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CHAPITRE XV

106. Moteurs asynchrones à collecteur. — On sait que, dans un moteur à courant continu excité en série, si Ton inverse le sens du courant aussi bien dans l'inducteur que dans l'induit, la direction du couple moteur ne change pas et le moteur continue à lourner dans le même sens. On peut donc alimenter un moteur à courant continu excité en série avec un courant alternatif, à la condition toutefois que le noyau de Tinduclcur soit feuilleté.

Ce genre de moteur présente l'avantage, que n'ont pas les autres moteurs à courant alternatif simple, de démarrer spontanément en développant un couple moteur énergique. Mais, par contre, par suite de sa grande self-induction, il a un facteur de charge très faible qui diminue considérablement la puissance qu'il pourrait développer s'il était alimenté par du courant continu. De plus, les variations périodiques du courant produisent de fortes réactions de self-induction qui donnent lieu à une considérable production d'étincelles au collecteur, lors du démarrage.

Comme ce moteur peut fonctionner à n'importe quelle vitesse, il rentre dans la catégorie des moteurs asynchrones.

D'après ce qui précède, on voit que les moteurs de ce type ne peuvent ôtre considérés comme des moteurs industriels, parce qu'ils manquent, entre autres parmi les qualités requises.

de celle d'avoir un bon rendement. Toutefois, il est certains cas dans lesquels ils peuvent ôtre utilisés : par exemple, lorsqu'il s'agit d'obtenir un travail intermittent, tel que le fonctionnement d'un ascenseur, d'un monte-charge ou le démarrage de grands moteurs synchrones ou autres. La question de rendement est alors absolument secondaire et Temploi de ces moteurs se trouve parfaitement justifié, puisqu'il permet d'éviter toute complication dans l'installation.

Tout ce qui précède concerne le fonctionnement d'un moteur à courant continu, excité en série et alimenté par un courant alternatif simple de fréquence ordinaire (40 à 50 périodes par seconde). De récentes expériences systématiques, effectuées par le D'' Finzi de Milan, ont permis de constater qu'en diminuant convenablement la fréquence jusqu'à 15 à 20 périodes et en construisant le moteur de manière que la réluçtance du circuit magnétique correspondant au flux de l'induit soit très grande, la production d'étincelles au collecteur est réduite dans des proportions qui la rendent pratiquement acceptable, et le facteur de puissance, pour une charge normale, atteint presque celui du moteur d'induction polyphasé.

Dans ces conditions, il est à prévoir que le moteur à collecteur, excité en série et alimenté par du courant alternatif simple à basse fréquence, est susceptible de se prêter à des applications importantes, d'autant plus qu'il réaliserait le type de moteur idéal pour la traction électrique. En effet, ce moteut réunit tous les avantages que présente le moteur à courant continu et cela sans aucune exception; de plus, il peut être alimenté directement par une canalisation à haute tension, sans qu'il soit nécessaire d'abaisser la tension du courant, avant son arrivée au moteur, à l'aide d'un transformateur installé sur la voiture. Enfin, lors du démarrage, il y aurait très peu d'énergie perdue en employant une bobine de réactance ayant un nombre de spires que l'on peut faire varier à volonté pour réduire la tension au lieu d'utiliser la résistance ohmique ordinairement employée avec les moteurs à courant continu.

Les moteurs asynchrones à courant alternatif simple peuvent fonctionner également lorsqu'ils sont excités en dérivation; ils nécessitent alors certaines dispositions spéciales afin d'éviter que le retard de phase produit par l'inducteur, qui ditFère de celui dû à Tinduit, ne nuise au développement du couple moteur.

107. Moteurs asynchrones d'induction à courant alternatif simple. — C'est Charles Brown qui, ïe premier, a pu construire pratiquement des moteurs à courant alternatif

simple, en appliquant les mêmes procédés que ceux qui sont suivis dans la construction des moteurs polyphasés. Le stator est identique à ceux des moteurs à champ tournant, mais ne comporte, qu'un seul enroulement {fig, 204) qui produit un champ alternatif; le rotor, également identique à ceux des moteurs à champ tournant, marche à une vitesse angulaire se rapprochant de très près de celle du synchronisme et développe un couple moteur toujours de môme sens.

Plusieurs électriciens, et principalement Galileo Ferraris, ont donné une explication du fonctionnement de ce type de moteur qui, comme on va le voir, doit se comporter exactement comme un moteur à champ tournant, sauf en ce qui concerne le démarrage.

On a déjà exposé (§ 95) qu'un champ magnétique alternatif peut être considéré comme formé par la superposition de deux champs magnétiques, tournant en sens contraire et avec la môme vitesse angulaire, chacun d'eux ayant une intensité maximum égale à la moitié de l'intensité maximum du champ alternatif. Soient  et B ces deux champs magnétiques.

Si un rotor en court circuit est disposé dans un champ alternatif, de manière qu'il soit soumis à l'action des flux pro-

duits par les deux champs composants tournant en sons contraire, animés de la môme vitesse angulaire et ayant môme intensité, les courants induits dans le rotor se neutralisent réciproquement et il ne se développe pas de couple moteur. Ce fait peut, du reste, s'expliquer sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à l'hypothèse de la décomposition du flux alternatif. Le rotor en court circuit, par suite de sa faible résistance, se comporte vis-à-vis du flux comme un véritable écran magnétique; par suite, les courants induits ayant même fréquence que le courant inducteur (le rotor étant encore immobile) donnent naissance à un flux alternatif qui paralyse complètement le premier en ce qui concerne le couple moteur.

Mais, si Ton vient à mettre le rotor en marche par un dispositif quelconque, les deux champs magnétiques tournants, A et B, se comportent alors de tout autre manière. Les courants induits ne se neutralisent plus, parce que les déplacements du rotor, par rapport aux deux champs, ne sont pas les mêmes. Il s'ensuit qu'il se développe deux couples moteurs, l'un dans le sens du mouvement initial imprimé au rotor, l'autre en sens inverse. Le premier, qui correspond au décalage le plus faible, par rapport au <;hamp A qui tourne dans le même sens, reste plus grand que le second, parce que le moteur augmente graduellement sa vitesse jusqu'au moment où il atteint presque celle du champ A qui tourne dans le même sens, mais cette vitesse reste toujours au-dessous de la vitesse de ce dernier.

Il est facile de voir que, dans ces conditions, le second couple moteur reste mil ou presque nul. C'est pourquoi, une fois la vitesse normale atteinte, le rotor tourne, par rapport au champ B, avec une vitesse angulaire qui est presque le double de celle qui correspond au synchronisme. Ce champ B induit dans le rotor des courants de fréquence environ deux fois plus grande que celle des courants alimentant le moteur; ces courants produisent un champ qui, pratiquement, paralyse le champ inducteur B au point de vue du couple moteur, c'est-à-dire que le rotor se comporte vis-à-vis du champ B

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presque comme un écran magnétique, une foFs la vitesse normale atteinte.

Il ne reste donc, comme champ inducteur véritablement utile, que le champ tournant A; Ton peut dire qu'un moteur à courant alternatif simple, une fois démarré, fonctionne presque comme un moteur à champ tournant. L'intensité du champ A est la moitié de Tintensité maximum du champ alternatif produit par le stator. Comme conséquence immédiate, on peut déduire de ce fait qu'un moteur à courant alternatif simple, à égalité de puissance et pour une même vitesse angulaire, doit

avoir des dimensions plus grandes qu'un moteur polyphasé, puisqu'il faut fournir à son stator un nombre d'ampères-tours beaucoup plus grand que celui qui serait nécessaire pour produire un champ tournant véritablement actif.

On peut démontrer aussi d'une autre manière qu'un champ alterp,Q 205. natif se compose de deux champs

égaux tournant en sens inverse ou, réciproquement, que deux champs d'intensité égale, tournant en sens opposé, produisent un champ alternatif de fréquence identique.

On constitue l'enroulement d'un stator ordinaire avec quatre spires ou quatre bobines 1 1', 2 2', 3 3', 4 4' {/ig. 205). On fait passer dans les deux premières un courant alternatif de manière que les flux aient la môme direction et produisent, par suite, un flux alternatif d'une intensité maximum égale à 2 *. Sur les deux autres, on fait passer un second courant alternatif, décalé de 1/4 de période par rapport au premier, mais de même intensité et on relie les bobines de manière que le courant les traverse en sens opposé; on arrive ainsi à obtenir que le champ produit par ces bobines soit <I> — fl> == 0. Le champ résultant produit par les quatre bobines se réduit donc à celui que développent les deux pre-

mières, c'est-à-dire à un champ alternatif d'intensité maximum égale à 2 4>.

Mais si, sans rien modifier, on compare laclion des courants qui passent dans la bobine 1,1' avec celle des courants qui passent dans les bobines 3, 3', on voit que Faction combinée des deux champs alternatifs produits par ces bobines développe un champ tournant dans un sens, par exemple à droite, et ayant une intensité constante 4>. De môme, Taclion produite par les champs alternatifs dus aux bobines 2, 2' et 4, 4' développe également un champ tournant, mais en sens inverse, par conséquent à gauche, dont Tintensité constante a aussi pour valeur 4>.

En résume, on peut dire que, dans un stator où se produisent deux champs tournants ayant même intensité, animés d'une vitesse angulaire égale, mais de sens contraire, il se développe un champ alternatif unique ayant une intensité maximum 2 <ï>. Réciproquement, un champ alternatif développé dans un stator et ayant une intensité maximum 2 <I> est équivalent à deux champs tournant en sens inverse avec la même vitesse angulaire absolue et ayant chacun une intensité constante de valeur *.

108. Construction des moteurs à courant alternatif simple. — Ce qui a été dit dans le chapitre précédent, à propos des moteurs polyphasés, dispense de donner de grands détails sur la construction des moteurs k courant alternatif simple. Il suffit de faire remarquer que, pour obtenir un couple moteur constant, il faut que le flux tournant utile, dans son mouvement, rencontre une réiuctance également constante; c'est pourquoi, de môme que dans les moteurs polyphasés, la superficie interne du stator doit être presque continue et ne pas présenter de pôles saillants comme le sont ceux des moteurs à courant continu. De plus, il faut éviter, autant que possible, les fuites magnétiques et se placer toujours dans les conditions où l'on opère pour les transformateurs, en logeant les conducteurs dans des trous ou rainures, de manière à réduire

l'eDtrefër jusqu'à la limite admissible par les exigences de la construction.

Pour Tenroulement du stator, chaque section ne doit pas seulement occuper deux trous placi^s à l'extrémité d'un môme

diamètre, mais bien ôtro répartie dans un certain nombre de trous, toujours pour arriver à diminuer les fuites magnétiques. Les fils constituant les conducteurs . actifs de cet enroulement doivent être repliés sur les bords de Tanneau formant le noyau du stator, afin que le rotor puisse être mis en place de l'extérieur avec la plus grande facilité.

Rarement un moteur de ce genre est bipolaire, c'est-à-dire ne comporte qu'un seul champ alternatif; il est généralement multipolaire {fig, 206), présentant ainsi plusieurs champs alternatifs, ce qui permet de réduire proportionnellement la vitesse normale du rotor. La figure 206 représente le stator d'un moteur tétrapolairc.

A cause du démarrage, l'enroulement du stator est plus ou moins compliqué ; de même Tenroulement du rotor, pour le môme motif, peut être muni d'un enroulement spécial; pour les petits moteurs, l'enroulement du rotor peut être du type à cage d'écureuil [fig. 194).

L'insertion de résistances, lors du démarrage, dans le circuit du rotor est indispensable pour les moteurs de puissance supérieure à 5 chevaux.

FiG. îiX'..

109. Dispositions particulières pour le démarrage des moteurs d'induction à courant alternatif simple. — Les

dispositifs imaginés pour faciliter le démarrage de ce type de moteur peuvent être rangés en deux catégories : Tun dans lequel le moteur est transformé en moteur du type à collecteur, Tautre dans lequel il est transformé en moteur à champ tournant.

Dans le premier cas, le rotor comporte un enroulement en anneau ou en tambour avec collecteur; c'est, en somme, un . véritable induit de dynamo à courant continu (moteurs Walker et Ganz, fig. 207). Pendant le démarrage, deux balais appuient sur le collecteur

et le courant qui traverse le stator passe également dans le rotor; le moteur fonctionne ainsi comme un moteur excité en série (Voir § 106). Dès que la vitesse du rotor a pris une certaine valeur, les balais sont soulevés à la main ou automatiquement à Taide d'un dispositif à force centrifuge ; le courant ne passe plus alors que dans Tinducteur et le moteur fonctionne comme un moteur d'induction.

D'autres constructeurs ajoutent sur le rotor un enroulement supplémentaire dont les extrémités sont reliées au collecteur; cet enroulement, aussitôt les balais soulevés, ajoute son action à celle de l'enroulement principal. Le rotor, dans ce cas, peut être du type à cage d'écureuil ou du type à enroulement comme celui des véritables moteurs à champ tournant.

Ces dispositifs sont utilisés lorsque le démarrage doit s'effectuer sous ime certaine charge et ne s'appliquent qu'aux moteurs dont la puissance ne dépasse pas 10 à 15 chevaux.

Lorsqu'il est possible de faire démarrer le moteur à vide,

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on n'emploie plus les dispositifs qui viennent d'être décrits et qui compliquent notablement la construction du rotor; Ton obtient alors le démarrage en produisant un véritable champ tournant et, à cet effet, on fait passer dans Tenroulement du stator deux courants alternatifs décalés de phase.

C'est pourquoi, si le moteur est multipolaire, et c^estlecas le plus fréquent, le stator comporte plusieurs séries de bobines. Ainsi, dans un moteur tétrapolaire (fig. 206), il y a généralement deux séries de bobines décalées de 90** Tune par rapport à l'autre. Lorsqu'on peut disposer d'un second courant alternatif, décalé de 1/4 de période par rapport au premier, en faisant passer chacun d'eux respectivement dans une des séries de bobines, on obtient un véritable champ tournant et le moteur devient un véritable moteur polyphasé possédant tous les avantages qui ont été déjà signalés. Le démarrage obtenu, on met Tenroulement dans les conditions normales en y faisant passer un seul courant. Le plus souvent, on préfère disposer sur le stator nn circuit spécial, dit circinl de démarrage y dans lequel on fait circuler le second courant décalé, circuit que Ton supprime ensuite complètement; le moteur fonctionne après avec son seul circuit de travail.

Pour obtenir un second courant alternatif décalé de phase, parce qu'en réalité les installations dans lesquelles se trouvent ces moteurs n'ont à leur disposition qu'un seul courant, plusieurs procédés ont été imaginés, mais tous consistent à donner aux deux circuits de travail et de démarrage des résistances inductives différentes, afin que les phases du courant qui les parcourent deviennent notablement, différentes, tout en ayant la même tension. Quoi qu'il en soit, comme il n'est pas possible d'obtenir un décalage de l'intensité qui soit exactement de 1/4 de période, le champ produit, quoique tournant, a une intensité variable. On peut toutefois obtenir un champ d'intensité pratiquement constante en décalant le circuit de démarrage, par rapport au circuit de travail, d'un angle convenablement choisi et dépendant de l'angle de décalage des courants.

Ainsi, par exemple, le moteur Langdon-Davies a ses enroalements disposés de telle manière que, lorsque le circuit de démarrage est supprimé, c'est-à-dire lorsque le moteur fonctionne normalement, grâce à une bonne répartition des spires dans les trous du stator, on obtient un couple moteur énergique, sans exagérer aucunement les dimensions de la machine.

La maison Brown, Boveri de Baden s'est fait une spécialité de la construction des moteurs à courant alternatif simple (ce qui n'empêche pas plusieurs autres constructeurs de

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livrer d'excellents moteurs de ce genre) et c'est M. Charles Brown, à qui est due la réalisation du moteur d'induction à courant alternatif véritablement industriel, qui a fait breveter plusieurs dispositifs pour obtenir les deux courants alternatifs décalés nécessaires pour le démarrage. Les principaux de ces dispositifs vont être décrits.

Dans les petits moteurs, le démarrage est obtenu en reliant en série les deux enroulements de travail L et de démarrage A {fig. 208), mais sur ce dernier est mise en dérivation une résistance non inductive. Dans ces conditions, les courants alternatifs dans les circuits L et A sont suffisamment décalés pour pouvoir produire un champ tournant qui, quoique irrégulier, suffit pour mettre le rotor en marche. Dès que la vitesse angulaire a atteint une certaine valeur, on supprime

complètement le circuit A par la manœuvre d'un simple commutateur.

Le môme dispositif est utilisé pour le démarrage des moteurs jusqu'à 5 chevaux de puissance, mais la résistance non inductive est remplacée par un condensateur à liquide (§ 47) qui permet d'obtenir un décalage plus considérable des intensités et, par suite, une moindre pulsation du champ.

Le dispositif que montre la figure 209 s'emploie pour les moteurs d'une puissance supérieure à 5 chevaux en mi>rae temps que l'adjonction de résistances au circuit du rotor, au moment de la mise en marche. Les deux enroulements L et A sont en dérivation sur la ligne et le circuit de démarrage comporte un condensateur. A mesure que la vitesse s'accroît, on supprime les résistances intercalées dans le circuit du rotor et, d^s que la vitesse maximum est atteinte, on supprime le circuit de démarrage, celui de travail restant seul en dérivation sur la ligne.

Lorsque le circuit d alimentation est à haute tension, si le moteur est de puissance assez élevée, on peut mettre directement le circuit de travail en dérivation sur la canalisation. Dans le circuit de démarrage, au contraire, il faut placer un petit transformateur, afin de pouvoir utiliser un condensateur de dimensions raisonnables; ce circuit est aussi supprimé dès que le rotor a pris une cerlaine vitesse.

. Les condensateurs employés par la maison Brown, Boveri et C* sont tous du type à liquide (capacité de polarisation^ dont il aété question dansle paragraphe 47 et qui sont très faciles àconstruire. Le groupement des diverses lames de ces condensateurs ainsi que la densité de la dissolution sont réglés chaque fois pour le moteur auquel le condensateur est destiné et ce réglage se poursuit jusqu'à ce que Ton obtienne le meilleur résultat. Des différences souvent minimes dans l'épaisseur de l'entrefer, dans l'enroulement, dans la fréquence pour des moteurs du môme modMe et de la mt^me puissance peuvent donner lieu à des décalages de phase différents lorsque les condensateurs sont identiques ; c'est pourquoi il est indispensable de régler

chaque condensateur pour le moteur auquel il est affecté.

La General Electric C utilise également des condensateurs à liquide pour le démarrage des moteurs à courant alternatif simple qu elle construit.

D'autres maisons de construction, telles que les Ateliers d'Oerlikon, Kolben, etc., emploient des bobines de réactance ou des auto-transformateurs (§ 86) avec des résistances inertes pour obtenir le décalage de l'intensité des courants qui circulent dans les deux enroulements de travail et de démarrage. Le but à atteindre étant le même, on peut consulter un manuel du monteur, tel que celui de Bami, pour y trouver le schéma des connexions à établir entre les divers circuits.

M. Heyland procède au démarrage avec un couple moteur énergique en disposant sur le stator, dans des trous rectangulaires, un enroulement convenablement décalé par rapport au circuit de travail, ce dernier restant fermé sur lui-même pendant toute la durée du démarrage. Les courants induits dans cet enroulement par le flux, dû au champ alternatif du stator, étant fortement décalés, produisent un champ transversal qui» s'ajoutant au champ principal, produit un champ tournant très intense. Le couple moteur au départ est plus grand que celui qui correspond à la pleine charge, mais l'intensité de courant nécessaire pour obtenir le démarrage dépasse d'environ 70 0/0 l'intensité normale, ce qui constitue un notable inconvénient- On peut éviter cet inconvénient en abaissant au début la tension du courant d'alimentation à l'aide d'un auto-transformateur (Voir fig, 176), réduisant ainsi également le couple moteur ; mais alors le dispositif perd de sa simplicité.

De tous les procédés de démarrage, le plus simple est, sans contredit, celui qu'a imaginé le professeur R. Arno. Il a été le premier à constater qu'au commencement du démarrage d'un moteur à courant alternatif simple, il y a toujours une valeur particulière de la résistance à insérer cîans le circuit du rotor pour laquelle le couple moteur prend la valeur maximum de celles que l'on peut obtenir à cette vitesse. Pratiquement, on procède de la manière suivante : On introduit dans le cir-

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icuit du rotor (identique à celui d'un moteur polyphasé), àTaide de solides bagues de contact, la résistance que Texpérjence a indiqué comme étant la plus convenable; on lance le courant dans le stator et Ton imprime à la main au rotor une certaine vitesse initiale dans le sens du mouvement du moteur, en agissant, par exemple, sur la courroie placée à ce moment sur la poulie folle de la transmission. Le couple moteur augmente alors progressivement avec la vilesse; Ton retire peu à peu les résistances intercalées dans le circuit du rotor et, lorsque la vitesse de régime est atteinte, on les supprime complètement. La charge peut alors être appliquée au moteur.

Le procédé imaginé par le professeur R. Arno s'applique aussi parfaitement aux moteurs à courant alternatif de grande puissance (100 à 200 chevaux) et permet d'obtenir un démarrage certain et rapide, sans qu'il soit nécessaire de prendre à la canalisation un courant d'intensité supérieure à celui qui correspond à la charge normale pour laquelle le moteur a été construit.

110. Régulation de la vitesse dans un moteur à courant alternatif simple. — On a<léjà vu, dansles paragraphes 97 et 99, que l'insertion de résistances non inductives dans le rotor d'un moteur polyphasé ne modifie pas le couple moteur maximum qu'il est possible d'obtenir; aussi cette valeur maximum se vérifie pour des glissements graduellement de plus en plus grands à mesure que la résistance augmente.

On peut se demander si un moteur à courant alternatif simple, constitué ainsi qu'on Ta vu comme deux moteurs élémentaires polyphasés, se comporte de la même manière. U n'en est pas ainsi, parce que les valeurs maxima des couples moteurs, produits par chacun des deux moteurs élémentaires, ne correspondent pas à la vitesse unique que prend le rotor cl Ton doit s'attendre à ce que la valeur maximum du couple résultant change avec les modifications de résistance apportées aa rotor lorsqu'on utilise, comme d'ordinaire, des résistances purement ohmiques. L'expérience confirme entièrement ces dé-

ductions et montre également que jusqu'à une certaine résistance, que Ton peut appeler résistance crilique^ la ligne qui limite la série des courbes représentant les divers couples moteurs est presque une droite passant par l'origine (commencçment du démarrage).

La figure 2i0 met ce fait en évidence. Ce diagramme se rapporte à un moteur à courant alternatif dans lequel le rotor

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a un enroulement triphasé, chaque circuit ayant une résistance de 0,1 ohm ; Ton a négligé les petites valeurs des couples correspondant au synchronisme.

Dans les moteurs à courant alternatif simple, il n'est pourtant pas possible de régler la vitesse par Tinsertion de résistances sans diminuer la valeur des couples moteurs que Ton peut obtenir; mais il leur reste toujours cet avantage d'obtenir un démarrage facile par l'insertion de résistances. En réalisé, le diagramme montre qu'en augmentant convenablement la résistance jusqu'à /• =0,6 ohm, on peut obtenir un couple moteur dont la valeur augmente très rapidement.

C'est sur ce fait qu'est fondé l'élégant procédé de démarrage du professeur R. Arno, dont il a été question dans le paragraphe précédent.

111. Facteur de puissance et rendement des moteurs à couraut alternatif simple. — Il ne faut pas oublier que le

moteur à couranl alternatif simple se comporte comme un moteur polyphasé, en ce qui concerne le couple moteur développé, lorsqu'il fonctionne à une vitesse voisine de celle du synchronisme, parce qu'alors le champ qui tourne en arrière est presque complètement paralysé par celui que développent les courants induits dans le rotor. Le champ qui tourne en arrière, que on peut appeler parasite, existe toujours et exige natu-

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rellement un certain courant magnétisant qui vient s'ajoutera celui qui est nc^cessaire pour produire le champ utile tournant en avant. Il s'ensuit que le courant magnétisant total qu'exige un moteur à courant alternatif simple est, toutes choses égales d'ailleurs, supérieurà celui que consomme pour le même objet un moteur asynchrone polyphasé.

Dans ces conditions, le facteur de puissance est un peu faible; la valeur maximum que l'on peut obtenir pour ce facteur de puissance est d'environ 0,8, tandis que pour les moteurs polyphasés cette valeur maximum atteint 0,9.

Quant au rendement, les pertes par frottement sont les mêmes que dans un moteur polyphasé pour une même vitesse angulaire, mais les pertes dans le fer sont plus fortes (pratiquement ces pertes peuvent rester constantes pour n'importe quelle charge). En ce qui concerne les pertes par effet Joule,

elles sont plus considérables dans le rotor, à égalité de résistance, à cause de la présence simultanée de courants dus à deux champs magnétiques tournant en sens inverse.

Il s'ensuit que le rendement des moteurs de ce genre arrive rarement à 80 0/0 pour ceux de petite puissance et atteint au plus 85 0/0 pour les moteurs de 100 chevaux et plus.

Il y a lieu de constater que jusqu'à ce jour on n'a pas construit de moteurs à courant alternatif simple d'une puissance supérieure à 300 chevaux et Ton ne songera même pas à en construire, étant donné la tendance actuelle, qui va toujours en augmentant, de donner la préférence aux courants tripha* ses dans les installations importantes et aussi lorsqu'il s'agit de fournir seulement de l'énergie pour Téclairage. La maison Brown, Boveri et C'* a récemment construit (automne de 1902) un moteur à courant alternatif simple de 270 chevaux pour l'installation de la ville de Francfort et, d'après les constructeurs, ce moteur aurait, à charge normale, un facteur de puissance de 0,87 et un rendement de 91 0/0.

Le glissement dans les moteurs à courant alternatif simple est plus faible que dans les moteurs polyphasés. Cela s explique facilement, car, dans le moteur à champ tournant, l'intensité des courants dans le rotor et par suite les pertes par effet Joule sont proportionnelles au glissement (§ 97). Dans le moteur à courant allernatif simple, le glissement est proportionnel seulement aux pertes dues aux courants induits par le champ utile, au moins dans les conditions normales de fonctionnement, c'est-à-dire quand le couple produit par l'autre champ peut ôtre considéré comme négligeable. On voit que le champ parasite donnant lieu presque aux mêmes pertes, le glissement est celui qui donnerait seulement la moitié environ des pertes dans le rotor si le moteur était polyphasé. Si l'on a deux moteurs, l'un à courant alternatif sintple, lautre polyphasé, de même puissance, marchant à la même vitesse angulaire, construits de manière que les pertes dans le rotor soient égales, le glissement dans le second est environ le double du glissement dans le premier.

Le moteur à courant alternatif simple supporte moins bien une surcharge que le moteur polyphasé ; tandis que ce dernier admet une surcharge de 100 0/0 sans atteindre son point critique de fonctionnement, il suffit d'une surcharge de 50 0/0 pour que le moteur à courant alternatif simple ne soit plus en phase.

Si Ton tient compte de toutes ces considérations et si Ion y ajoute les difficultés de démarrage, il est évident que le moteur à courant alternatif simple ne doit être utilisé pour fournir de l'énergie mécanique que dans les installations où Ton ne peut disposer d'une autre forme de courant. D'autre part, les mômes causes ajoutées à celles de diverses natures qui ont été déjà signalées font que les distributions polyphasées et principalement l'es distributions triphasées tendent à se généraliser de plus en plus. Toutefois, dans les petites installations d'éclairage, le courant alternatif simple peut être préféré aux courants triphasés à cause de la simplicité de rinstallatioD, qui ne comporte que deux conducteurs de ligne au lieu de trois, ce qui compense suffisamment, dans ce cas, les désavantages que présente ce système de distribution en ce qui concerne Talimentation dos moteurs.

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