CHAPITRE VII
Néanmoins, pour le xm siecle comme pour le xu, nous pouvons établir l’existence de véritables tapisseries, grace 4 des informations de sourte étrangére, informations dont les historiens de l’art textile n’ont jusqwici pas eu connaissance. Vers 1200, Agnés, abbesse de Quedlimbourg, exécuta, assistée de ses nonnes, une tenture destinée a la décoration du chceur de son église. Elle choisit pour sujet le Mariage de Mercure et de la Philologie, d’aprés Marcianus Cappella, sujet que nous avons déja rencontré sur une aube brodée pour le couvent de Saint-Gall. Kugler apprécie comme suit cet ouvrage qui existe encore et qui, il le déclare formellement, est tissé (in Wolle gewirkt) : « Le style est inégal (les cartons sont évidemment dus a deux artistes différents); tantét il se rapproche du style courant de
cette époque, tantdt, malgré de certaines réminiscences
byzantines, il s’éléve 4 une telle perfection de formes, a une telle harmonie de proportions, 4 une telle noblesse, A une telle science de la draperie que l’on croit y reconnaitre la manifestation d’un art parvenu 4 son apogée. »
Quelques lustres plus tard (aprés 1220), l’abbé Albert fit exécuter, dans le couvent de Wessobrunn, deux tentures (tapetes... picture mirabilis et variz texture), dont Pune représentait les Vistons de saint Jean.
Quant aux tapis de pied exécutés dans la seconde moitié du xm siécle par Jeanne, abbesse du couvent de Lothen, prés de Minden, en Westphalie, ils étaient brodés (acu artificiose depicta), non tissés. Ils représentaient la Fondation du couvent de Lothen.
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