L. Delisle, Condition de la classe agricole, p
leur annexion à la zone, ce qu'elles considéraient comme un
grand privilège‘. Au temps de Colbert, la liste de ces paroisses privilégiées fut définitivement arrêtée : elles étaient au nombre de 29°; d'après le tableau dressé en 1709 par Saugrain, elles comprenaient 4 020 feux, soit de 15 à 20 000 habitants.
Dieppe n'a « jamais contribué au fardeau des tailles °»; par les lettres patentes du 26 septembre 1463, le roi s'était engagé à ne jamais y lever « tailles, impositions, gabelles, quatriesmes, et autres subsides quelsconques », en considération de la bonne conduite des habitants pendant la guerre, et aussi pour les engager à bien entretenir leurs fortifications “. Louis XIV à son
avènement avait confirmé cette exemption, en raison, disait-il,
« du bon et fidelle devoir que lesdits habitans et bourgeois ont tousjours fait, comme encore ils continuent, à la conservation de ladite ville sous notre obéissance Ÿ ». Le faubourg du Pollet avait été longtemps distinct de la ville, et encore au xvin° siècle 1l dépendait, pour le spirituel, de la paroisse de Neuville; mais Henri IV, en le faisant fortifier, lui avait accordé tous les privilèges de la ville, en 1589; cette concession avait été confirmée malgré l'opposition de l'archevêque de Rouen, seigneur de Dieppe‘, et les habitants jouissaient paisiblement de leurs franchises au temps de Louis XIV.
Le Havre avait été déclarée exempte dès sa fondation, pour développer son commerce, et l’édit de novembre 1640 l'avait exceptée de la révocation générale ?.
GRANVILLE était privilégiée parce qu'elle était une place forte importante. Charles VIT Jui avait accordé la franchise, et tous ses successeurs l'avaient confirmée; en dernier lieu l'arrêt du conseil du 18 août 1674 imposait en échange aux bourgeois de
1. V. P. Duchemin, Histoire de St-Etienne-du-Rouvray, Rouen, 1892, p. 33 et suiv., comment cette paroisse parvint, en 1571, à se faire annexer. En 1634, les commissaires au régalement des tailles avaient mission de réduire la banlieue à ses limites fixées par la coutume. (Arch. mun., Rouen, liasse 183, pièce 3). En 1635, un arrêt de la Cour des aides déclare comprises dans la zone « les maisons qui sont dans les bornes de l’ancienne mairie, et le reste du bourg de Dernetal » (Règlements de Normandie, p. 108). D’autres arrêts des 1% août 1653 et 28 janvier 1662 incorporent également Isneauville et Quièvreville-la-Milon (Mémoriaux de la Cour, à leur date). Cf. De Beaurepaire, Cahiers des Etats... 1. 1, p. 249-255.
2. V. cette liste dans Saugrain, Nouveau dénombrement du royaume.……, éd. 1735, 2€ part., p. ?, dans Duplessis, Description, t. I, p. 769, et la carte de l'élection de Rouen, dressée en 1683 par Lamotte (B. N. cartes, Ge DD 2093). Sur les avantages de ces paroisses, v. Vauban, Dixme royale, p. 59-61.