G. Bigourdan, II, p
NOTE li
apporté lui-même, de ]a Provence à Paris, ce qu'il attribue à Linières? » M. G. Bigourdan pense 1 que « l'argument de Wendelin n'a aucune force, et la valeur rapportée de l'obliquité doit être considérée comme ayant été obtenue à Paris par Jean de Lignières ; l'erreur inévitable de l'observation se sera compensée avec la réfraction. »
Dans sa Théorie des pfanèîes, rédigée en 1335, Jean des Linières parle de la constante diminution de l'obliquité de l'écliptique - ; la valeur la plus récente et la plus faible qu'il cite est 23°33'. S'il a lui-même, en 1332, déterminé cette obliquité, s'il l'a évaluée à 23°31'4o", comment se fait-il qu'il n'en souffle mot dans sa Théorie des planètes ?
La seule détermination directe de l'obliquité de l'écliptique dont il soit fait mention au Moyen Age, c'est celle qui a été donnée en 1290 par Guillaume de Saint-Cloud. L'évaluation contenue dans l'écrit de Jean de Spire est, sans doute, obtenue par l'application de quelque formule de variation à l'observation de Guillaume de Saint-Cloud ; son exactitude excessive est un heureux effet du hasard.
Nous avons entendu Wendelin donner à notre astronome le nom de Jean des Linières de Montfort. M. G. Bigourdan dit également3 que « certains manuscrits ajoutent à son nom celui de
Montfort Dans la région d'Amiens, il existe diverses localités
du nom de Lignières et de Montfort, ce qui confirme l'origine picarde. »
Cependant, les catalogues de nombreuses bibliothèques ont fourni à M. Bigourdan la liste des manuscrits des œuvres composées par Jean des Linières ; dans cette liste, nous n'avons pas découvert une seule fois le nom de Montfort associé à celui de Jean des Linières. Seul, un manuscrit de l'ancien fonds Saint- Victor 4 contient un ouvrage ainsi intitulé : « Tabule ad sciendum motura solis et lime, in uno die anni domïni 1332 mensis Januarii, per magistrurn Iohaninëm de Monte-Forti, secimdum equationem tabularum Alfonsii. » Mais rien n'indique que ce Jean de Montfort soit le même personnage que Jean des Linières.
Cette liste de manuscrits prête à deux remarques.
1° Dans un manuscrit de la Bibliothèque Bodléïennc d'Oxford, l'opuscule sur la correction du calendrier adressé au pape Clé-
i. (i. Bigourdan, jtf, p. 70O.
■a. Voir : Ce volume, |>. 08.
,\. (i. Bigourdan, II, |>. 758.
4, Bibliothèque Nationnlc, fonds latin, jus. no 1 44^ 1 (Ancien Tonds Saint- Victor, n° 2O). — Cf. G, Bigourdan, IV, p. 00.