‹ La système du monde (volume 3)Chapitre 258 sur 287 · S. Munk, Op. lat/d., pp. /|o8-/jo'o · texte numérisé non relu

S. Munk, Op. lat/d., pp. /|o8-/jo'o

AVEKROKS

d'une abstraction, qu'il les ait fallu détacher de La matière à laquelle elles étaient unies ; elles sont, par elles-mêmes, exemptes de toute union avec la matière et directement intelligibles.

Elles tiennent le sommet de la hiérarchie qu'Ibn Bâdja établit entre les formes.

Au degré le plus bas, se placent les formes spirituelles individuelles 1 ; les perceptions les ont reçues des choses individuelles qui nous entourent; sans dépouiller la singularité qui les aflcctc, elles résident dans le sens commun, dans l'imagination et dans la mémoire.

Au-dessus se trouvent les formes qu'Avempace nommé intelligibles hy ligues. « Ce sont, en quelque sorte 2, des formes qui restent dans la faculté rationnelle lorsqu'à cessé d'exister le rapport individuel qui existait entre cette faculté et la chose individuelle. » Une telle forme « ne conserve que le rapport universel, c'est-àdire le rapporta tous les individus. » Ces formes sont, en d'autres termes, les formes spécifiques universelles qui, s'unissant à des matières différentes, produisent les divers individus du Monde sublunaire.

Ces dernières formes, on les peut penser de deux manières3. On les peut concevoir en partant des formes individuelles que les sens, la mémoire, l'imagination nous fournissent, et en chargeant l'abstraction et la généralisation de dépouiller ces formes inférieures de tout caractère singulier et matériel. On peut aussi concevoir « ces formes isolément et en elles-mêmes, sans qu'elles aient été abstraites des matières. Et en effet, leur véritable existence, c'est leur existence en elles-mêmes, bien qu'elles soient abstraites. »

Parce qu'elles sont capables d'être connues de cette dernière façon, les formes spécifiques des choses de ce Monde sont des intelligibles en acte. « Quand les formes 4 sont devenues intelligibles en acte, elles sont les termes des êtres de ce Monde ; et par cela même qu'elles sont intelligibles en acte, elles comptent au nombre des êtres. »

Les formes hyligues, les formes spécifiques des choses matérielles ont donc deux modes d'existence ; l'un, à titre de formes spécifiques des individus du Monde sublunaire ; l'autre, à titre d'intelligibles en acte ; des deux sortes de connaissance qu'on en

i. S. Munk, Op. laud.i pp. 3<j4-3(j.").

-i. S. Munk, Op. taud., p. 3g5.

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