‹ La taille du rosier, sa culture, ses belles variétésChapitre 41 sur 69 · PRÊTS A ÊTRE FORCES · texte numérisé non relu

PRÊTS A ÊTRE FORCES

surplus, mal placés et les faibles brindilles. On fait en sorte que les rameaux conservés soient placés circulairement en vase. Ce résultat est obtenu en retranchant les rameaux en surplus qui garnissent l'intérieur de ce vase. On taille long les rameaux conservés et à hauteur égale (t à 25 centimètres), afin d'obtenir une tête régulière et florifère. Cette taille est plus longue que celle qui se fait sur les rosiers en pots non forcés, afin que le rosier soit plus florifère.

La réussite de la culture forcée dépend surtout du soin que Ton prend de saisir à propos le point précis oii une variété est disposée à entrer en végétation. Si le rosier est chauffé à une époque où sa sève ne veut pas se mettre en mouvement, la chaleur de la serre n'agit pas sur lui, sa végétation est endormie, il s'habitue à cette température élevée, et ne se développe que tardivement et irrégulièrement. Tel rosier forcé ne donnera aucun résultat, qui, s'il était soumis quinze jours plus tard à cette culture forcée, se couvrirait de boulons au bout de quelques jours.

Si le rosier ne se développe pas immédiatement une fois forcé, on doit sortir les pots, même par la gelce, les laisser à l'air une quinzaine de jours, puis les remettre en serre, ce passage subit du froid à la chaleur ayant pour effet de mettre la sève en mouvement.

Les variétés sont plus ou moins disposées à entrer de bonne heure eu végétation : aussi la réussite de la culture forcée dépend-elle du choix de la variété et de l'époque où elle doit être forcée. M. Laurent possède une expérience consommée à ce sujet, expérience longue et coûteuse à obtenir, certaines variétés étant complètement rebelles à la culture forcée ou ne donnant que de mauvais résultats si elles sont chaufTées trop tôt. Nous citerons 700 rosiers général jacqueminoty qu'il a fallu jeter au feu après les avoir forcés sans succès.

Les variétés reconnues les plus avantageuses à la culture forcée sont, en commençant par celles qui entrent les premières en végétation, la rose de la reine, louise-^erronny , somvenir-de-la-^^eine-d'angleterre; puis, un peu plus idivà, triomphede-Vexposition, baronne-prevost, eijules-margottin, plus tardif.

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Les rosiers thé lamarquef $afrano, le bengale cramoisi mpérieur, l'île-bourbon souvenir-de-îa-malmaison ; puis les roses blaaches botzaris et madame -hardy. Beaucoup d'ile-bourbon ne valent rien pour forcer; leurs fleurs sont trop nombreuses sur le même pédoncule, et celui-ci est souvent trop court.

Pour les rosiers en pots, nous citerons la rose du roi, la rose de la reine, célina-dubos, aimé-vibert, la rose moussue et la baronne-prevost.

Les rosiers en pots et forcés, vendus communément sur les marchés de Paris, ne comprennent qu'un petit nombre de variétés : la rose du roi, la rose de la reine, aimé-vibert, persianyellow, le bengale cramoisi supérieur, le bengale pompon et le ^ouvenir-de-la-maîmaison .

Les rosiers en pots sont chauffés à partir du 15 septembre, et le contenu de la serre est renouvelé quatre fois en hiver, de six en six semaines, temps nécessaire pour obtenir une pleine floraison.

Les rosiers forcés en pleine terre donnent en moyenne trois récoltes d'hiver en fleurs coupées; la première, du l*^*^ novembre à janvier et la deuxième de janvier à mars; les roses de ces deux récoltes se vendent en moyenne 12 francs la douzaine; celles de la troisième récolte, d'avril à mai, diminuent de prix à mesure que la saison s'avance.

La récolte la plus belle s'obtient la deuxième année de plantation; elle diminue comme perfection les années suivantes ; aussi renouvelle-t-on le plant environ tous les trois ans.

Pratique de la culture forcée. Au moment de forcer, on introduit les rosiers en pots dans la serre; s'ils sont en pleine terre dans les plates-bandes de la serre, on ferme complètement tous les panneaux du vitrage, puis on ne les ouvre plus qu'en avril, évitant de donner de l'air jusqu'à cette époque. On a soin de boucher avec de la bouse de vache toutes les jointures de ces panneaux.

On n'abrite presque jamais le vitrage, la lumière étant indispensable pour obtenir des fleurs parfaites comme tenue et coloration.

On donne subitement une forte température (25 degrés)

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pour le départ^ le rosier supportant facilement cette tempëiature^ qui le dispose à entrer en végétation. Mais sitôt que les boutons apparaissent^ on la ralentit pour ne pas surexciter la végétation et étioler la fleur. On maintient alors une température égale de 12 degrés pendant le jour^ puis on rabaisse de 2 ou 3 degrés pendant la nuit.

Une fois les boutons prêts à s'épanouir^ on ne laisse qu'un bouton central à chaque corymbe de fleurs pour obtenir une rose solitaire et parfaitement constituée. On ébourgeonne avec sagesse les faibles brindilles feuillues qui ne fleurissent pas, n'enlevant que celles qui font confusion. Si on ne laissait que les rameaux florifères, on risquerait de leur faire prendre trop d'accroissement, par excès de sève.

Les drageons qui sortent des racines sont rigoureusement retranchés sitôt leur apparition. Les arrosements sont fréquents et modérés; trop abondants, la terre se refroidit par excès d'humidité, et la fleur avorte.

Une fois la floraison terminée, on sort les pots de la serre, et si les sujets paraissent d'une vigueur convenable, on les enterre dans une plate-bande du jardin, puis on couvre le sol d'un paillis pour activer leur rétablissement.

Les rosiers mis en pleine terre dans la serre sont découvertsfin avril jusqu'à l'hiver suivant, tous les panneaux vitrés étant alors enlevés jusqu'à l'époque où ces rosiers doivent être forcés à nouveau ; le plein air favorisant leur vigueur pendant la végétation d'été.

Telles sont les règles principales qui permettent d'obtenir d'admirables résultats de la culture forcée du rosier. Elles sont dues surtout à M. Laurent, qui a poussé cette culture à son plus haut point de perfection. On voit que ces règles sont simples et qu'elles se résument à donner subitement une température élevée au départ, puis, à la maintenir assez basse une fois que les boutons apparaissent, faire jouir le rosier du plus de lumière possible, ne jamais chauffer les racines, faire une taille raisonnée et assez longue, et surtout choisir les variétés propres à ce genre de culture^ et disposées à végéter à l'époque où elles doivent être forcées.

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