Dix-sept inoculations , suivies d'autant de pustules
5 septembre. — Les pustules de la dernière inoculation sont presque entièrement desséchées; aucune ne s'est ouverte. — Huit piqûres nouvelles : — cinq pustules qui ne s'ulcèrent pas.
les excroissances que l'on a récisées et cautérisées ne se sont pas reproduites.
22. — La lille C. sort de l'Hôpital dans un état de santé excellent. Elle a pris 10 bains sulfureux. Elle est restée 7 mois et lit jours dam le Sypbilicôme. On voit sur son abdomen six cicatrices de la largeur de deux centimètres et plusieurs autres plus petites. Les plus anciennes ont déjà perdu la couleur cuivrée spécifique , les autres vont aussi en se décolorant tous les jours. Nous n'avons jamais pu obtenir des résultats complètement négatifs des inoculations , et les dernières ont encore donné des pustules abortives , ce qui nous fait considérer cette femme comme difficile à sypbiliser complètement. Malgré le grand nombre de chancres qu'elle a eus pendant le long séjour qu'elle a fuit dans l'Hôpital , il ne s'est manifesté chez elle aucun symptôme syphilitique secondaire.
Elle rentre le 14 août. Elle est restée onze mois dans une maison publique, où, belle comme elle est , elle a sans doute eu de fréquents rapports sexuels ; et cependant elle n'a contracté aucune infection. Elle est maintenant atteinte d'un écoulement métrai séro-purulent , qui est un peu sanguinolent lorsqu'on exerce une compression sur l'urètre, et douloureux pendant l'émission de l'urine ; il y a en outre un engorgement des glandes lymphatiques, plus sensible du côté de l'aine droit.
Un soupçonne l'existence d'un chancre urétral ; on inocule donc sur une femme non sypliilisée le muco-pus hlcnnorrhagique , en trois points le 16, et en deux le 17 ; mais sans résultat.
30 août. — On lui a fait prendre ces jours passés quelques bains, un purgatif, des boissons rafraîchissantes et l'on appliqua des cataplasmes émolliens sur les glandes engorgées. La menstruation a eu lieu et a duré cinq jours : aujourd'hui l'écoulement a considérablement diminué, et l'engorgement des glandes lymphatiques est réduit à peu de chose.
10 septembre. — On continua les mêmes prescriptions : l'engorgement des glandes a disparu complètement; l'écoulement, qui était devenu peu considérable et séreux , cessa définitivement après deux cautérisations de la muqueuse urétrale. Sa santé est excellente. Elle sort de l'Hôpital.
Elle rentre au Syphilicôme le 4 octobre 1852, venant de l'Hôpital Saint-Jean où on l'avait saignée deux fois pour une fièvre rhumatismale (I).
(I } Elle ét;iit sortie du Svpbilicômc le 1G septembre, et le 21 du même mois M. le docteur BoilàoaDRÎ l'ayant visitée s'aperçut qu'il se développait sur le tissu cutané de cette fille, quelques petites papules d'une couleur livide et d'une nature douteuse. Je priais en conséquence, le 2-i, le même docteur de vouloir bien la visiter de nouveau, alin de porter nfl diagnostic précis sur cette affection cutanée naissante, et de prier en même temps un des Inspecteurs du service sanitaire en ville de la diriger aussitôt au Svphilicûrue, si elle presenluii quelque symptôme vénérien.
J'appris alors qu'elle était entrée à l'Hôpital Saint-Jean pour une maladie aiguë, et qu'elle était traitée par M. le docteur assistant Caslelli, qui faisait les fonctions de medecin du service dans lequel se trouvait cette fille, le médecin ordinaire étant absent.
J'avais prié publiquement 'le 31 mars 1852) tous mes confrères de m'aider le plus passible dans l'étude de la svpbilisation, et dans une lettre .adressée le 17 août à M. le docteur Castelli lui-même, je lui avais lépété cette prière, en lui demandant d'avoir l'obli-
Elle est affectée d'une syphilide papuleusè diffuse sur tout le corps: les pupilles sont larges de 3 à 6 millimètre*, circulaires, cuivrées et peu saillantes (psoriasis syphilitique) ; au milieu de ces nombreuses papules, on voit quelques pustules d'ecthyma, qui se montrent en plus grand
rjeanco, dans le cas qu'il vint a se présenter à l'Hôpital Saint-Jean quelque femme syphiliséc affectée d'une maladie aiguë cl portant des symptômes d'infection constitutionnelle, de ne pas la soumettre à un traitement mereuricl, et de l'envoyer au Syphilicônic aussitôt que son état le lui permettrait, afin que je pusse l'examiner conjointement avec la Commission Académique pour en tenir compte dans l'étude de la syphilisation.
J'cspcrais que dans l'intérêt de la science, M. Castelli aurait eu égard a ma demande, et évité ce qui s'ét.iit déjà présenté une autre fois (v. pag. 1 83).
Mais loin de là, j'appris le 27 que la syphilide ayant été reconnue, MM. Castelli et Paeehiottî, tous deux assistons de l'Hôpital s'étaient empressés de faire examiner cette fille par plusieurs docteurs, dont quelques uns même étrangers à l'Hôpital, qui avaient appris qu'un sujet syphilisé était atteint d'infection constitutionnelle, et que l'Hôpital Saint-.Iean possédait un fait qui était plus que suffisant pour faire condamner la nouvelle doctrine.
Voyant que celte fille n'était pas envoyée au Syphilicôme, quoiqu'elle fût affectée de symptômes constitutionnels, j'écrivis à M. le chevalier Reciocchi, sous-préfet, pour le prier de la faire transférer de l'Hôpital Saint-Jean daus celui des femmes vénériennes, aussitôt que son état le permettrait.
Le niciiie jour, on m'avertit que la Commission Académique, prévenue par M. Pacchiotti, était allée l'examiner. J'aurais désiré pouvoir, moi aussi, assister a cette visite, parecque cette fille était un des sujets que j'avais syphilisés, mais M. Pacchiotti ne voulut pas avoir tant d'obligeance pour moi.
Sur l'invitation de M. le Préfet de Police, le Directeur mensuel de l'Hôpital Sainl-Jean décida que la fille C. serait transférée au Syphilicôme aussitôt que le médecin qui la traitait le permettrait. Le 2 octobre je reçus de M. Castelli la lettre suivante : u La fille C. étant « guérie de la synoque rhumatismale pour laquelle elle est entrée à l'Hôpital, je la rcu mets avec plaisir entre vos mains, pour que vous lui fassiez suivre le traitement que « vous jugerez convenable. •>
Elle rentra donc au Syphilicôme le A octobre avec un billet de ce même Monsieur Castelli, conçu en ces termes ; u La fille C. désire entrer au Syphilicôme, aïin d'y suivre « le traitement que l'on jugera nécessaire. » Et plus bas, au bureau de la Préfecture, ou avait ajouté ces mots: u Demandée à l'Hôpital Saint-Jean par le docteur Spcrino» .
Lorsqu'elle fut arrivée, je sus par elle que pendant son séjour dans l'Hôpital S. t Jean, on voulait la soumettre à u:i traitement mereuricl, et que même on lui avait déjà fait prendre quelques petites doses de mercure. Dans le but d'avoir des renseignements précis ace sujet, j'.ii cru devoir écrire à M. Castelli, en le priant do me dire s'il était vrai qu'on eût prescrit des préparations mereuricl les à cette fille, et quelle dose on lui en avait fait prendre. — Je reçus la réponse suivante: u Dans ma dernière lettre au sujet de Célcstine C. je o ne vous ai parlé que du traitement que je lui ai fait suivre pour vaincre la svnoquo « rhumatismale, et non pas des niercuriuux qu'on lui administra, parecque j'en ai abann donné l'usage aussitôt que je sus que vous desiriez l'avoir dans le Syphilicôme. ..
Il est donc évident, d'après la lettre de M. Castelli, que malgré la prière que je lui avais adressée, il avait administré des mercuriaux à cette fille.
Je désirerais savoir pour quel motif on eut recours avec tant d'empressement aux mercuriaux, lorsqu'on savait que cette fille avait été sypliilisée? Ce ne fut certainement pas à cause de la gravité des symptômes, car elle n'était affectée que d'une syphilide p.ipulopustuleuse naissante qui n'exigeait pas un traitement urgent. Pourquoi ne fut clic pas immédiatement envoyée au Syphilicôme où la direction de l'Hôpital Saint-Jean fait toujours transférer les prostituées, lorsqu'elles sont reconnues atteintes de symptômes syphilitiques ?
nombre sur le dos, les aines et le cou; elles sont larges de ta 10 millimètres, et couvertes d'une croûte ; de nombreuses papules et pustules existent aussi sur le cuir chevelu, et il y a en même temps alopécie assez considérable. On voit deux ou trois tubercules muqueuxàl'ombilic; la région maliéolaire interne de la jambe droite est le siège d'un ulcère fongueux, long de 3 centimètres et large d'un et demi, peu douloureux, d'une couleur rouge-violacée , laissé par un phlegmon qui s'y forma à la suite d'une saignée qu'on lui fit il y a plus de deux mois, et qui ne s'est jamais cicatrisé depuis, pareeque cette fille faisait trop d'exercice. L'état général est affaibli, et il y a aménorrhée depuis un mois.
Les symptômes syphilitiques se sont manifestés il y a douze on quinze jours, et elle n'a fait aucun traitement antisyphilitique, à l'exception de deux frictions d'onguent mercuriel et de quatre ou cinq pilules de mercure gommeux de Plenck, qu'on lui prescrivit lorsquclle se trouvait à l'Hôpital Saint-Jean.
5 octobre. — Purgatif.