‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 151 sur 159 · XLVI. — La reprise de tyr par les chrétiens · texte numérisé non relu

XLVI. — La reprise de tyr par les chrétiens

Nous avons déjà touché cette prise de Tyr en traitant du sixième siège , que le patriarche de Jérusalem et les Vénitiens formèrent devant cette ville. Mais il ne fau} pas oublier une circonstance qui ne paraît pas moins miraculeuse que la conservation des trois enfants dans la fournaise de Babylone , lorsque les assiégés , ayant mis le feu dans une de nos tours de bois qui portait de grandes machines , un jeune garçon extrêmement innocent en ses mœurs y monta, et se jetant au milieu des flammes sans être endommagé y avec de Teau qu'on lui fournissait , éteignit l'embrasement.

Nos historiens disent qu'après cette prise, les assiégés venaient à notre camp et admiraient la force des victorieux , et que les nôtres scmblablement , entrant dans la ville , s'étonnaient de ce qu'ils avaient pu prendre une place si régulière et si bien remparée. Les assiégés louaient les vainqueurs et les victorieux louaient ceux qu'ils avaient vaincus. La place donc resta au roi de Jérusalem et aux Vénitiens, qui selon l'accord, en retinrent la troisième partie , les deux tiers étant à Baudoin.

XLVIL— La ruine de tyr.

Le navire que décrit Ézéchiel a fait un horrible naufrage. Cette fille de la mer n'a pas seulement perdu sa ceinture, pour parler aux termes d'Isaïe : Non est citigu-

lum ultra iibi * , ayant été jointe à la terre ferme; mais enfin elle a été prostituée à Mahomet , et aujourd'hui ad nihilum dcducia es, et non eris nsqtie in peiyetuum *. D'une île elle est devenue péninsule , et d'une péninsule elle n'est plus qu'une plage abandonnée : cependant voilà le dernier miracle de la ville de Tyr , si souvent ruinée et toujours ressuscitée , jusqu'au dernier coup de son entière ruine. Avant de finir remarquons l'accomplissement de la parole de Dieu, et l'Écriture sainte vérifiée dans plusieurs villes delà Syrie. Isaïe avait dit, que Damas ' perdrait la royauté , ce qui a été justifié du temps des Romains , qui donnèrent la primauté de la Syrie à Antioche ; et- aux derniers siècles, elle a perdu ses sultans. Ézéchiel avait dit de Sidon , je lui enverrai la peste * , ce qui paraissait autrefois de sept ans en sept ans , et à présent se vérifie quasi tous les ans. Notre- Seigneur avait dit : Malheur à loi Corozain , malheur à loi Bethsaida ' ; et le malheur est tellement tombé sur toutes ces villes qui bordaient la mer de Galilée, que ce n'est aujourd'hui qu'une solitude. Je ne poursuis pas l'induction , il me suffit d'en avoir fait l'ouverture , à cause de son importance.

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