‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 105 sur 159 · XXXVI. — Le sixième trésor, l'église de golgotha · texte numérisé non relu

XXXVI. — Le sixième trésor, l'église de golgotha

Montons enfin sur le Calvaire et sur cette partie plus élevée qu'on appelle Golgotha, où Jésus fut mis en croix; c'est le faîte du monde, bien que le Calvaire ne soit qu'une petite et basse colline. C'est un abîme de miracles et ce sujet demande beaucoup plus une profonde contemplation que de longs discours. Un si ai. mable rocher est tout d'aimant et m'attire de tous côtés également , bien que son pôle doit être marqué en cet endroit où la croix fut plantée, et que sa force y soit heureusement concentrée.

Nous avons déjà touché quelques Lieux Saints du Calvaire en décrivant le chemin de la croix, et de la Porte Judiciaire de Golgotha ; mais il ne faut pas laisser d'entrer dans une chapelle que sainte Hélène fit bâtir

par dehors, jointe à l'église de Golgotha, à l'endroit d'où la Vierge regardait son fils Jésus, pendant qu'on attachait avec des clous ce corps adorable renversé sur sa croix, comme le considère Adrichomius, suivant la tradition de Jérusalem.

Je ne dis rien du lieu intérieur d'où la sainte Vierge, avec saint Jean , regardait Jésus élevé à la croix. Adrichomius mesure cette place marquée d'un marbre blanc en rond , et compte quinze toises de séparation entre la Mère et le Fils ; mais l'œil contredit ce sentiment , la distance est beaucoup moindre, le Calvaire est étroit, l'église de Golgotha est petite. Quelqu'éloignement pourtant qu'on y mette, il y avait une ligne de communication entre les deux cœurs de Jésus mourant et de Marie agonisante.

XXX VII. — Le septième trésor : la pierre DE l'onction.

Descendons maintenant du Calvaire et rendons-nous à la pierre de l'onction pour mêler nos larmes avec Joseph et Nicodème. Ces deux notables de Jérusalem , pour envelopper un si précieux dépôt, employèrent deux grands suaires , qui reçurent comme deux tables d'attente la peinture miraculeuse ; l'un qui est celui de Turin, du corps ensanglanté; l'autre gardé dans Besançon , du corps de Jésus déjà embaumé. Celui-ci représente le visage et tout le devant du corps , celui-là le montre des deux côtés ; et partant le second n'ayant

que huit pieds de longueur et quatre environ de largeur ; le premier en ^ douze environ de longueur el trois ou quatre de largeur, comme quelques-uns Tonl écrit.

Voilà les sept trésors de Téglise du Saint-Sépulcre , et Tordre des stations de Jérusalem. On commence vers le septentrion par Tadoration du Saint-Sacrement dans la chapelle bâtie en cet endroit, où Jésus ressucité apparut à la Vierge, sa mère; et ensuite on passe devant cet auguste lieu où le même Sauveur se fit voir à Marie-Magdeleine , et de là on va vers l'orient, où Ton rencontre Jésus dans sa prison ; on poursuit cette procession toute divine, en reconnaissant les mystères de Notre-Seigneur, outragé sur la colonne des impropères, dépouillé auprès de la croix, étendu sur ce bois et crucifié; ce qui se voit particulièrement dans l'église de Golgotha, qui fait comme le chœur de la grande église du Saint-Sépulcre. Après toutes ces démarches de dévotion, on tourne vers le midi, où Ton trouve la pierre de l'onction, et enfin Ton se rend au Saint-Sépulcre, qui est le point du couchant, le lieu du repos et le terme de la vie terrestre d'un Dieu. Toutes ces merveilles sont renfermées dans une église , qui est le centre de tous les mystères et le principe de notre religion; elle est bâtie comme eft croix et porte la croix dans le Calvaire , qui n'en fait qu'une partie.

XXXVUl. — Les sept maisons miraculeuses de la

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