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l’origine des rayons X. Si on n’observe pas cette coloration, il faut immédiatement inverser le commutateur.
La meilleure façon d’éprouver un tube de Crookes, c’est-à-dire de constater son rendement approximatif en rayons X, consisterait évidemment à effectuer une opération avec ce môme tube et à voir si son efficacité est réelle; mais dans nombre de cas celle vérification est impossible sur le lieu même, faute de temps ou d'appareils; on peut alors employer une méthode basée sur une propriété assez singulière de ces rayons et que nous avons déjà mentionnée: nous voulons parler du pouvoir que possèdent les radiations Rœntgen de décharger les corps électrisés (i). Si, en effet, on soumet au voisinage des rayons X un électroscope chargé, c’està-dire dont les deux feuilles d’or divergent notablement, la décharge a lieu presque instantanément et les deux feuilles se rejoignent.
On n’a donc, lors de l’achat d'un tube et pour s’assurer de son bon fonctionnement, qu’à le monter sur une bobine de Rhumkorff et à en approcher un électroscope chargé ; la décharge doit se faire en deux ou trois secondes.
Comme électroscope, on peut employer l’appareil ordinaire des cabinets de physique ou le modèle de M. Hurmuzescu ; la charge s’opère en touchant à plusieurs reprises l’armature extérieure avec un agitateur de verre préalablement frotté ou en mettant cette armature en contact avec un des pôles de la bobine de Rhumkorff.
(i) M. Perrin u môme constaté (|iio les rayons X auraient la curieuse propriété de décharger les corps électrisés sans avoir besoin de les rencontrer ; ce qui conduit à penser que, pour les rayons de Rœntgen, les tubes de force jouent le rôle de conducteurs.
Exploration
do Crookcs.
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8. Un antre mode d’épreuve des tubes de Crookes repose sur le pouvoir que possèdent les rayons X de rendre lluoreseenls certains corps tels que les platinoe va mire s de baryum et de potassium, le tungslate de calcium impur, etc. Celle propriété sur laquelle nous reviendrons plus loin en détail peut être mise à profit de la laeon. suivante : on fait fonctionner dans l’obscurité le tube de Crookes à essayer et on expose devant lui un écran recouvert d une des substances citées, écran que l’on trouve tout préparé chez les fabricants; d’après le degré de fluorescence obtenu et en (aisant varier la place de l’écran, on peut juger de la divergence et du rendement approximatif du tube en rayons Rœntgen.
Enfin si on se trouve dans un endroit où l’on puisse faire une épreuve directe par la photographie, MM. Imbert et Berlin-Sans, de Montpellier, recommandent la méthode ci-dessous (i) :
« Pour déterminer la valeur relative des diverses régions d’un même tube ou de tubes différents, nous avons employé au début de nos recherches le procédé suivant :
«.Nous réunissons en un faisceau cylindrique un certain nombre de tubes de cuivre d’un centimètre environ de diamètre et d’une longueur commune de a à 3 centimètres. Ce faisceau cylindrique est fixé dans une ouverture circulaire, pratiquée dans une lame métallique opaque aux rayons X, et posé sur la plaque sensible, tandis que le tube de Crookes est placé immédiatement au-dessus des tubes de cuivre. On met le tube de Crookes en activité pendant un certain temps (trente secondes dans nos expériences), puis on développe la
(i) La Presse medicale, n° 8 juillet 1 8()(i.
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plaque sensible*. On obtient ainsi (fig. 17), à travers chaeun des tubes de enivre, une impression en rapport avec le rendement en rayons X de la région correspondante du tube phosphorescent et la juxtaposition des impressions ainsi produites permet de juger facilement de la valeur relative des diverses régions. Pour comparer plusieurs tubes entre eux, il est bon de les faire agir sur la même plaque, ce qu’il est facile de réaliser en amenant successivement le faisceau des tubes de cuivre sur des parties différentes de cette plaque, à chaque changement du tube phosphorescent à examiner. »
Dans le tube de Crookes, le vide doit être poussé jusqu’à quelques millièmes de millimètre de mercure, les rayons X prennent naissance dès l’apparition de la plus légère fluorescence du verre; leur quantité augmente à mesure que l’on pousse le vide, puis après avoir passé par un maximum, elle décroît rapidement, quand on se rapproche du vide parlait qui, ainsi que nous l’avons dit, s’oppose à la production des rayons cathodiques, et, par suite, à celle des rayons Rœntgen.
Quel. que soit le système adopté pour la production des rayons X, il est de toute importance que le tube qui sert à les produire conserve un certain degré de vide. Généralement après quelque temps de service l’ampoule n’est plus en bon état. Si l’anticâthode est en verre la pression monte peu à peu par suite de réchauffement de la partie frappée par les rayons cathodiques, échauffement qui rend le verre légèrement perméable. Si on a affaire à des anticathodes métalliques, celles-ci peuvent absorber ou laisser échapper du gaz et nuire ainsi au bon fonctionnement de l’appareil. Dans certains cas, le métal du foyer peut être partiellement volatilisé et se déposer sur le verre de l’ampoule qui se trouve alors hors de service.
l e. t un ë jj ë en oo a e s
Le meilleur procédé pour maintenir un vide convenable dans le tube de Grookes serait assurément de le* laisser relié à demeure avec une trompe à mercure. Ce dernier appareil, dans le détail duquel nous ne pouvons entrer, se compose en principe d’un tube vertical de i ni. 5o de long environ et se divisant à sa partie supérieure en deux branches recourbées communiquant l’une avec un réservoir de mercure situé au-dessus de l’appareil, l’autre avec l’endroit où l’on désire faire le vide. Le mercure en s’écoulant goutte cà goutte dans le grand tube entraîne entre ces gouttes un certain volume d’air qui se dégage dans F atmosphère à la partie inférieure du tube qui plonge dans une cuve à mercure. Par suite de cet entrainement continu d’air, la pression diminue peu à peu dans l’enceinte fermée mise en rapport avec la trompe, et le vide peut y atteindre le degré nécessaire à la production des rayons X. Pour entretenir ce vide, on n’aurait donc qu’à faire fonctionner la trompe pendant quelque temps si l’on s’apercevait d’une augmentation de pression dans l’appareil.
Mais, dans la pratique courante de la photographie de l’invisible, ce procédé ne peut guère èlrc employé à moins de disposer d’un cabinet de physique bien monté. Pour obvier à ces inconvénients et pour augmenter la durée des tubes de Grookes, on peut recourir à divers artifices.
Tout d’abord, lorsqu’on a affaire à un tube locus, il peut se vider par suite de l'absorption, par le platine, pendant le fonctionnement de l’ampoule, du gaz raréfié qu'elle contenait. On constate alors que l’étincelle passe à 1 extérieur ; on le remet en état en le chauffant légèrement sur la flamme d’une lampe à alcool; les gaz sont ainsi rendus à leur pression primitive. M. Ghabaud, dans c(' but, a construit des tubes de Grookes aux-
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(pu'ls il a adjoint une ampoule soudée renfermant un fragment de potasse caustique; ce tube est rempli d acide carbonique, puis vidé à la façon ordinaire. Le gaz résiduel est absorbé par la potasse et remis en liberté dans 1 ampoule quand on chauffe le carbonate formé.
Dans le même ordre d’idées et dans le même but, M. Ch.-Ed. Guillaume a préconisé l’emploi de palladium qui possède une grande affinité pour l’hydrogène et qui restitue ce gaz quand on le chaude. M. Chabaud a réalise cette idée en ajoutant au tube ordinaire une troisième électrode parasite en palladium placée dans une ampoule latérale. On rince le tube avant sa fermeture avec de l’hydrogène qui est absorbé par le palladium ; quand la tension devient trop faible dans le tube, il suffit de chauffer l’ampoule latérale avec une lampe à alcool pour rendre au gaz du tube la pression nécessaire.
Enfin M. Chabaud, de Paris, et M. Mard, de Zurich, ont imaginé tout dernièrement un tube basé sur les mêmes principes, dans lequel on peut ramener la pression à l’état optimum, soit en chaulfant une ampoule latérale remplie de charbon en poudre (pii libère une petite quantité de gaz, si la pression est trop basse ; soit en reliant, par un conducteur extérieur, la cathode avec une lame métallique, située dans une autre ampoule latérale et qui absorbe une partie du gaz, si la pression est trop forte. On peut régler ainsi la raréfaction du gaz au degré le plus convenable pour obtenir le maximum de production des rayons X et faire durer pendant très longtemps le fonctionnement du tube (i).
Pour éviter l’action destructive des rayons cathodiques
(i) Revue generale tics sciences, du 30 décembre 189G, p< 12*71