CHAPITRE IV
La glace et le châssis photographiques.
1. La plupart des glaces sensibles employées aujourd’hui en photographie peuvent convenir à l'obtention des clichés de rayons X ; on peut également faire usage des pellicules qui se trouvent maintenant dans le commerce.
M. Albert Londe, et plus tard, MM. A. et L. Lumière montrèrent d’ailleurs que les diverses émulsions peuvent se placer, en ce .qui concerne leur sensibilité aux ravons Rœntgen, dans le même ordre que pour leur sensibilité à la lumière ordinaire.
On emploie presque exclusivement maintenant les plaques au gélatino-bromure d’argent. C’est à la suite d’une découverte laite en 1878 par Bennett que leur usage est devenu général.
Cet inventeur observa qu’en traitant par la chaleur les préparations sensibles à la gélatine, la substance se modifiait et devenait extrêmement impressionnable ; cette opération s'appelle maturation ou mûrissement.
En principe le procédé au gélatino-bromure d’argent consiste à former au sein d’une solution chaude de n-éla-
line un précipité de bromure d’argent. Ce précipité doit être assez divisé pour rester en suspension dans le
5o LA TECHNIQUE DES HATONS X
1 i < 1 ii i cl e au milieu duquel il est produit, pour former une émulsion.
« L'émulsion est obtenue dans la pratique de la façon suivante :
« On prépare une dissolution de gélatine contenant un bromure soluble à laquelle on ajoute, dans l'obscurité une solution de nitrate d’argent. La niasse est ensuite soumise à un traitement convenable : application de la chaleur ou addition d’ammoniaque, ayant pour effet d’augmenter la sensibilité du bromure d’argent formé. Cette transformation opérée, l’émulsion est versée dans un vase refroidi extérieurement par de l’eau glacée et on l’abandonne ainsi placée jusqu’à sa prise en o-elée consistante. Cette gelée est ensuite divisée en petits fragments en la passant à travers un canevas, puis lavée sous cette forme dans un courant d’eau.
Après ce lavage qui a pour but d’éliminer les sels solubles résultant de la double décomposition, l’émulsion est égouttée, puis refondue et enfin coulée sur des verres parfaitement nettoyés. Ces verres recouverts d’émulsion sont placés horizontalement, sur un marbre refroidi, par exemple, afin de permettre la-solidification de la gélatine, puis abandonnés pendant dix-huit à vingtquatre heures dans un courant d’air qui amène la dessiccation complète de la couche sensible.
« Ces verres ainsi recouverts d’émulsion sensible constituent les plaques sèches au gélatino-bromure d’argent.
« L’extrême sensibilité de ces plaques au gélatinobromure d’argent nécessite des précautions toutes particulières contre l’action de la lumière même la plus faible ( i). «
(i) La Photographie. Les appareils et leurs usages, par A. et L. Lumière, II. Gautier, éditeur.
LA GLACE ET LE CHASSIS PHOTOGRAPHIQUES 5i
Les pellicules dont l’usagé sc répand de plus en plus se préparent d’une façon analogue, mais le support de la couche sensible, au lieu d’être en verre, comme dans le cas précédent, est constitué en général par une membrane de celluloïd.
2. Les boites de plaques photographiques vendues dans le commerce ne doivent être ouvertes qu’au laboratoire ; c’est également en cet endroit qu’on doit les introduire dans le châssis.
Le laboratoire doit être complètement fermé à la lumière; il doit être éclairé par une source lumineuse très faible et non actinique ; on emploie presque toujours la lumière rouge foncé fournie par une lanterne quelconque; cependant MM. Lumière préconisent la lumière verte « cpii a l’avantage de ne pas fatiguer la vue et qui, lorsqu’elle est d’une qualité convenable et d’une intensité suffisamment faible, n’agit que fort peu sur les préparations (i) ».
Avant d’effectuer la mise en châssis des plaques, on doit épousseter ce châssis et passer sur la surface sensible un blaireau bien doux cl bien propre pour éviter la présence des grains de poussière qui peuvent s’y être attachés et qui provoqueraient sur le cliché l’apparition de taches transparentes.
On doit aussi veiller à ce que la plaque photographique soit placée dans le châssis, la couche sensible en dessus; bn peut reconnaître le côté de la plaque qui 'a reçu la préparation en l’exposant à la lumière du laboratoire; à la réflexion, la couche sensible est terne tandis que 1 autre lace est brillante et souillée de taches de gélatine irrégulièrement disposées. Quant au châssis
(i) Loc. cil.
5a LA TECHNIQUE UES HAYONS X
qui est généralement en bois, il sera construit très soigneusement et de telle sorte qu’il ne puisse laisser accès au moindre filet de lumière; à l’intérieur on dispose quelquefois des cadres intermédiaires qui permettent d’employer des plaques plus petites.
« L’ouverture du châssis s’opère à l’aide d’un volet ou d un rideau retenu en temps ordinaire par un crochet ou un taquet; les coulisses entre lesquelles glissent ces volets ou rideaux ne doivent laisser passer aucun rayon de lumière (i). »
Enfin les châssis peuvent être simples ou doubles, c’est-à-dire recevoir une ou deux plaques sensibles qui, dans ce dernier cas, sont opposées l’une à l’autre et séparées par une surface noire.
Pour les opérations qui nous occupent, on devra, si l’on opère avec un châssis double, ne le garnir que d’une seule plaque ; la seconde plaque se trouverait certainement impressionnée par les rayons X qui traverseraient la première. Il faut également, pour la même raison, avoir soin de ne laisser aucune boite de plaques dans le voisinage du tube de Crookes en activité.
(i) À. et L. Lumikhk. Loc. cil.