‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 91 sur 126 · C. I. L., XII, 6034 c ; cf. pour Nimes, ibid · texte numérisé non relu

C. I. L., XII, 6034 c ; cf. pour Nimes, ibid

SAC, QI, p.218.

trats suprêmes des quattuorviri iuri dicundoet des duoviri turi dicundo ; successivement, car toutes les inseriptions des quattuorvirise révèlent, selon lui, par l'écriture plus anciennes que celles des duoviri. Kt il estime que le passage de l’une à l’autre forme de la magistrature suprême correspond au changement de statut colonial. Les quattuorviri furent les magistrats de la colonie latine. Or deux de leurs inscriptions sont certainement postérieures à la mort d’Auguste. L’une' mentionne un flamen Divi Augusti qui est aussi flamen Germanici Caesaris, l'autre? des décorations militaires conférées par Tibère empereur. D'où il faudrait conclure que Vienne devint colonie romaine après la mort d’Auguste.

En somme, peut-être Herzog et les partisans de son opinion n’ont-ils pas réussi à prouver incontestablement que Vienne fut colonie romaine sous et par Auguste ; mais, en l’état présent de la controverse, la preuve certaine du contraire n’est pas faite. Elle serait faite, et nous y reviendrons plus loin, s’il était démontré que cette opinion ne peut se concilier avec le témoignage de Claude sur le novus mos de recrutement sénatorial inauguré en 14 par Auguste et Tibère ; elle le serait déjà, s’il était démontré que cette opinion ne comporte pas une explication acceptable du témoignage de Claude qui nous occupe en ce moment, de son affirmation que Valerius Asiaticus ante in domum consulatum intulit quam colonia sua solidum civitatis Romanae benificium consecuta est; en d’autres termes, que Vienne, longtemps après la mort d'Auguste, ne possédait pas encore le bénéfice intégral de la cité romaine. Et nous voici ramenés à la question difficile: que manquait-il à Vienne, sous Auguste et Tibère, qu’elle posséda ensuite, qu’elle possédait sous Claude, en 48 ?

Herzog * répond, et Kornemann # ne rejette pas cette explication, mais ne la présente qu’en seconde ligne, tandis qu’Allmer * l’adopte et la corrobore : il manquait à Vienne, colonie romaine, pour avoir le solidum civitatis Romanae benificium, et Claude lui accorda, le èus italicum $. Mais d’abord il ne prouve pas que Vienne fut redevable de ce bienfait à Claude — ou, ce qui reviendrait au même, à Gaius; on voit bien pourquoi il préfère Claude à Gaïus: celui-ci se montra beaucoup plus capable d’exactions envers les Gaules que de largesses ; or l'octroi du ius italicum était, nous allons le dire, une largesse, et d’autant plus considérable en espèce que la cité des Allobroges avait une très grande étendue ; mais, d’autre part, en préférant Claude, il provoque l’objection que, si ce prince avait été l’auteur du bienfait, son moi vaniteux n'aurait pas manqué de s’en targuer —; Herzopg, dis-je, ne prouve pas cela, il le conjecture. Tout ce que nous savons positivement, par un témoignage du troisième siècle”, c’est que Vienne, à cette époque, jouissait, comme aussi Lyon, du droit italique. Pline l'Ancien, qui le mentionne pour d’autres villes, ne le mentionne ni pour Lyon ni pour Vienne. Rien ne servirait d’arguer une fois encore que Pline a tra-

Page 1