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CONSERVATION DES ÉCHALAS

La durée des échalas varie avecTessence, la nature du bois (cœur ou aubier] et son état de dessiccation au mo* ment de l'emploi. Plus le bois est sec et plus est longue sa résistance.

Mais on peut aussi augmenter, dans une forte proportion, la durée des échalas en les injectant de substances antiseptiques ou en leur faisant subir certaines préparations. Parmi ces moyens, nous indiquerons les suivants:

1^ Sulfatage, — Dans des bassins en maçonnerie, ou même dans de vieilles cuves, on prépare une solutiou renfermant de 3 à 6 kilogrammes de sulfate de cuivre par 100 litres d'eau. On met la dose maximum pour les bois blancs et ceux renfermant beaucoup d'aubier. Les échalas sont plongés dans la solution pendant quinze jours ou trois semaines. Les bois secs demandent plus de temps que les bois verts.

Le mieux, lorsqu'on peut le faire, est de plonger dans la dissolution la partie inférieure des perches qui serviront à faire les échalas, alors qu'elles sont encore fraîches et vivantes ; le liquide s'élève peu à peu à travers >es tissus, en formant avec certains de leurs éléments

des combinaisons qui les rendent imputrescibles. On le* écorce et on les débile ensuite.

Cette opération a peu d'action sur le cœur du chêne^ du robinier ou du châtaignier, mais elle augmente considérablement la durée des bois qui s'injectent facilement, tels que l'aubier de chêne ou de pin, et les bois blancs, saule, peuplier, aulne, etc. C/est ainsi que les échalas sulfatés de saule peuvent durer aussi longtemps que ceux en cœur de chêne.

Il serait bon, après 6 ou 8 ans, de faire un nouveau trempage.

Le sulfatage augmente le prix des échalas de 5 à 6 fr. par mille. Actuellement, il doit être considéré comme le procédé le plus pratique et le plus économique pour la conservation du bois, bien que d'autres, tel que le créosotage, assurent une durée un peu plus longue.

2® Créosotage. — Le créosotage est un moyen excellent pour la conservation du bois. Il peut donner aux échalas^ même en bois blanc, une durée de 20 ans.

L'opération consiste en une véritable imprégnation du bois à chaud par l'huile de créosote.

Actuellement, on trouve dans le commerce divers produits spéciaux pour le créosotage bien supérieurs au simple goudron ; tels sont le carbolineum et le braunkreosot, dont l'acide phénique forme la base essentielle et communique au bois des qualités imputrescibles.

L'imprégnation avec ces substances s'obtient de la manière suivante : On place les paquets d'échalas ou les piquets debout dans une chaudière, où ils puissent tremper de 60 à 80 centimètres dans le liquide. Puis on chaufTe jusqu'à 80' ; à ce moment on éteint le feu, mais les échalas sont laissés encore pendant 10 à 12 heures dans la chaudière.

Avec le créosotage, il faut, en général, laisser sécher les échalas pendant six mois au moins avant de les employer. Un autre inconvénient du procédé est son prix

élevé : 14 à 15 francs par mille échalas. D'autre part, il exige rinstallation d'une chaudière spéciale. En plusieurs localités de la Suisse allemande, Topération se fait par l'intermédiaire de Sociétés d'agriculture.

3** Goudronnage, — Le goudron, tout en agissant comme antiseptique, durcit le bois. Il peut être avantageusement employé pour la conservation des échalas, mais on ne doit l'appliquer que sur des bois très secs ; sur les bois verts ou humides, il favorise la pourriture intérieure.

On pratique l'opération en plongeant les échalas, pendant quelques minutes, dans un bain de goudron de houille que Ton chauffe légèrement, afin de le rendre plus fluide et plus pénétrant. Les échalas sont retirés du bain au moyen de pinces et mis à sécher isolément. On peut même se contenter de ne tremper dans le bain que la partie de Téchalas destinée à être enterrée.

4*^ Carbonisation. — Fréquemment, on brûle légèrement l'extrémité des échalas et piquets devant aller en terre, dans le but de prolonger leur conservation. Pour cela, une fois préparés, on les expose au feu jusqu'à ce que leur base soit bien carbonisée sans être endommagée. Cette opération durcit les tissus et détruit les principes fermentescibles qu'ils renferment, mais n'assure pas une aussi bonne conservation que les moyens précédents.

Par le sulfatage suivi du goudronnage, on obtient d'excellents résultats.

Les échalas sulfatés ou goudronnés pourront facilement durer 15 ans et même davantage, s'ils sont assez longs pour pouvoir supporter deux ou trois appointages, et surtout si on les enlève du sol pendant l'hiver.

PLANTATION DES ÉGHALAS

Dans quelques vignobles (Isère, Savoie, Ermitage), les échalas sont plantés à demeure jusqu*au moment où leur mauvais état oblige à les remplacer ; dans d'autres, ils sont arrachés chaque année à l'entrée de Thiver et replantés au printemps. Dans ce cas, leur manutention entre pour une part importante dans les frais culturaux annuels, surtout en Bourgogne et en Champagne, où Ton en compte de 40 à 60.000 à Thectare.

La plantation des échalas est toujours une opération fatigante pour les ouvriers qui l'exécutent. En de nombreux endroits, Téchalas, tenu à pleine main et sous le bras, est enfoncé en pesant sur lui de tout le poids du corps ; dans d'autres vignobles, on le fixe en appuyant sur son extrémité avec la poitrine garnie d'un plastron en bois.

Dans le but de rendre plus rapide et moins pénible la mise en place des échalas, on a imaginé divers appareils désignés sous le nom de fiche-échalas. M. du Breuil (1) décrit de la façon suivante celui de M. Dugay, constructeur à Argenteuil : « Une tige en fer A (fig. 231), pourvue d'une manette B à son sommet, porte vers le milieu de sa longueur un crochet C, puis à sa base une sorte de pied- de-biche. Pour se servir de cet instrument, on procède ainsi : le vigneron place l'échalas dans le crochet et le pied-de-biche, de façon que cette dernière partie soit à 28 centimètres environ au-dessus de la base de l'échalas; puis il place le pied droit sur l'étrier, maintient l'échalas de la main gauche et appuie fortement de la

(1) Du Breuil.— Cours élémentaire d'arboriculture^ p. 485; Paris, Masson, 1861.

Perraud, 3"« édit. 16

main ilroiLe sur la iiianeUe. Il pèse ainsi de tout son poids sur IVtrier et enfonce léchalas jusqu'au point où le piedde-biche est fixé. Si l'échalas n"est pas assez

Fig. 231. - Firhe-éclialas Dugay.

enfoncé, il le saisit de nouveau un peu plus haut et recommence la manœuvre».

Dans l'Aube, on emploie un autre ouUl dont le D* Guyot (1) donne la description ci-après:

<iM. Fellans, propriétaire à Bar-sur-Aube, a perfec-

r (c.f viynobtes de France, t. 1(1, p 90.

tionné l'iûstrumenf ficlieurou planteur (i'écha par[M. Dugay; il a l'ail la clef ficheuse, qui > depuis;longtemps pai' tous les vignerons du planter leurs paisseaux, et qui me semble terme de la perfection dans ce genre.

..Celte clef (icheuse (fig. 232, A) est formée i lame de Ter a b c d e f g h i. dont b e di corrï semelle du soulier du vigneron, à laquelle ellt comme étrler, et dont les côtés c Ô a, rf i ft er pied en dedans el en dehors.

.iLe cùlé c a b laisse passer la courroie en ci

Fig, 332. — Clef ticheuse do M. Fellans.

qui traverse de l'autre côté d i h Ma œil i h \ dedans de la clef proprement dite g fe h. La cl consiste dans un vigoureux crochet résultant d' crure h Imn pratiquée dans la partie remoni sée a b e, doit être placée en dedans du pied deux jambes. Ainsi armé, le vigneron saisit ! par le haut, en place l'extrémité dans l'échanci de façon que toute la partie de la pointe po qu foncer en terre soit au-dessous de k t, et, t pression du pied, l'échalas est planté (flg. 2aS

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