‹ La taille du rosier, sa culture, ses belles variétésChapitre 38 sur 69 · LE HOSIER FORGÉ · texte numérisé non relu

LE HOSIER FORGÉ

sette^ et les rosiers grimpants des Indes. Les hybrides remontants sont détruits par la gelée dans certains sols froids et humides^ parmi les plus rustiques^ nous citerons la baronne* prevost.

On butte de terre ou on recouvre d*un paillis la touffe des rosiers francs de pied des variétés peu rustiques. Les sujets greffés de ces variétés reçoivent le plus tard possible , à la veille des grands froids^ une première taille longue et provisoire; les rameaux sont liés pour en réduire le volume^ puis couverts d'un abri formé d'un cornet de papier goudronné. La paille sans le papier est pénétrée par les pluies^ et les rameaux souffrent fortement de cette humidité concentrée.

Quelques amateui*s inclinent la tête du rosier contre la terre^ Vy maintiennent avec des crochets de bois^ puis la recouvrent d'une butte de terre ; mais ce procédé est loin de valoir le précédent^ la tige se brisant quelquefois et les rameaux^ attendris par le contact de la terre^ se desséchant une fois remisa Tair à répoque des hâles du printemps.

Jouir pendant l'hiver des fleurs du printemps est un désir naturel à l'homme; aussi cherche-t-il à le réaliser lorsqu'il arrive à un point de civilisation tel, que le superflu devient pour lui le nécessaire. A l'époque de la puissance de Rome, comme de nos jours dans les cités modernes, dès que le luxe eut donné un débouché assuré aux produits de l'horticulture, on vit celle-ci se perfectionner d'une manière remarquable à ces deux époques si opposées, et produire les plus belles fleurs du printemps au milieu des rigueurs de l'hiver.

Les cultures forcées de la rose eurent à Rome une impor-

tance telle^ d*après le dire d'historiens dignes de foi^ qu'il serait difficile d'dtablir une comparaison avec celles qui se font de nos jours dans certaines villes de TEurope. Quelle que puisse être l'importance des cultures parisiennes^ il est certain qu'elles ne pourraient fournir en hiver la quantité de roses qui ornaient la moindre fête donnée par les empereurs romains; roses obtenues dans de vastes bâtiments chauffes par de nombreux conduits d'eau chaude, et probablement éclairés par des châssis garnis de talc ou de verre ; on sait que les verres à vitre étaient connus des Romains^ puisqu'il a été trouvé des châssis vitrés dans les ruines de Pompeï.

Au moyen âge, le seul exemple de culture forcée que Ion mentionne, est la fête donnée à Cologne en 1258 par Albert le Grand à Guillaume de Hollande, fête qui eut lieu dans le jardin couvert d'un monastère de celte ville , jardin d'hiver orné de fleurs épanouies et d'arbres fruitiers chargés de fruits.

Les Hollandais et les Anglais s'occupèrent de la culture forcée de la rose dès la fin du dernier siècle ; ils se servaient pour cette culture de châssis vitrés et de couches de fumier, mais les résultats obtenus par cette méthode étaient loin d'être parfaits, par suite de l'excès de chaleur donnée par la couche aux racines du rosier.

Sous l'Empire et la Restauration, la culture forcée du rosier se réduisait à fournir les fêtes de Thiver de quelques rosiers eu pots, généralement délicats et de peu de durée. Une rose remarquable par sa floraison et la facilité avec laquelle elle se force, la rose du roi, vint donner une certaine extension à cette culture, grâce surtout à l'introduction dans les serres du mode de chauffage à l'eau chaude.

Les principes de la circulation de l'eau chauffée furent découverts en 4777 par Bonnemain, physicien français, qui avait fondé à cette époque un établissement d'incubation artificielle d'œufs de poule, établissement qui fournissait de volailles, en hiver, la cour et les principales maisons de la ville.

Bonnemain, cherchant à chauffer d'une manière égale une chambre d'incubation à l'aide de tuyaux d'eau chaude, dé-

LE ROSIBR FORCé.

couvrit le mode de circulation de Teau, par lequel on peut chauffer avec un seul foyer^ et d*une manière égale ^ une serre ou un bâtiment d*une grande étendue. En \S09 , il fit la première application de ce chauffage dans une serre, et obtint des fleurs et des légumes au plus fort de Thiver. G^est à ce mode de chauffage par circulation que Ton doit les succès remarquables obtenus par nos horticulteurs; cependant ou était loin d*obtenir^ il y a une vingtaine d'années, des résultats

FIg. 52. Serre à forcer.

convenables du rosier forcé, par suite de l'excès de chaleur auquel il était soumis, il restait délicat, languissant, et ses fleurs retombaient flétries une fois à Tair libre.

Parmi les rosiéristes qui ont transformé cette culture, nous citerons M. LsTurenl, rue de Lourcine, à Paris, dont l'établissement comprend vingt serres, de plus de deux mille mètres de superficie, spécialement destinées à la culture forcée de quarante mille rosiers. Établies à un ou deux versants, sur

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six mètres de largeur» elles sont enfoncées en partie dans le sol et sont couvertes de châssis vitrés pouvant s'enlever à volonté (fig. 52).

A rintérieur» deux plates-bandes élevées et bordées de planches sont formées de terre franche de jardin et s*élèvent à un mètre du vitrage» dans le sens incliné do ce vitrage ; elles sont sépai'ées par deux passages étroits» indispensables aux besoins du service.

Vers la partie la plus basse de la serre, régnent deux tuyaux d'eau chaude superposés qui entretiennent une chaleur constante et modérée.

L'élévation des plates-bandes à un mètre du vitrage a pour eifet de faire jouir les fleurs de la lumière» indispensable à la floraison.

Les rosiers sont plantés à demeure dans ces plates-bandes ou introduits dans la serre au moment d'être forcés» s'ils sont en pots.

Préparation des rosiers avant Vépoque où ils doivent être forcés.

En novembre» les rosiers sont tirés des grandes cultures de la Brie; ils ont une année de greffe et sont gretfés sur églantier, à quelques centimètres de terre; ils sont mis en pots sitôt reçus, et en bonne terré franche» puis ces pots sont rangés en lignes dans une plate-bande du jardin, enfoncés rez terre et couverts d'un paillis.

A la fin de l'hiver, on taille ces rosiers sur deux on trois belles pousses» à dix centimètres de longueur environ» et à hauteur égale ; les rameaux en surplus, faibles et mal placés» sont supprimés rez la tige.

On donne de fréquents arrosements pendant l'été» puis on supprime les fleurs pour favoriser la végétation ; on se garde seulement de supprimer avec elles une portion des rameaux» suppression désastreuse à une époque de l'année où le rosier

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