CÉDRON
Il faut d'un côté élever nos yeux sur la montagne des Oliviers, et remarquer la forme que le pied du Sauveur y a imprimée dans le roc ; maiç de l'autre il faut baisser les yeux pour voir dans le fond de la vallée , où passe le torrent de Cédron, les marques des mains, des genoux , des pieds de Jésus qui se soutenait en ce passage avec une extrême peine, et mené rudement par les soldats , allait chancelant sur les pointes des rochers. Ces miraculeuses traces de la montagne des Oliviers et du fond du torrent, nous enseignent que pour monter il faut descendre, que pour aller au ciel il a fallu traverser des torrents, et que les marques de l'Ascension et
de la Passion se répondent. Certes, la dernière marche des abaissements de Jésus fut le plus haut degré de son élévation.
Le cardinal Baronius, dans ses annales, et le prince Radzivil, dans son voyage à Jérusalem, parlent de ce mystère ; mais Bernardin de Spolèle ajoute que Jésus tomba sur son visage., qui fut tout ensanglanté par cette chute, du coup qu'il se donna.
Au reste, ce n'est pas sans un miracle perpétuel que ces traces ineffaçables demeurent imprimées sur les pierres , bien que depuis tant de siècles elles soient exposées à l'air , aux pluies , au cours du torrent , et qu'on les baise incessamment. traits incomparables d'une éloquence divine ! ô langage muet de ces aimables pierres qui publient la charité de mon Dieu ! Que le cœur de l'homme est endurci qui rebute les caractères de la Passion de Jésus, que les pierres reçoivent !