II. — La représentation diplomatique et consulaire
Les légations de la République tchécoslovaque se répartissent actuellement, de fait, en trois catégories. Les unes sont gérées par des ministres : Belgrade, Berne, Bruxelles, Bucarest, Copenhague, La Haye, Londres, Paris, Rio-de- Janeiro, Rome (Quirinal et Vatican), Tokio, Varsovie et Washington. D'autres, Berlin, Sofia et Vienne n'ont provisoirement que des chargés d'affaires. A Budapest et à Constantinople, enfin, le gérant de la légation porte encore le titre de délégué du gouvernement. Quand tous les traités qui ont mis fin à la guerre seront ratifiés, il est probable que tous les postes diplomatiques seront également confiés à des ministres. Le consulat général de Madrid, les consulats de Rjeka (Fiume) et de Buenos-Aires, situés dans les États où la Tchécoslovaquie n'entretient pas de légations, doivent être cités à côté des postes diplomatiques (Madrid est en train de devenir légation). Les autres sont purement consulaires : consulats généraux à Paris, Hambourg et Dresde, Belgrade et Ljubljana, New- York, Opole (Oppeln), Sidney, consulats, entre autres, à Lyon, Alexandrie d'Egypte, Milan et Gênes, Zurich, Bombay, Munich, Francfort et Vladivostok.
Le corps diplomatique de Prague comprend dix ministres
(Belgique, Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Roumanie, Royaume des Serbes, Croates et Slovènes) et le nonce du pape ; de plus quatre chargés d'affaires, Allemagne et Autriche, Bulgarie, Pologne. La Suisse n'avait à Prague jusqu'ici qu'un consulat, qu'elle vient d'ériger en consulat général, la Hongrie qu'un bureau des passeports. La France a un \ice-consulat à Bratislava, la Grande-Bretagne y a un consulat et un autre à Prague, la Yougoslavie un consulat général à Prague, l'Allemagne et les Pays-Bas des consulats à Brno.
Les indications essentielles sur la diplomatie tchécoslovaque ont été données ci-dessus, pages 49 et 50.
IIL — Les voyages en Tchécoslovaquie.
Les chemins de fer tchécoslovaques ont trois classes pour les voyageurs, organisées comme en Allemagne : les compartiments de troisième classe à dix places, ou huit dans les voitures à couloir, ceux de seconde à huit ou six, ceux de première à six ou même quatre ; il y a souvent des demicompartiments, de trois places en seconde, trois ou deux en première. Le matériel qui a fait la guerre est assez fatigué, la couverture des sièges et des dossiers disparate et parfois réduite à une assez simple expression, l'éclairage discutable ; celui qui a été sérieusement réparé, et surtout celui qui a été construit depuis l'indépendance, soutient sans désavantage et parfois avec succès la comparaison avec le nôtre.
Il circule dans certains express de grand parcours des vagons-lits de première et seconde classe de la Compagnie internationale, et des vagons-restaurants.
Les tarifs ont été relevés à diverses reprises. Us sont calculés par zones, de longueur croissante, de 2 ou 3 kilomètres jusqu'à 50, de 5 entre 50 et 100, de 10 entre 100 et 250, de 25 ensuite jusqu'à 400, de 50 au delà. La seconde classe coûte le double de la troisième, et la première le double de la seconde. Pour l'usage des express, les voyageurs ont à payer un supplément fixe, gradué en cinq échelons : il majore le prix du billet dans des proportions décroissantes,
de 1330 % au premier échelon de la première zone jusqu'à 20 % dans la dernière. Pour les trains de luxe, le prix du billet est encore majoré de 50 %, indépendamment du supplément spécial payé à la Compagnie des wagons-lits.
Aucune franchise de bagages n'est accordée. La taxe est d'environ 0 cour. 20 par 10 kilogs et 10 kilomètres. Pour les trains express, elle est majorée de 50 %.
Les hôtels des grandes \illes répondent en général à l'attente des voyageurs habitués à nos bons hôtels de second premier ordre. On s'étonne d'en trouver quelques-uns, dans des villes secondaires, qui l'emportent de beaucoup sur ceux de centres plus importants. Dans les petites villes, si la propreté est généralement suffisante, le confort et l'élégance laissent presque toujours à désirer. La Slovaquie est, à ce point de vue, en sensible retard sur la Bohême. Les stations climatiques ou thermales ont des palaces qui rivalisent avec les plus fameux de l'univers, et aussi de très bons hôtels, moins luxueux et tout aussi confortables.
L'industrie hôtelière est une de celles qui promettent à des réformateurs entreprenants les meilleurs résultats. Prague a vu s'ouvrir récemment son premier hôtel vraiment moderne, et ce n'est sans doute qu'un début.
L'étranger qui pénètre dans un restaurant est souvent frappé de l'air de brasserie allemande qu'il y remarque, et notamment d'un certain laisser-aller dans la tenue des dîneurs. C'est un reste de l'ancienne atmosphère provinciale, qui disparaîtra à mesure que la Tchécoslovaquie sentira plus profondément le soufïle des grands courants de la circulation européenne. La cuisine tchèque ne peut être vraiment appréciée que dans les maisons particulières, où on en conserve toutes les finesses ; mais elle est dans la plupart des restaurants fort honorable. Les soupes, les boulettes de farine (knedlik, pluriel knedliky) que l'on accommode de toute manière, notamment au lard ou aux prunes, le porc rôti à la choucroute sont ceux de ses produits avec lesquels le voyageur étranger entre le plus souvent en contact. Dans ce pays de fruits les compotes et les confitures sont naturellement abondantes et bonnes ; les entremets et la pâtisserie sont des spécialités justement appréciées.
Des syndicats d'initiative s'organisent dans nombre de
villes et de régions. Ils faciliteront l'œuvre des grandes associations qui ont pris à tâche d'attirer les voyageurs étrangers dans la République. Leur action est centralisée par l'Union tchèque des Syndicats d'initiative et l'Office des étrangers à Prague. La Slovaquie a son bureau spécial de renseignements à Bratislava. Les consulats tchécoslovaques et certaines agences de banques ou de voyages peuvent à l'étranger, ou fournir eux-mêmes des renseignements précis ou indiquer à quelles sources les puiser.