‹ La taille du rosier, sa culture, ses belles variétésChapitre 26 sur 69 · TAILLE DU R03ISH GREFFE · texte numérisé non relu

TAILLE DU R03ISH GREFFE

fortement à la vigueur du sujet. Pouf remédier à ces inconvénients^ on pince (coupe) à 20 centimètres le rameau de la greffe quand il a atteint 30 centimètres de longueur; ce pincement fait développer les yeux latéraux et forme plusieurs L rameaux au lieu d*un^ ce <|ui permet d'établir yne tête ^u [ sujet la première année.

Selon M. Margottin^ 11 est à remarquer que les rosiers tbé ne doivent pas être pinces comme ci-dessus^ par suite de leur mode particulier de végéter. Les yeux latéraux de la pousse priqcipale, se développant immédiatement avec force, sans y avoir été provoqués par le pincement, forment de cuite une tête au sujet.

Il est avantageux de supprimer les fleurs la première année, surtout sur les pieds de la rose du roi, dont les rameaux fleurissent tellement court, qu'ils ne forment le plus souvent ^ qu'une faible tête cette première année ; mais il faut se garder de couper ces fleurs avec une portion de rameau pour en former des bouquets, ce qui affaiblirait le sujet.

On a soin de supprimer les gourmands et drageons de Téglantier aussitôt leur apparition ; I4 promptitude de leur végétation est remarquable ; en deux ou trois jours ils atteignent 60 centimètres de longueur. Les binages superficiels ne seront pas épargnés pour tenir la sol net de mauvaises herbes.

En décembre^ les rosiers d'un ^n dç greffe sont déplantés ei mis en place dans Je jardin.

Une fois le rosier planté à demeuré dans le jardin^ on le taillera chaque année, dans le but de lui conserver une forme convenable. Ce rosier-tige devra former une boule de verdurp où les roses seront réguUèrepient réparties; pour obtenir ce résult^t^ on établira le rosier selon les principes suivants :

Formation du rosier greffé sur tige.

Il s'agit de faire développer chaque année sur celle tige un nombre convenable de rameaux florifères^ disposés régulièrelièrement en tête arrondie.

Une tête de rosier s'établit par la division annuelle de chaque branche en deux parties Jusqu'à Tépoque de sa formation complète; première année^ la tige; deuxième année> les deux pousses de la greffe ; puis quatre branches ; troisième année , huit branches. Ces huit branches étant obtenues^ on n'en augmente plus le nombre^ à moins que le rosier ne soit d'une vigueur exceptionnelle; elles sont le plus souvent suffisantes^ car elles développent chaque année trois ou quatre rameaux florifères, ce qui fait vingt -cinq rameaux pour une tête de rosier, si elle est de vigueur moyenne.

Une fois les branches en nombre convenable, on ne conserve qu'un rameau de taille sur chaque branche, puisqu'il ne s'agit plus de faire des divisions.

Nous avons dit que la coupe faite sur le rameau a pour résultat de le diviser, en faisant développer ses yeux terminaux en deux ou trois rameaux; si on voulait former trois branches avec ces trois rameaux, on ne les obtiendrait le plus souvent que de force inégale; la troisième, placée inférieurement, étant plus faible que les deux autres. Il ne faut donc pas établir chaque année plus de deux branches nouvelles sw une branche ancienne, une division par deux permettant seule de les obtenir de force égale et vigoureusement constituées.

Exemple : un rosier-tige a développé deux rameaux sur leS greffes (fig. 39); ces rameaux ayant été coupés en juin à vingt centimètres, ont développé chacun plusieurs rameaux ; on ne laisse à la taille que deux de ces jeunes rameaux par greffe, ce qui fait quatre en tout. La deuxième année (fig. 40), ces quatre rameaux développent chacun plusieurs rameaux ; on n en conserve à la taille que deux par division, ce qui fait pour le tout huit rameaux, formant huit branches, qui ne sont plus

TAILLE Di: ROSIËII GREFFE.

divisées les années suivantes; on conserve seulement à chaque taille le rameau le mieux constitué, le mieux placée et de préférence celui qui se trouve le plus rapproché de la base de la branche^ ce qui permet de réduire à chaque taille la longueur de cette branche (fig. 41).

Cependant, il ne faut pas chercher à trop raccourcir la branche^ en rabattant sur le vieux bois de plus de deux ans, les plaies seraient trop fortes et ruineraient la tête du rosier; on ne rabat le vieux bois sur les pousses gourmandes sorties de la base des grosses branches que si ces branches sont ruinées ou trop allongées.

Fig. 39. Rosier greffé, première laille. — Fig 40. Deuxième taille. Fig. 41. Troisième taille; tête complètement ToniK^e.

La formation de la charpente du rosier se réduit donc à ceci : première année, la tige; deuxième année, les deux pousses de la greffe, puis quatre branches; troisième année, huit branches, qui forment le vase parfait.

Par ce mode de conduite, qui est également suivi pour les arbres fruitiers établis en vase, on formera facilement au rosier-tige une tête régulière; mais, il faut l'avouer, il est rare qu*il soit pratiqué, faute d'être connu. Certes, nous n'exigeons pas qu'il soit toujours suivi à la lettre, cei*tains rosiers dont la

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première formation n*a pas été établie d*après ce principe ont une végétation trop irrégulière pour qu'il soit permis de Tap* pliquer rigoureusement; mais même en les taillant^ on doit s'en rapprocher le plus possible^ pour qu'ils puissent former une tête régulière. Communément^ on prend les branches où

Fig. li. Taille d'un rosier greffé.

elles se trouvent, on les taille très-court, on rabat fortement le vieux bois; aussi n'obtient-on le plus souvent qu'une tête irrégulière, couverte de plaies et de chicots desséchés.

Pratique de la taille d'un rosier formé.

On examine premièrement s'il se trouve un nombre convenable de rameaux vigoureux, circulairement placés pour former le vase; une fois choisis, on supprime tout le vieux bois qui les dépasse, et les rameaux inutiles, trop faibles, mal placés et en surplus (fig. 42).

TAILLI DO ROSIBE GRBI^FB. 143

Les brindilles seront toujours supprimées complètement^ car elles forment fouillis et ne déyelopperaient pas une yëgétation convenable. On ne les utilisera que s'il s'agit de garnir un ride.

On supprime également les rameaux et la portion de vieux bois qui dépassent le rameau utile ; les rameaux mal placés^ ceux qui se dirigent dans l'intérieur du vase^ ceux qui s'inclinent vers la terre, ceux qui partent du même empâtement > les chicots de vieux bois et les vieilles branches ruinées.

Les gourmands qui se sont développés à la base des branches et sur le bourrelet de la greffe seront également supprimés^ à moins qu'il ne soit avantageux de les utiliser pour remplacer les vieilles branches ruinées ou trop allongées.

Certaines personnes rabattent tous les ans la tête du sujet sur les gourmands de la base^ mais ce mode de conduite couvre le rosier de fortes plaies et en fait une véritable tête de saule. On ne doit suivre ce système que lorsqu'il est avantageux de reformer complètement la tête du rosier^ et se rappeler qu'il faut toujours éviter de faire des plaies sans nécessité.

Le rosier, une fois dégagé^ présente ses huit rameaux utiles^ disposés circulairement en vase ; on les taille tous^ à une égale hauteur^ sur deux ou trois yeux bien constitués (dix centimètres en moyenne] ; les rameaux placés plus bas sont taillés plus longs^ pour que leur coupe soit au niveau de celle des rameaux plus élevés.

Observation importante. — On établit habituellement la tête du rosier sur le collet de la greffe , et les tailles sont faites et s'accumulent sur ce collet. On cherche par celte pratique à concentrer la végétation ^ mais les plaies accumulées causent bientôt la ruine du sujet greffé (fig. 44). Qu'on examine les rosiers dépérissants^ on verra le triste état du bourrelet de la greffe; il n'est pas rare de voir dans les jardins les rosiers terminés par d'énormes chicots, sur lesquels végètent péniblement quelques pousses affaiblies.

Ayant reconnu en principe que pour les arbres grefl<!s (arbres fruitiers et autres) on devait éviter d'établir immé«

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