cinq piqûres avec du pus [iris sur des chancres d'autres malades. Le 10, on voit cinq pustules.

28. — Des cinq chancres artificiels , trois ne durèrent que peu de jours, et ne s'étendirent pas plus de 2 ruillim. ; deux sont encore ouverts, virulents, et larges de 8 à lOmillim. On ne peut encore constater aucune amélioration dans les chancres de la vulve et de l'anus.

Trois inoculations avec du pus de ses chancres artificiels, suivies d'un résultat positif.

8 mai. — Les chancres de la première inoculation sont presque cicatrisés; ceux de la seconde sont en voie de progrès. Celui de l'anus commence à diminuer, et celui de la vulve prend un meilleur aspect.

Deux piqûres répétées en cinq endroits le 22, toutes suivies de pustules caractéristiques.

26. — Les chancres de la vulve et de l'anus continuent à s'améliorer. Ceux de la seconde inoculation sont cicatrisés: ils se sont un peu moins étendus que ceux de la première.

Trois inoculations avec du pus de chancres artificiels d'une autre femme, mais sans résultats. On les répète le 29 mai et le 5 juin : elles donnent lieu à six chancres.

7 juin. — Trois piqûres, autant le 11, toutes infructueuses.

15. — Il ne reste plus d'ouverts que six chancres artificiels, qui ont de i à G millirn. de large. Le chancre de l'anus est guéri, celui de la vulve est cicatrisé vers le côté externe de l'orifice vaginal , et il se trouve être ainsi divisé en deux: un à la fossette naviculaire, large de 2 centrai, environ, et l'autre à l'orifice de l'urètre de 1 centim. et 8 mill.

Deux inoculations avec du pus de ses chancres, suivies de deux petits ulcères.

Trois inoculations avec du muco-pus blennorrhagique d'un autre individu, sans aucun résultat.

7 juillet. — Tous les chancres artificiels sont cicatrisés. Depuis ce jour, jusqu'au 2i du même mois, on fait en six fois dix-huit piqûres qui donnèrent lieu à treize pustules; toutes guérirent dans l'espace de huit à dix jours, la plupart sans s'ulcérer.

i août. — Le chancre de la fosse naviculaire est presque complète- Tiient cicatrisé, ansi que celui qui était situé à l'orifice de l'urètre. On les cautérise légèrement afin d'en activer la marche.

Cinq piqûres, et sept le 6, toutes sans résultat, quoiqu'on eût employé du pus virulent.

8. — Six piqûres, huit le 11, autant le 15: elles sont suivies de 17 pustules abortives , qui guérissent dans l'espace de 5 a 7 jours.

21. -Neuf piqûres, huit le 22 septembre, toutes sans aucun effet.

Les chancres de la vulve étaient cicatrisés le 21 août.

4 octobre. — La femme P. est reçue aujourd'hui en qualité d'infirmière dans l'Etablissement; elle y reste jusqu'au 24 mars 1852, et jouit toujours d'une santé florissante.

Elle n'a eu jusqu'ici aucun symptôme de syphilis constitutionnelle, quoique l'infection datât de plus d'un an et demi. Elle est depuis huit mois daus l'Hôpital, mais l'expérience ne commença que deux mois et

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quatre jours après son entrée. Les cicatrices sont peu apparentes, et palissent tous les jours. Elle a pris sept bains sulfureux pendant le mois de septembre.

23 avril 4842 elle rentre à l'Hôpital.

Elle n'a aucun symptôme syphilitique; on ne voit que l'ancienne fistule recto-vulvaire et quelques fongosités vers le méat urinaire, qui est resté irrégulier et déchiqueté, à la suite de l'ancien chancre. Sa santé est excellente.

Elle sort du Syphilicôme le 2G du même mois.

29 mai, elle rentre de nouveau à l'Hôpital; elle est affectée de la pale. A l'examen des parties génitales, ou constate encore la présence des mêmes symptômes qu'elle portait la dernière fois: fistule recto-vulvaire et fongosités urétrales. Le chirurgien qui l'avait visitée l'avait déclarée affectée de chancres vulvo-vaginaux, pareeque, dit-il dans son certificat : <i ayant poussé l'exploration jusque près de l'orifice utérin, le tampon « fut teint de sang, preuve évidente qu'il y avait des chancres fongueux « dans le vagin (1) ».

Un examen attentif ne me permit pas de constater l'existence de ce chancre. Cependant je crus utile de réciser ces lambeaux d'urètre, qui flottants et couverts de fongosités, pouvaient facilement donner quelques gouttes de sang, si on faisait les explorations avec peu de délicatesse.

12 juillet elle sort de l'Hôpital guérie de la gale.

Réflexions.

\" lin petit nombre de chancres suffirenl pour obtenir la syphilisation complète. Aucun d'eux n'eut une longue durée, ni une grande étendue, quoiqu'on eut fait peu d'inoculations à la fois, et à des intervalles assez longs. Cela s'explique par un certain degré de syphilisation qu'avaient déjà produit chez cette femme les vastes chancres qu'elles portait depuis une année.

2° La syphilisation fit cicatriser des chancres vastes, calleux et chroniques, qui sont souvent rebelles à tous les traitements généraux et locaux, et qui durent quelquefois pendant plusieurs années.

(I) Si j'insère ici les termes dont s'est servi ce collègue que je n'ai pas l'honneur Je connaître personnellement, ce n'est pas que j'aie le monts du monde la pensée de le desservir dans l'opinion publique, niais c'est seulement pour dire qu'il faut une certaine praiique et quelques connaissances spéciales pour diagnostiquer les maladies vénériennes fiiez les femmes, et dans le liut d'avertir les praticiens des difficultés graves que l'on rencontre souvent lorsqu'on doit caractériser les véritables symptômes syphilitiques. On comprendra donc facilement la nécessité pour le praticien de faire des éludes spéciales, s'il ne veut pas s'eïposer à chaque Instant à nuire à des personnes qai mettent en lui toute leur confiance, et à voir rectifier des diagnostics de maladies vénériennes, qu'il a dicté ex cathedra.De semblables erreurs se montrent fréquemment pour les femmes que l'on envoie dans le Syphilicôme, c'est ce dont ont pu facilement se convaincre ceui qui le fréquentent.

ISO

Chancre du col utérin. — Sypkilisation. — Guéjrison,

ADELAÏDE R. âgée de 16 ans, fille belle, bien conformée et douée d'une bonne constitution, entrée au Syphilicôme le 1»'' août 1851. Elle est réglée depuis une année. Elle est maintenant affectée d'aménorrhée depuis deux mois.

Elle a, pour la première fois, un chancre à la lèvre antérieure du col utérin , de la largeur d'environ un centimètre. Il y a un peu de leucorrhée, quelques granulations vers l'orifice utérin, et spécialement sur la lèvre postérieure.

Après lui avoir prescrit un purgatif et un bain simple, on lui fait le 5 août sur la région hypochondriaque droite deux inoculations' avec du pus de son chancre utérin.

•i. — Les points inoculés sont un peu rouges.

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