Ms. cit., fol. 1 17, col. c
L'ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE
tion aux corps célestes ce que nous savons être vrai des corps soumis à la génération et à la corruption.
« Les propositions 1 que nous possédons touchant les questions relatives aux mouvements célestes sont peu nombreuses et, peutêtre, ne sont-elles formulées qu'en termes équivoques ; elles sont tirées, en effet, des êtres animés qui existent ici-bas ; or, de ces êtres-ci et de ceux dont il est question, le mot animé ne peut guère être dit que d'une manière équivoque. Puis donc que les principes sont autres, il en est de même des jjropositions qui sont conçues à leur sujet ; partant, les passions et les propriétés de ces principes sont autres et diltérentes ; eiles sont seulement, par équivoque, désignées de même; on trouve dans le corps céleste densité et rareté,, mais ces qualités sont ainsi nommées d'une manière équivoque par rapport à celles qui se rencontrent dans les éléments. »
Dès lors s'évanouissent les arguments que les Péripatéticiens opposent au mouvement propre d'une planète au sein d'un ciel fluide : a Le partage2, la division, la raréfaction, la condensation sont mots qu'on emploie d'une manière équivoque au sujet des corps qui nous entourent, d'une part, et des corps célestes, d'autre part ; ces corps sont autres ; ils existent d'autre manière ; leurs passions sont donc autres. Dans les corps qui sont ici-bas, les passions en question sont considérées dans leur réalité ; au sein des corps célestes, elles le sont par similitude et par équivoque. D'ailleurs, la division, la raréfaction ou la condensation du ciel n'est pas ici corruption absolue (yimpliciter), mais corruption relative (secundum quid).. Ainsi en est-il du sang qui se corrompt dans la génération du cœur ou de quelque autre organe ; on ne doit pas l'appeler corruption absolue, mais bien plutôt génération et salut. Ainsi en est-il dans le ciel où la partie la plus vile obéit et cède à la partie la plus noble, de telle sorte que le tout se trouve ordonné à sa fin. »
Si la Lune était fixement sertie dans un épicycle rigide qui se mût comme l'imaginent les Hypothèses des planètes , elle ne pourrait nous montrer toujours la même face. Cette objection, que Bacon avait fait valoir contre l'hypothèse des orbes solides, est reprise et examinée en détail par Pierre d'Abano. Malheureusement, le manuscrit que nous avons consulté permet malaisément de suivre cette argumentation. Gomme si la déplorable écriture et la latinité non moins déplorable de Petrus Gollensis n'eussent