CHAPITRE Ix
Charles le Téméraire, qui, trouvées sur le champ de
bataille, fournirent aux Suisses vainqueurs le plus riche trophée de leur victoire. L’Angleterre, l’Espagne et lItalie ne tardent pas, a cet égard, a rivaliser avec les rois de France et les ducs de Bourgogne. A Rome, la grande procession par laquelle le pape nouvellement élu inaugure son régne tire son plus vif éclat des tapisseries exposées sur le passage du cortége, depuis le Vatican jusqu’au Latran, A Ferrare et a Venise, on se plait 4 orner des plus précieux. tissus de -gigantesques bucentaures. A Mantoue, des tentures d’or et des verdures prennent place sur la scéne du théatre, a cété des admirables cartons de Mantegna, le Triomphe de César. Partout, du nord au midi, on voit les cités les plus humbles se pavoiser, comme par enchantement, de tentures historiées, pour recevoir un général vainqueur, ou un prince allié. C’est qu’aucun autre ornement ne se serait prété 4 des combinaisons aussi multiples que ces peintures mobiles, flottantes, en quelque sorte animées.
Sil n’est guere de manifestation de la vie religieuse, militaire, civile, dans laquelle la tapisserie ne soit intervenue au xv° siécle, on aurait aussi, d’autre part, de la peine a découvrir un sentiment ou une idée qu’elle ne se soit pas appliquée a mettre en ceuvre: dévotion, patriotisme, besoin de magnificence, curiosité, réverie, scepticisme méme, tout est de son domaine; elle nous fait passer en revue tous les ordres possibles de représentation, depuis les hautes conceptions philosophiques jusqu’aux scénes de la vie quotidienne. Aussi est-ce delle etnon ala peinture 4 Vhuile ou a fresque que nous de-
LAT TAPTSS ERIE:
vons l’image la plus fidéle et la plus complete de la société contemporaine; je ne connais, pour cette période, aucun art qui l’ait égalée par son universalité. On en jugera par les quelques titres suivants, que j’emprunte
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