Ms. n° 7281, fol 208, r
?>. Ms. cit., fol. 208, v°, à fol. 210, v°.
De ce même Jean de Gênes, nous possédons encore un troisième ouvrage. Un manuscrit de la Bibliothèque Nationale, en effet, nous présente une table ainsi intitulée 1 :
« Tabula ad sciendum motion Solis in una /tara et semt/diametros luminarium. »
Le canon qui explique l'usage de cette table nous fait connaître le nom de l'auteur ; il porte ce titre 2 :
« Canon tabule precedentis quant compostât magister Johannes de Janua. »
En outre, il contient cette mention :
« Nota quod hec tabula est facta super equationes labularum al/onsii per magistrum Johanem (sic) de Janua. »
Qu'était ce Jean de Gênes? En 1348, un Jean de Gênes était chirurgien et médecin de Clément VI 3. Devons-nous l'identifier avec le Jean de Gênes qui, en 1332 et en 1337, s'occupait à Paris du calcul des éclipses? Il n'y aurait, semble-t-il, nulle impossibilité à ce que ces deux personnages n'en fissent qu'un; au Moyen Age, les deux professions d'astronome et de médecin étaient souvent exercées par un même savant ; l'Astrologie unissait la science des astres à la connaissance des maladies.
Cette identité de l'astronome parisien et du médecin de Clément VI est, en tous cas, généralement admise par les historiens4 ; ceux-ci ont montré que notre Giovanni da Genova avait eu pour père un autre médecin de grande réputation, Anselme da Genova, surnommé D'incisa, dont le tombeau et l épitaphe subsistent encore.
Avant x\nselme, Gènes avait déjà compté un autre médecin illustre ; vers 1300, Simon de Gênes 1 était médecin et chapelain du pape Nicolas IV, puis chapelain du pape Boniface VIII, en même temps que chanoine de Rouen ; il correspondait avec Campanus de Novare ,;. Peut-être Anselme et Jean appartenaient-ils à la même famille que lui.
Jean de Gênes n'est pas le seul disciple de Jean des Linières dont le nom nous soit connu.
i. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ms. n° 7282, fol. 129, r°. 2 . Ms. cit , loi 1 m), v°.
3. U. Chevalier, Bio bibliographie du Moyen- Age, 1907, col it\ 16.
!\ Cohniïlio de Simom, Jntorno alla vita ed ai lavori di Andalo Di Negro, maternât ico ni astronomo genovese (tel secolo decimo- quarto e d'altri matematici e cosmograjiei genovesi (Balletino di Bibliografia e di Storia délie Scienze maternât iche ejisiche, pubblicato da \\ . Honcompagni, t. VII, 1874, pp. 33o- 332).
5. Daunou, Notice sur Simon de Gênes, médecin (Histoire littéraire de la France, t. XXI, 18^7, p. 241).
(\. Voir : Seconde partie, Ch. V, § XI : t. III, p. 320.
LASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE
Dans les œuvres de Gassendi, on lit une lettre de Godefroi Wendelin à Pierre Gassend, datée du 23 mai 1648 ; dans cette lettre, il est fait mention1 d'un écrit composé par Y Allemand Jean de Spire sur les canons de Jean des Linières : Scripta Domini loannis de Spira Alamani super canonis (sic) almanach magutri loannis de Lineriis Picardi AmbianenHs diocesis ; cet écrit est de l'année 1320. En un temps où l'Allemagne ne comptait encore aucune Université, Jean de Spire avait assurément appris l'Astronomie à Paris, comme étudiant de la Nation anglaise près la Faculté des Arts.
Mais le plus fidèle admirateur et, en même temps, le disciple le plus illustre de Jean des Linières fut assurément Jean de Saxe.
Selon Trittenheim s, Jean de Saxe s'appelait Jean Danck ou Jean Danckonis et il était Allemand. Ces renseignements ont été, ensuite, empruntés à Trittenheim par Bernardino Baldi 3, puis admis par le prince Boncompagni 4 et par tous ceux qui ont écrit sur Jean de Saxe.
Cet astronome s'appelait-il en effet Jean Danck ou Danckonis ? A la vérité, une traduction hébraïque des Tables A Ip/wnsines, faite en 1460 par Moïse ben Abraham, l'appelle Jean Danicoro5 ; le catalogue, publié en 1875, d'une bibliothèque italienne, mentionne6 des Tables Alphonsines que précèdent certains canons « qitos compilavit Magister Johannes Dauerolo de Saxonia ». Danicoro, Dauerolo peuvent-ils être regardés comme des corruptions de Danck ou de Danckonis? Peut-être, et les textes dont nous venons de parler n'auraient alors rien d'incompatible avec l'opinion de Trittenheim qui attribue ces noms à Jean de Saxe. Mais ils ne suffisent assurément pas cà justifier cette opinion, alors que