‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 19 sur 126 · ARE · texte numérisé non relu

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destiné aux Antiques ; on y voit d’abord la fameuse Table de bronze » qui contient une partie du discours de Claude. « Cette table qui étoit placée sous le vestibule de l'Hôtel de Ville, d’une manière tout à fait désavantageuse!1, occupe, depuis 1814, le seul local qui pût lui convenir ». Mais l’opinion de Comarmond est tout autre2: « Artaud les mit » (les Tables) « dans la grande salle du Musée des tableaux », « dans un réduit obscur, au-dessus d’une foyère », privé de lumière par « deux épais corps d’armoire ». Une inscription composée par Artaud dut y prendre place avec elles, qui donnait la date exacte du transfert: « Le XVII septembre MDCCCXIV, jour de l'entrée à Lyon de son A. R. Charles-Philippe de France, Monsieur frère du Roy... ? ». Elle existe encore, mais difficile à voir et presque impossible à lire; car la plaque de marbre où elle est gravée a été bizarrement encastrée «au dessus du portique double intermédiaire entre la cour du Musée et le vestibule conduisant à la porte d'entrée sur la place 4 ».

Comarmond étant conservateur , la Table Claudienne eut à subir deux nouveaux transferts. D'abord elle descendit du premier étage au rez-de-chaussée. Après avoir critiqué l'installation d’Artaud, il ajoute 5: «Nous les avons fait transporter sous les portiques du Palais des Arts, parce qu’il était convenable de réunir les monuments épigraphiques et de créer à ces Tables une place d'honneur ». Et il énumère avec complaisance les avantages de cette nouvelle installation: les Tables sont à l'abri d’un incendie ou d’un écroulement, situées à une hauteur convenable, dans un beau jour, garanties de toute approche dangereuse par un vaste sarcophage. Avantages illusoires ou contestables. Il concède lui-même qu’à cette distance et à cette hauteur l'inscription n’est pas très facile à lire. Il prévoit donc des critiques ; elles ne lui manquèrent pas. « On blâme généralement », écrivit Boissieu”» , le conservateur actuel du Musée d’avoir fixé ce bronze, déjà éprouvé par tant de déplacements, contre un mur humide et plein de salpêtre, et à une hauteur telle que la lecture et l’étude en deviennent à peu près impossibles», Précisons «la place d'honneur » que Comarmond avait assignée à la Table Claudienne: c'était l’arcade V ® ; et le vaste sarcophage en question était celui qui représente la marche triomphale de Bacchus et d'Ariane, exhumé en 1824 dans la cour de l’église Saint-Irénée, entré au Musée en 1845, conservé maintenant dans la salle de la sculpture. L'installation de la Table Claudienne dut être à peu près contemporaine de celle du sarcophage: elle dut avoir lieu vers 1845.

1. Monfalcon, Monographie, 2e éd., p. 9, renchérit sur Artaud et sur Cochard : « Sous le vestibule de l'Hôtel de Ville et dans un lieu très mal éclairé est un mur sur lequel on appliqua le bronze de Lyon ; la table de Claude a été ensevelie pendant cent cinquante années dans ce lieu si mal choisi ; on pouvait bien voir l'inscription, mais il était impossible de la lire. Quoiqu’elle fût exposée à des accidents de toute nature, elle n’éprouva pas d’avarie sensible, même pendant le siège. Après le rétablissement de l’ordre et sous la mairie de M. d’Albon, on la transporta au Musée des Antiques, armoire n° 2... ».

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