CHAPITRE XIV
Jason, etc.) Les tapisseries désormais n’avaient plus rien qui les distinguat des tableaux 4 Vhuile.
En étudiant, dans le recueii de statuts imprimé
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LES AVENTURES DE DON QUICHO1VE D’aprés Charles Coypel. Gobelins, xvmue siécle, (Au Garde-Meuble.) »
en 1756 par ordre de la corporation, le portrait du parfait tapissier, tel que le concevaient, dans leur ambition
naive, les haute ou basse lissiers parisiens, on ne peut se
défendre d’un sourire de commisération : « toutes le
professions, est-il dit, supposent dans ceux qui les exer cent des talents relatifs et proportionnés; quelqu
la proportion, principalement celles de Parchitectu é de la perspective, quelques principes d’anatomie gout et la correction du dessin, du coloris et de nuance, Vélégance de Pordonnance et la noblesse l’expression en tous genres et en toutes espéces : ‘figur humaines, animaux, paysages, palais, batiments” ‘rust ques. statues, vases. bois, plantes. et fleurs de toute: espéces; il doit joindre encore a ces connaissances cell de Vhistoire sacrée et profane, faire une juste applica: tion des régles de la bonne fabrique, et le discernement de ce qui opére la beauté du grain et du coloris, c’es a-dire les diverses qualités des soies, laines et tenture an qu’il faut souvent rabattre, rehausser ou changer d’ceil, raison pour laquelle il leur a toujours été. ae de teindre eux-mémes les étoffes qu’ils emploient?!... ee Les incitations d’Oudry, on Ae voit, avaient male tout porté leurs fruits. ae Le successeur dOudry avait tant de gout et ca que pendant longtemps on continua de glisser sur cette pente fatale sans s’en apercevoir. Les entrepreneurs applaudirent bruyamment au choix de Francois Bouche.
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1. W. Chocqueel, Essai sur Vhistoire et la situation actuelle de Vindustrie des tapisseries et tapis. Paris, 1863, p. 46-47.
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LA BALANGOIRE.
D’aprés Boucher, Manufacture de Beauvais, xvime siéele, (Au Garde-Meuble.)
comme inspecteur des Gobelins (1755). Si le nouveau venu partageait les idées d’Oudry sur les rapports de la tapisserie avec la peinture, par contre la nature méme de ce talent facile, élégant, si propre a la décoration, favorisait bien des illusions: on ne s’arréta pas a la difficulté que présentait la traduction de ses chairs nacrées, de ses nuances grises, s’éloignant si étrangement de la gamme traditionnelle; séduits par son art, tout ensemble faux et charmant, les tapissiers n’hésitérent pas aemployer des couleurs fugitives, ces couleurs mises 4 leur disposition avec plus de zéle que de prudence par Vinfatigable Neilson. Qu’arriva-t-il? au bout de peu de temps, Vharmonieux accord des premiéres années se rompit; tandis que de certaines parties conservaient leur éclat primitif, d’autres s’éteignaient graduellement. Les plus belles piéces se trouvérent rapidement déparées par de profondes altérations dans le coloris.
On ne songeait guére au lendemain, en ce temps. Les contemporains se déclarérent enchantés des résultats immeédiats.. En fallait-il davantage? Les cartons dont Boucher enrichit la fabrique firent rapidement fortune: c’étaient Neptune et Amymone, Vénus aux forges de Vulcain, Vertumne et Pomone, Aurore et Céphale, Venus sur les eaux, tous de forme ovale, s’ajustant dans un encadrement de fleurs ou d’autres ornements. Puis venaient la Péche, les Diseurs de bonne aventure, Psyché et Antour, Aminthe et Sylvie, les Confidences, sans. compter de nombreux tableaux représentant des Amours, des Enfants jouant, les Génies des arts.
1. Notice historique sur les manufactures nationales de tapisse~ ries des Gobelins et:de tapis de la Savonnerie, éd. de 1873, p. 43-