Andalô Di Negro, toc. cit. ; ms. cit., fol. i33, col. a
t/astronomie italienne
niais il n'est pas nécessaire qu'en toutes choses et en tous cas, ils soient de même complexion et qualité. En effet, ils n'ont pas été formés et n'ont pas pu être formés au même lieu ; ils ont donc eu, comme on l'a dit ci-dessus, des aspects différents de l'ensemble du Ciel; en outre, ils n'ont pas été formés de la même matière ni nourris de la même nourriture ; les corps célestes, donc, agissant sur des matières différentes et diversement alimentées, ont produit des opérations différentes. »
« De là cette conclusion, poursuit Andalô 1 : Il ne faut point s'étonner si les jugements qu'on porte en la Science astrologique sont, parfois, faillibles, et si les pronostics n'ont point leur effet. »
Toute cette doctrine est très exactement conforme à celle de Pierre d'Abano ; on en peut dire autant de la théorie suivante, où la marque du Médecin padouan est, semble-t-il, particulièrement reconnaissable 2 :
« Bien que chacune des étoiles qui sont en la huitième sphère, bien que chacune des planètes ait ses vertus propres et des opérations différentes de celles des autres astres, il faut, cependant, que chacune d élies reçoive vertu et influence de la neuvième sphère, qui est le premier mobile et que, dès le principe, le Créateur a instituée distributrice et ministre des vertus des corps qu'elle contient. .
» Or, nous Favons dit, la neuvième sphère a été divisée en douze parties, et chaque partie possède ses vertus particulières ; de même, la huitième sphère a été divisée en douze parties qui se trouvaient alors directement et exactement sous les douze parties correspondantes marquées en la neuvième sphère. Mais la huitième sphère se meut, selon Ptolémée, d'un degré par siècle, et selon Thébit, c'est un mouvement d'accès et de recès. A cause de ce mouvement, donc, je dis que les étoiles de la huitième sphère qui se trouvaient, au commencement, sous la partie de la neuvième sphère qu'on nomme le Bélier, ne sont plus à cette même place ; elles s'en sont éloignées, écartées et séparées ; elles se sont avancées jusqu'au dessous de la partie qui, dans la neuvième sphère, se nomme le Taureau ; et l'on doit entendre qu'il en est de même des autres Signes et des autres parties. Par suite de cette variation, les étoiles de la huitième sphère ne reçoivent plus, de la neuvième sphère, des vertus semblables à celles qu'elles recevaient au commencement ; elles en reçoivent des vertus fort différentes ;