‹ La table tournante experience de magnetisme, en un acte, melee de coupletsChapitre 26 sur 26 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

remarquai bientôt que, dans la première circonstance, In mouvement du pendule décroissait d'autant plus que l'appui s'approchait davantage de la main, et qu’il restait lorsque les doigts qui tenaient le lil étaient eux-mêmes appuyés, tandis que dans la seconde circonstance, I effet contraire avait lieu.

• Je pensai d'après cela qu'il était très-probable qu'un mouvement musculaire, qui avait lieu à mon insu, déterminait le phénomène, et je dévais d’autant plus prendre eelte opinion en considération que j’avais un souvenir, vague la vérité, d'avoir été dans un état la ut particulier, lorsque mes yeux suivaient les oscillations que décrivait le pendule que je tenais à la main.

n Je rcGs mes expériences, le bras parfaitement libre, et ie me convainquis que le souvenir dont je viens de parler n était nas une illusion de mon esprit; car je sentais très -bien qu’en même temps

S u e mes yeux suivaient le pendule qui oscillait.

y avait en moi une Juvosition ou tendante au rnouremeni qui, tout involontaire qu'elle me semblait, était d'autant plus satisfaite, que le pendule décrivait de plus grands arrs: dés lors je pensais que, si je répétais les expériences les jeux bandés, les résultats pourraient être tout différents de ceux que i'observais. (''est précisément cc qui arriva. Pendant que le pendule oscillait au-dessus du mercure, on m'appliqua un bandeau sur les yeux : le mouvement diminua bientôt; mais, quoique les oscillations fussent faibles, elles ne diminuaient paa sensiblement par la présenre des corps qui avaient paru les arrêter dans mes premières expériences.

» Enlin, à partir du moment où le pendule fut en repos, je le tins encore, à partir d’un quart d'heure, au-dessus du merrure, sans qu'il se remit en mouvement. Pendant ce temps-là et toujours à mon insu, on avait interposé et retiré plusieurs fois, soit le plateau de verre, soit le gâteau de résine.

» Voici comment j'interprète ces phénomènes : » Lorsque je tenais le pendule à la main, un mouvement tnuaculaire de mon bras, quoique insensible pour moi, ût sortir le pendule du repos, et les oscillations, une fois commencée*, furent bientôt augmentées par l'influence que la vue exerça pour me mettre dans cet état particulier de disposition ou tendance au mouvement. Maintenant il faut bien reconnaître que le mouvement musculaire, lors même qu'il est accru par cette même disposition , est cependant aises faible pour s'arrêter, je ne dis pas tous l'empire de la volonté, mais lorsqu'elle a simplement la pensée d'etsayer si telle chose l'errète.

* Il y a donc une liaison intime établie entre l'exécution de certains mouvements et l'acte de la pensée qui y est relative, quoique celte pensée ne soit point encore la volonté qui commande aux organes musculaires. C’est en cela que les phénomènes que j'ai décrits me semblent être de quelque intérêt pour la psychologie, et même pour l'histoire des sciences : ils prouvent combien il est facile de prendre des illusions pour des

réalités, toutes les fois que nous nous occupons d’un phénomène oh nos organes ont quelque part, et cela dana des circonstances qui a'oet pu été analysées suffisamment.

» En effet, que je me fusse borné à faire oreiller le pendule au-deasus de certains corps et aux expériences où cea oscillations furent arrêtées, quand on interposa du verre, de la résine, «te., entre le pendule et les corps qui semblaient en déterminer le mouvement, alors certainement je n’aurais point ru de raison pour ne pas rroire à la baguette divinatoire et à autre chose du même genre- Maintenant on concevra sans peine comment des hommes le très-bonne fol, et éclairés d'ailleurs, sont q IqueJoii portés à recourir à des idées tout à * chimériques pour expliquer des phénomènes qui ne sortent pas réellement du monde physique que nous connaissons.

» Je conçois donc »»ès-bien qu'un homme de bonne foi, dont l'âlléntion tout entière est filée * sur le mouvement q*une baguette qu'il tient dans ses maint- peut pratdre pour une rause qui lui est inconniie, pourra recevoir, de la moindre cirronstancr, U tendaoeé au mouvement nécessaire pour amener la msat.>*taiiondu phénomène qui l’occupe ; par exemple, si cet homme cherche une source, et s'il n a pas les yeux bandés, la vue d'un gazon vert abondant sur lequel il tnar che pourra dêtermioer en lui. & son iniu.le mouvement musctlairc capable de déranger !a ba guette, par la liaiaon établie entre l'idée de végétation active «t celle de l’eait.

• Les faits précédents et l'interprétation que j'en ai donoée m’ont conduit à les enchaîner à d autres que nous pou vona observer tous lesioura : par cet enchaînement, l'analj** de ceux ci devient a la fois et plus simple et plit» précise qu'elle ne l'a été, en même temps que l'e® forme un ensemble de faits dont l'interpréta ii.° n générale est susceptible d oue grande extension- Nais avant d'aller plus loin rappelons bien que mes observations présentent deux cirtonsta i.’ces principales :

» 1* Penser qu'un pendule tenu à la main peut se mouv«ir, et au’il se meuve «n» que l'on ait la conscience que l'organe musculaire lui imprime aucune impulsion : txnM un premier fait.

» 2* Voir ce pendule osciller, et que ce* oscillations deviennent plus étendues par l’influence de la vue sur l’organe musculaire, et toujours sans que l’on en ait la conscience : votlà un second fait.

• La tendance au mouvement, déterminée en nous par la vue d'un corps en mouvement, se retrouve dans plusieurs cas, par exemple :

• 1* Lorsque l’attention étant entièrement Axée sur un oiseau qui voh, sur une pierre qui fend l’air, sur l'eau qui coule, le corps du spectateur se dirige d’une manière plus ou moins prononcée vers la ligne du mouvement;

b 2' Lorsqu'un joueur de boule ou de billard suivant de l'oeil le mobile auquel U a imprimé le mouvement, porte son corps dans la direction qu'il désire voir suivre è ce mobile, comme s'il lui était possible encore de le diriger vers le but qu'il a voulu lui faire atteindre.

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