Antonio Favaho, Op , laiu/., p
l'astronomie itamknnk
nisiiic rigide qui fait dépendre des circulations célestes toutes les transformations du inonde sublunaire ne laisse aucune place à l'action d'une volonté libre, que cette volonté soit celle de Dieu ou celle de l'homme.
Contre ce fatalisme astronomique, la Scolastique chrétienne qui avait son centre à Paris n'a cessé de lutter par renseignement de ses docteurs et par les décisions de ses évêques. Au pouvoir des astres, Albert le Grand, Saint Thomas d'Aquin, Roger Bacon opposent deux bornes : la souveraine volonté de Dieu, le libre arbitre de l'homme. En 1277, l'évêque de Paris, Etienne Tempier, condamne une foule de propositions qui s'étaient enhardies jusqu'à transgresser ces termes.
Nous aurons plus tard à retracer la lutte que l'Université de Paris a menée contre l'Astrologie. Pour le moment, nous nous bornerons à écouter un écho italien des opinions qui, en France, s'étaient imposées.
En diverses circonstances, Biaise de Parme se montre à nous comme un de ceux qui ont contribué à faire pénétrer les doctrines de Paris dans l'enseignement des universités de Bologne et de Padoue 1 ; il semble qu'il ait, en Astrologie, joué le rôle d'introducteur des principes tenus, à Paris, pour orthodoxes.
On possède 2 un pronostic dressé par Maître Biaise de Parme pour Tannée 140o : Jadicium revolulionis anni 1405, 11 Mardi cum ho ris et fractionibus, secundum Magistrum Blasium de Parma. Or, ce pronostic commence par une déclaration qu'il nous parait intéressant de reproduire :
« Avant que je pénètre en la présente matière, je vais, pour ma propre information et pour celle d'autrui, exposer d'abord quelques raisons qui me poussent à dire plus largement ce qui suit ; je les exposerai en manière de propositions, sous la forme accoutumée de ceux qui philosophent.
» Première conclusion : De quelque manière que les astres influent ou puissent influer, ils exercent et exerceront cette influence par le consentement de Dieu, et point autrement.
» Corollaire : Quels que soient les événements [prévus], et de quelque manière qu'ils adviennent, ils n'adviendront pas là où Dieu voudra qu'ils n'adviennent pas.
1 . Pierre Duhkm, Dominique Solo et la Scolastique parisienne. XXIV. Comment les doctrines de Nicole Oresme se sont répandues en Italie (Études sur Léonard de Vinci. Troisième série : Les précurseurs parisiens de Galilée. Paris, i9i3 ; pp. 483-485).
2. Bibliothèque Nationale, fonds, latin, ms. n" y44^- i v°, à foj. 22, v°.
L'ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE
» Autre corollaire : Quels que soient les événements [prévus], et de quelque manière qu'ils adviennent, lors même qu'ils adviendraient, il eût été possible qu'ils n'advinssent pas.
» Seconde conclusion : De quelque manière que les astres influent ou doivent influer, ils n'exercent pas et n'exerceront pas une influence telle que le libre arbitre et la volonté puissent être contraints.
» Corollaire : Seule, la créature raisonnable peut résister aux astres quand elle le veut.
» Antre corollaire : Ceux qui affirment que tel ou tel tuera ou sera tué d une manière inévitable sont, selon la raison, dignes de réprimande. »
Il est impossible de formuler d'une manière plus précise et plus nette les conditions qu'à Paris, les théologiens avaient imposées à toute Astrologie désireuse de ne point contrevenir à la foi catholique.