‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 71 sur 466 · B. N, fr. 8 759, f · texte numérisé non relu

B. N, fr. 8 759, f

DL. ce

leur faire quelque diminution‘. » Colbert montrant quelque scepticisme à l'égard de cette misère, Leblanc dut protester, le 9 août, de l'exactitude de ses informations : « Je scay bien que je suis dans un pays où l’on fait tout valoir et où il ne fault croire que ce qu'on voit; ainsi faites-moi, s’il vous plaist, la justice d’estre persuadé qu'ils ne m'en font point accroire ?». Par surcroit, la grêle vint. endommager les récoltes; le prix du setier de blé passa de 7 1. à 8 I. 10 s.°, et un incendie détruisit presque entièrement le bourg de Bolbec.

1677. — Le chiffre du brevet demeure encore le même la misère dans la généralité de Rouen s'aggrave; partout il y a des troupes à loger, la ruine est complète; 1l est indispensable de diminuer toutes les élections, sauf peut-être celle d’Arques, qui a été considérablement soulagée les années précédentes‘; nous n'avons aucun renseignement pour les deux autres généralités.

1678. — Une diminution notable a été accordée : par l'arrêt du Conseil du 7 juin 1678, le roi rappelle que la taille est tombée de 56 millions en 1658 à 40 millions en 1678; voulant encore « donner des marques de sa bonté paternelle envers ses peuples », il réduit le chiffre de 1679 à 34 millions‘; Rouen est soulagée pour sa part de 400000 I., Caen de 330000 1., Alençon de 250 000 1.. Dans les deux généralités de Rouen et de Caen, pour lesquelles nous avons des renseignements, la récolte est belle, la misère, sans disparaître, ne s'aggrave pas’; à Caen, le recouvrement de la taille demeure toujours « très difficile »°.

1679. — Le chiffre du brevet est le même que l’année précédente, mais l'hiver de 1678-79 a été rigoureux; les gelées ont commencé dès la fin de novembre et duré jusqu'à la fin de mars; une partie des terres dans la généralité de Rouen n'ont pu être ensemencées en bléf. Ensuite les pluies continues ont empêché de semer l'orge et l’avoine; en mai, à Bernay, le boisseau de blé pesant 63 livres vaut 61.4 s., c’est-à-dire le double de ce qu'il valait l’année précédente. Vers le même temps à Mortagne le boisseau pesant 104 livres vaut 11 1. ;1ilest vrai qu'au 15 juin 1l est redescendu à 7 1. 10 s.; mais c’est encore un prix

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