‹ La Tâche du gouvernement BordenChapitre 1 sur 3 · DE MONTRÉAL · texte numérisé non relu

DE MONTRÉAL

LA SUCCESSION LIBêRALE— SES CONSÉQUENCES FINANCIERES ET ÉCONOMIQUES— L'ARGENT QU'IL A FALLU TROUVER- LA QUESTION DES ÉCOLES— LA GUERRE

M. LE Président, Messieurs,

Je sais que l'on a critiqué quelque peu notre silence depuis quelque temps. C'ette critique s^inspire sans doute d'un bon motif, qui est le désir de nous voir renseigner le public et l'empêcher ainsi de se laisser égarer par une campagne de presse souvent très injuste. Mais je demanderais à nos amis de ne pas oublier que nous traversons une crise sans précédent et que le travail de ceux qui ont la responsabilité de l'administration est actuellement des plus lourds. Que l'on partage ou non nos idées ou notre façon de les mettre en pratique, l'on ne peut nier que cette période de guerre avec ses problèmes de chaque jour demande une vigilance de tous les instants et une action constante, qui tient plus que jamais les ministres au siège du gouvernement.

Bien que, à lire certains journaux et à entendre certains hommes, comme par exemple l'honorable M. Lemieux, à Maisonneuve, la trêve consentie de part et d'autre au début de la guerre paraisse fort compromise, le temps n'est pas encore venu de rétorquer aux attaques dont nous sommes l'objet. Aussi me garderai- je bien, j'espère, de toute agression. Pour l'instant, je veux simplement donner un bref résumé de notre œuvre afin que l'on puisse juger si nous avons fait noitre devoir.

Nous avons reçu mission d'administrer les affaires du pays. Est-ce que nous les avons administrées d'une façon satisfaisante, sagement? Avons-nous fait preuve de compétence? A entendre parler nos adversaires, et même quelques gens bien intentionnés qui font mine d'être de nO'S amis, nous nous laissons aller au gré des flots, sans

regarder la boussole, aveugles à tous les récifs qui menacent le navire et sans prendre ces sages précautions qui assureraient notre salut.

La règle qui doit s^ appliquer à nous est la même qui s^ applique à tout administrateur de biens privés: l'on ne juge de sa compétence que par les difficultés qu'il a dû vaincre; en d'autres termes, par l'état de la succession qu'on lui a mise entre les mains.

Ponr continuer le même ordre d'idées que tout à l'heure, l'on jugera mieux de l'habileté du nautonnier, de son courage, de sa prévoyan^ce, s'il a parcouru avec succès des mers agitées et dompté les vents et les tempêtes.

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