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LA GUERRE ET SES CONSÉQUENCES MONDIALES

Toutes ces questions que je viens de traiter sommairement ont sans doute leur intérêt; elles appartiennent à l'administration des affaires intérieures de notre pays. Mais vous sentez tous que je dois parler de la guerre et de la part que nous y prenons.

Jamais le souvenir de ce que jai vu en France, au cours de ma visite l’été dernier, ne s’effacers de ma mémoire. J'avais bien lu le récit lamentable de la ruauté, de la barbarie des Allemands, mais, ayant parcouru une partie des régions dévastées de la France,. j'ai vu de mes Jeux les ruines, la désolation et la misère que ? -

ment les Allemands avaient mis Je feu

de maison en Maison, comment ils avaient massacré les habitants, égorgé les enfants, violé les femmes.

Je suis allé Jusqu'à la ligne du feu et jai vu les héroïques soldats de la France, les uns rentrant du front) les autres S7 rendant, tous Portant sur leurs traits la

France et de le chasser Jusque dans ses derniers retran-

Il ne faut pas croire cependant que les travaux ordinaires de la vie sont suspendus. J’ai traversé le champ

Croix qui

Et c’est ainsi qu’en France tous les efforts sont concentrés vers un seul but patriotique: remporter une victoire définitive sur l'ennemi.

Quel i nous!

VU passer devant le Commissariat canadien la parade des troupes alliées. I] Y avait 1à les représentants de lhéroï. que armée belge, les Ecossais, les Australiens, les soldats

de voir dans le défilé les troupes canadiennes comman-

dées par le major Dubuque, de Montréal. Tous nous avons frissonné d’orgueil en voyant passer nos compatriotes et nous enviions leur sort.

Quelle gloire en effet que de participer à une guerre dans laquelle le monde a été entraîné pour défendre la majesté sacrée des traités, l'indépendance des petits états, lPexpansion légitime des relations commerciales des nations, la liberté des peuples et les principes du droit international qui sont la base du progrès bien ordonné et de la prospérité des nations.

Personne aujourd’hui, en dehors de l'Allemagne, n’ose soutenir que la guerre n’a pas été allumée par les empires du centre et personne ne se fait illusion sur le but de la gverre: l’hégémonie de PAllemagne et sa domination du monde entier, Ceux qui veulent réfléchir ne peuvent s’empêcher d'admettre que dans cette guerre PAngleterre a été entraînée pour sa propre défense, et que l’Angleterre ÿ prenant part, tout l’Empire, tous les Dominions, se sont trouvés par le fait même en état de guerre.

Le Canada a noblement répondu à l’appel. J’en atteste les tableaux d'honneur qui sont publiés tous les jours. Nous payons largement Pimpôt du sang.

Le courage de nos fils fait l'admiration du monde.

Nos hommes publics faisant cesser leurs disputes se sont unis pour nous indiquer notre devoir. Les chefs spirituels de la nation, comme à chaque époque mouvementée de notre histoire, ont fait écho à la voix de nos hommes d'Etat.

Le Canada et la guerre.

Pour la centième fois, disons que si lon prend la loi et la constitution. au pied de la lettre, il n’y avait pas

Lot ES.

sortir les changements les plus calamiteux pour notre existence nationale!

J'ai dit et je le répèts 1e les premières lignes de | défense du Canada sont aujourd’hui dans le nord de la rance.

J’ai dit et je le répè:s que si l'Angleterre était vaincue, la France battue, la Russo refoulée dans ses steppes,

Monseigneur Varchevêque de Montréal dans une circonstance mémorable: “Je ne veux pas devenir sujet allemand !”

Le rôle de l'Angleterre apprécié par un Français.

L’Angleterre ne fait Pas sa p="t, crie-t-on dans certains quartiers. Quand elle le fera il sera temps pour les colonies de marcher, si on a encore besoin d'elles. On jette

“Le mérite des escadres anglaises et françaises, écrit-il, c’est d’avoir occupé les mers sans un instant de retard et de les avoir complètement nettoyées du seul fait de leur

Si les escadres anglaises n'avaient pas fait la police des mers du nord dès la première heure, au moment

ses chances.

Alors leterre, des mers du Nord, Put envoyer sur le continent, en l'esp ’une quin-

escadres, lord Kitchener, si eureusement créée et o ni Par un prodigieux effort de volonté

armée, avec autant de sécurité et de méthode que si elle était sur le sol même de l’Angleterre, au lieu de - se trouver de ce côté-ci ;

T'ON RTTET

L’Angleterre n’était pas prête et au début de la guerre elle n’a pu envoyer que 60,000 hommes avec des munitions qui ne pouvaient durer plus d’une semaine, mais depuis, quel effort gigantesque n’a-t-elle pas fait? Elle a mobilisé au delà de quatre millions d'hommes, plus d’un million de ses soldats sont actuellement en France; le territoire de la Grande-Bretagne est devenu une mine inépuisable de munitions et, à l’heure qu’il est, il se forge dans quatre mille fabriques des canons, des obus, des munitions de toutes sortes. Entre Douvres et Calais, Folkestone et Boulogne, il y a un flot continuel d’hommes, de canons, de chevaux et de munitions de toutes sortes, qui se déversent sur les côtes françaises.

L'une des choses qui m’a frappé le plus pendant mon voyage en Europe, ça été l'admiration des Anglais pour les Français et l'admiration des Français pour leffort anglais. En Angleterre, où entend de tous côtés cette exclamation: “La France est la plus grande nation du monde ”, tandis que les Français ne cessent de proclamer que la transformation de Angleterre d’une nation paisible et livrée pour ainsi dire entièrement au commerce en un peuple guerrier, mérite tous les éloges.

Il faut songer qu’à part les troupes qui se battent aujourd’hui sur la Somme, PAngleterre a une armée à Salonique, une armée en Mésopotamie, une armée en

une armée aux Indes, Et, pardessus le marché, ses coffres inépuisables fournissent de Por à lItalie, à la Russie, aux nations qui ont été prises au dépourvu.

Si jusqu’à présent nous n’avons pas apprécié à sa juste valeur le lien qui nous unit à la Grande-Bretagne, nous devrions maintenant voir que nous n’avons pas à rougir de la grande nation qui est devenue notre seconde mère patrie.

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Ne confondons pas.

Nous sommes la minorité dans le Dominion. Nous avons incontestablement des droits, Mais nous joui aussi de privilèges importants. Il est inutile de les énumérer. Faisons un examen de Conscience, Parcourons un

cette plus de droits qu’elle n’en a icif Sommes-nous intéressés à Conserver Set état de chose qui nous à été donné?

Quand j'entends i Personnages menacer briser la Confédération, J'aurais envie de rire gi lon ne devait pas sa i de voir qu'il y à deo gens sérieux qui croient la menace sérieuse. La Confédération n’est pas

un pacte que l’on peut rompre à volonté. Elle est basée sur un statut impérial qu’il faudrait faire rappeler par le parlement qui l’a adopté. Depuis quand les minorités Souvernent-elles dans le régime parlementaire? Et pense-ton réellement que parce que l’une des parties contractantes croit avoir à se plaindre de l’autre, le parlement impérial se rende facilement à la voix de ceux qui demanderaient de réduire à néant une organisation dont l’Empire britannique tout entier est justement orgueilleux ?

Le danger de l’exagération.

Ce dont nous souffrons le plus c’est de lexagération des deux côtés. N’allez pas croire que tous les extrémistes soient dans la province de Québec. Loin de là. Il y a une certaine école dans Ontario qui paraît s'être donnée pour mission de rendre impossibles toutes relations amicales entre les deux races. Je vois les journaux de la province

Jours dans certaines feuilles les Calomnies les plus grossières, les injustices les plus flagrantes, les injures les plus basses.

Mettons de côté pour un instant l'intérêt national et lentente et la bonne harmonie qu. sont à la base de notre édifice constitutionnel! S’imagine-t-on que tout ceia serait de nature à développer un sentiment national, ou même, pour parler d’un point de vue plus étroit, à consolider un partif Que l’on se détrompe. Les Canadiens-frençais sont la grande majorité dans le Québec; ils sont partout dans toutes les provinces de la confédération ; ils ne demandent pas de faveurs, mais simplement à être traités avec justice, une justice égale pour tous, et que l’on se convainque .

bien d’une vérité démontrée Par l’histoire de ce pays: il nya Pas de parti politique qui pui i Canada à moi i i

qu Provinces de la Confédération ; lee raisons en ont été nnées des écrits fort bien faits, C t, voyez les tableaux d'honneur les j des

noms cana ens-français, t qu'est-ce que les dépêches i

urcelettef Leg soldats Canadiens.

avec un élan, une fougue, une furie Saise qui ont triomphé de tout.

n’est pas ie, tant s’en faut. On demande encore un million d'hommes. Qu'il ne soit pas dit que Province de Québec a tiré de }’ r U nom de tout ce

adens-français Ont sauvé la cok 1ie à la Grande. Bretagne, de Châteauguay, de De Salaberry. C’est de Phistoire ancienne,

L'histoire Qui s'écrit, :

Aujourd’hui, il s’écrit un chapitre de lhistoire du monde, qui éclipsera en dévouement, en sacrifice et en

gloire tout ce que l'humanité a fait jusqu’à présent. Il faut que dans cette œuvre les Oanadiens-français fournissent une page digne de celle écrite par leurs aïeux. Autrement, il serait irutile pour nous de parler de notre loyauté à l’Empire britannique et de célébrer la valeur de ceux qui nous ont précédés.

L'automne dernier, j'ai parcouru une partie de la province. J’ai expliqué du mieux que j'ai pu les origines et le but de la guerre, les raisons de notre particpation à la grande lutte et notre devoir dans les circonstances. En certains quartiers où on devrait se le rappeler, on semble lavoir oublié. Mes collègues, messieurs Blondin et Patenaude, ont repris, dans le cours du présent automne, cette œuvre patriotique. L'automne dernier, je euis allé depuis Matane jusqu’à Saint-Sauveur de Québec, et depuis Hébertville du lac Saint-Jean jusqu’à Saint-Jean-Port- Joli. Je suis prêt à recommencer, et dans cette heure solennelle, voici ce que je propose: Aux dernières élections provinciales, le sort des armes nous a été défavorable. Sir Lomer Gouin paraît avoir la confiance de la province de Québec. Pourquoi lui et ses collègues et l'honorable M. Lemieux, le lieutenant du chef libéral, ne se joindraient-ils pas à nous pour faire le tour de la province de Québec, et, tout en instruisant nos nationaux, leur indiquer clairement et sans ambages quel est leur devoir dans les circonstances ?

Cette offre que je fais n'implique pas un reproche et je ne veux pas qu’on Pinterprète comme une attaque contre ces messieurs. Je la fais de bonne foi et animé par le seul désir d'amener mes compatriotes à une compréhension complète de leur devoir et des responsabilités qui leur incombent dans le moment.

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