L. de Morangis à Colbert, 27 mai 1679, A. N., G
de famine‘. A la fin de l’année dans la même généralité, d’après un tableau envoyé par l’intendant le 4 décembre, les 100 livres de blé valent jusqu'à 6 1. 3 s. dans l'élection de Lisieux ?.
Les manufactures établies dans la généralité d'Alençon sont uniformément en baisse; à Alençon où l’on fabrique plus de 100 pièces de toile par semaine valant en moyenne 70 livres chacune, les prix ont baissé d’un quart depuis six ans, le fil est devenu plus cher parce que les marchands étrangers viennent l'acheter depuis que le privilège de la manufacture des points de France a cessé, les ouvrières se relâchent, et leurs ouvrages sont moins beaux; or ce travail faisait vivre non seulement la ville d'Alençon, mais toute la campagne environnante : au total plus de 10000 personnes. Dans l'élection d'Argentan, le commerce du cuir qui produisait jadis 80000 1. par an est diminué à cause des droits de tarif, de marque, de contrôle, établis depuis six ans : «Il y avoit 60 maîtres tanneurs, il n’en a plus que 40 et il ne s'en vend que pour 50 000 1. »: la ville de Bernay qui « estoit riche autrefois, présentement est pauvre et dépeu-
lée. elle ne se maintient que par le commerce des chapeaux et bas de laine ». L'élection de Conches a peu de commerce, «il n’y a point d'élection dans la généralité où le recouvrement de la taille me paroisse plus dificile ». La ville de Domfront «est si peu de chose qu'elle ne mérite pas qu'on parle de son comerce ». L'élection de Lisieux, qui à un terroir très fertile et fait le commerce des toiles et des frocs, est appauvrie : la manufacture de toiles est gènée par les procès que les maitres toiliers intentent aux particuliers « qui espousent leurs veuves et prétendent se servir de leurs privilèges » ; la ville à été dépeuplée par le passage des gens de guerre, mais « elle commence à se remettre en bon estat ». L'élection de Verneuil. quoique le sol en soit très fertile et le débit des produits fort aisé, « n’est