SCÈNE XX
FLORINE, puis MADAME D’HARVILIE.
FLORINE, sortant de chei madame d’Harville.
Tiens ! Isidore et M. Roland qui s’en vont bras dessus bras dessous, comme une paire d’amis. M. Roland a quelqu’ou-
vrage à faire copier... ou bien il veut apprendre la clarinette pour plaire à Madame... quand il sera son mari...
MADAME n'ü AH VILLE) entrant sur les derniers mots.
Mademoiselle, je ne veux plus entendre parler de mariage avec personne !...
FLORINE, à part.
Bon ! voilà le temps revenu à l’orage.
MADAME p’HARMLLE.
C’est trop de tourment... d'humiliation... Ce jeune homme!... après ce que je lui avais dit... car, touchée de son amour, je lui avais donné un espoir... Oh ! je ne puis croire à un manque de cœur... et s’il a faibli devant la provocation de M. Roland... c’est par indifférence... c’est qu’à ses yeux je ne mérite pas d’être disputée au prix d’un péril !
FLORINE, approchant’.
Faut-il préparer la toilette de Madame, pour l’Opéra?
MADAME d’HARVILLE.
L’Opéra!... je n’y vais pas.
FLORINE**
M. Roland doit venir chercher Madame.
MADAME d’HARVILLE, s’aoeyant & droit*.
S’il vient, vous lui direz que je n’y suis pas.
FLORINE
Et si M. Lucien se présente ?
MADAME d’HARVILLE.
M. Lucien !... Oh ! il ne viendra plus.
DM D0MESTIQ0E, entrant du fond avec une lettre.
Madame...
MADAME D’HARVILLE
Qu’est-ce?...
FLORINE, qui est allée prendre la lettre.
C’est une lettre de la part de M. Roland. (Le domestique sort. Florine apporte une lettre qui est très-grande.)
MADAME O'haRVILLE.
Que peut-il m’écrire?... Mais c’est une dépêche ministérielle. (Elle défait l’enveloppe et elle lit.) Que vois-je!... (Se levant.)
Ah ! c’est bien ! et moi qui doutais de lui !
FLORINE
De M. Roland?...
MADAME D’HARVILLE
Oui, M. Roland, qui m’écrit. (Lisant : ) « L’homme que vous « me préférez et que vous avez chargé de retirer votre pro- « messe, est ici chez moi, me donnant le choix entre un duel « et uu désistement... Grâce au ciel, j’ai fait mes preuves, « mon courage n’est pas douteux, mais puisque votre cœur
* Madame d’Harville, Florine.
** Florine, madame d’Harville.