‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 138 sur 466 · Clém. II · texte numérisé non relu

Clém. II

7. L. du 13 juillet 1663, Clém. VIT, 40. Cf. let. à Colbert de Terron, I, 306. 8. M. C. 117, f° 224.

Fontenay ». Celui-ci répond le 4 octobre qu'il a déchargé la ville de Loches de 10001. « dont j'ay fait connoître aux habitans, ajoute-t-1l, qu'il vous avoit plu me donner ordre, sur la recommandation de M. le comte de Saint-Aignan! ».

Ses subordonnés et ses familiers ont recours à lui pour faire « considérer » leurs domaines : Marin lui fait adresser une recommandation à l’intendant de Montauban, qui répond : « Les paroisses de M. Marin sont traittées favorablement dans toutes les occasions, entr'autres dans l'imposition de l’année prochaine, et il a toutes sortes de raisons pour en estre satisfait. L'on continuera tousjours, à quoy je suis tout à fait disposé ? ». Il est probable que Marin, dont la correspondance est perdue, adressa directement bien des recommandations de ce genre aux intendants, ses subordonnés. M. de Hocqueville, président à la Cour des Aides de Rouen, utilise aussi ses relations avec le ministre pour faire soulager le bourg de Cany en 1665%. En 1683, il se plaint à nouveau que le bourg soit accablé à cause du soulagement accordé à la paroisse de Doudeville *.

Les autres ministres obtiennent des faveurs analogues pour leurs terres et celles de leurs parents et amis; ils semblent même le faire avec moins de gêne, n'ayant pas à se préoccuper des conséquences pour le Trésor. La correspondance de Letellier et de Louvois abonde en recommandations de cette nature: ainsi Louvois écrit à son oncle Dugué, intendant de Caen, Le 5 novembre 1661 : « Je vous suplie très humblement d’avoir la bonté de voulloir soulager autant qu'il vous sera possible la paroisse de Saint-Jean en Coural”’, de l'élection de Mortaing, lorsque vous ferez le département des tailles de la généralité de Caen. C'est une grâce que je recevray comme pour moy-même puisque je vous le demande à la prière d’une personne que j'honore parfaitement et à qui je serois trop aise de pouvoir rendre mes services. Si les miens vous pouvoyent estre un peu utiles je vous les offrirois de tout mon cœur ». Une autre fois il lui recommande les terres de Mme de Choisy’. À Leblanc il recommande les terres du duc de La Rocheguyon *, la paroisse de Mer-

1, M. C. 117, fo 415. Dans la même lettre il s’excuse de n'avoir pu « soulager la ville de Loudun que Mgr. l'archevêque de Paris considère... quoyque selon mon sens elle en ait plus besoin ».

2. L. de l’intendant Pellot, 10 déc. 1664, M. C. 126, f° 256. Pellot avait épousé une Madeleine Colbert.

Page 1