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dispositif convenant A LA FLUOROSCOPIE 79
resrence est le plus sensible aux, rayons X et qui peuvent le mieux servie à la préparation des écrans luminescents dont nous allons parler.
2. Voici le principe de la pratique désignée actuellement sous le nom de fluoroscopie (fig. .19) : Si, dans l’obscurité on fait tomber un faisceau de rayons Rœntgen sur un écran enduit d’une des matières citées plus haut, celui-ci deviendra lumineux d’autant plus que la substance qui le recouvre sera plus fluorescente sous l’action îles rayons X. Si ensuite, entre le tube de Crookes et l’écran, 011 dispose un objet ou un organe quelconque, une main, par exemple, certaines parties, les chairs qui sont transparentes aux rayons X n’apparaîtront que peu ou pas sur l’écran tandis que d’autres parties, telles que les os, qui ne sont pas traversées par les radiations Rœntgen, projetteront leur ombre sur l’écran.
On a donc intérêt à rapprocher le plus possible l'objet a observer de l’écran fluorescent pour éviter les trop grandes déformations dues aux cônes d’ombres qui se produisent.
On peut ainsi obtenir en quelque sorte une photographie temporaire d un objet quelconque ; on voit de suite combien ce procédé peut rendre de services dans certains cas chirurgicaux ; on peut constater l’état pathologique d un membre, la place d’une fracture ou d’un corps étranger sans avoir besoin d’effectuer la reproduction photographique. Le même mode opératoire permet, comme nous le verrons, de distinguer les diamants faux des vrais, de voir le contenu des boîtes ou d’objets fermés, enfin il peut servir à éprouver les tubes de Crookes, c’est-à-dire à constater leur rendement approximatif en rayons X; nous avons d’ailleurs parlé de celte dernière application dans un chapitre précédent.
Les substances fluorescentes s'appliquent sur les écrans de diverses façons.
Pour ceux aux platinocyanures, on étend sur un morceau de carton ou sur une feuille d’aluminium ou de verre une émulsion de platinocyanure de baryum ou de potassium. Celle émulsion peut être faite soit dans la gélatine, soit mieux, comme le recommande M. Hospitalier, dans le collodion.
La pentadéeylparatolyleétone s’emploie d’une manière analogue.
Pour les tungstates, M. Ch. Ed. Guillaume préconise le procédé suivant (i) :
« On dissout une certaine quantité de tungstate de soude, dans une émulsion de gélatine ; on ajoute ensuite à la solution un léger excès de chlorure de calcium additionné d’une petite quantité de chlorure de manganèse. Il se forme alors un précipité de tungstate de calcium et de tungstate de manganèse à l’état très divisé, qui prend un vif éclat sous l’action des rayons. »
Des écrans tout préparés avec ces diverses substances se trouvent d’ailleurs chez les fabricants d’appareils de physique ; leur prix varie naturellement avec leur grandeur ; le modèle courant le plus petit (i.'3x 18) vaut environ ao francs.
M. Séguy vient d’imaginer tout récemment un nouvel écran dont la matière active est principalement formée de platinocyanure de baryum ; mais ce sel, au lieu de s’y trouvera l’état cristallisé, y est fondu par un procédé spécial qui augmente de beaucoup la fluorescence de l’écran.
La technique fluoroscopique s’effectue de la façon
(i) Les Rayons X et la Photographie à travers les corps opaques. Gnutliier- Vfllars, éditcui1.
DISPOSITIF CONVENANT A I.A FLUOROSCOPIE 8i
suivante : on produit des rayons X à la manière ordinaire, au moyen d’un tube de Grookes simple, ou mieux d’un tube locus; pour plus de commodité, on le dispose de telle façon que les radiations Rœntgen soient émises horizontalement, on place devant le tube l’écran fluorescent du côté inaclil et entre les deux on met les corps opaques à examiner en observant l’écran du côté sur lequel se trouve appliquée la substance fluorescente; on distingue alors les ombres portées par les parties des corps non traversées par les rayons X.
On comprend aisément que c’est le côté actif de l’écran qui doit être tourné vers l’observateur ; en effet, les rayons X non absorbés par l’objet à examiner peuvent traverser le carton qui sert de support et venir influencer la substance phosphorescente que plus rien ne cache à l’opérateur, tandis que dans le cas contraire, la matière active deviendrait bien phosphorescente, mais ces radiations lumineuses produites ne pourraient traverser le carton qui cacherait le phénomène à celui 'qui 1 examine. L’observation doit être faite dans l’obscurité, la lumière ne permettant pas à la fluorescence d’être assez visible.
Les lueurs produites sont assez faibles ; il faudra regarder 1 image, soit en laisant l’opération dans une chambre tout a lait obscure, soit en fixant à l’écran un voile noir sous lequel on placera la tête, soit enfin en adaptant J écran a la base d une sorte de pyramide tronquée creuse, en bois ou en carton noir dans la base opposée de laquelle on pratiquera des trous pour les yeux.
3. Dans 1 étude de M. Gariel (i), que nous avons (i) Revue generale clés «élancés, i5 octobre 189(1.
8a LA TECHNIQUE DES HAYONS X
dt'jà citée, le savant professeur discute la possibilité de simplifier le manuel opératoire de la fluoroscopie et écrit à ce sujet les lignes suivantes :
« Dans un important article, publié dans cette Revue (r), M. II. Poincaré disait :
« Ainsi, c'est le verre qui émet les rayons Rœntgen et il les émet en devenant fluorescent. Ne peut-on alors
se demander si tous les corps dont la fluorescence est suffisamment intense n’émettent pas, outre les rayons
lumineux, des rayons X, quelle que soit, la cause de leur fluorescence? Les phénomènes ne seraient plus liés alors à une cause électrique. Gela n’est pas très probable, mais cela est possible et sans douté assez facile à véri-
fier. »
k Peu de temps après, M. Charles Henry apportait à l’Académie des Sciences une vérification de l’hypothèse signalée par M. Poincaré : du sulfure de zinc, corps phosphorescent (2) soumis à l’action des rayons solaires ou à celle de la lumière du magnésium, a pu, ensuite, impressionner une plaque photographique à travers une lame d’aluminium et à travers une double feuille de papier aiguille, comme l'auraient fait des rayons Rœnt-
gen.
a M. Niewenglowski obtenait bientôt des résultats analogues ; enfin et surtout M. H. Becquerel a étudié la question en opérant principalement sur le sulfate double d’uranyle et de potassium, avec lesquels il a obtenu des résultats analogues à ceux que nous venons d’indiquer. Mais, de plus, il a observé que l’action se continue alors même que le corps actif n est plus soumis a 1 action de
(1) Revue generale des sciences du 3o janvier 189G, p. 56.
(2) On 11c peut guère indiquer de déliinination nolle entre la phosphorescence et la fluorescence des corps ; le second nom est réservé aux phénomènes de phosphorescence de très courte durée.